La gériatrie, une spécialité en voie de disparition ?

Publié le par Louis Lacaze

La gériatrie, une spécialité en voie de disparition ?

Ce titre provocateur a frappé les Américains, inquiets de voir que si l’espérance de vie a doublé au cours du XXème siècle, le nombre de spécialistes visant à construire une vie à la fois longue et de haute qualité n’avait pas suivi le mouvement.

Cette désaffection pour la discipline a reçu plusieurs explications. La gériatrie n’est pas jugée motivante parce qu’elle n’apporte pas de guérison définitive aux personnes âgées. Elle est financièrement moins rentable que d’autres spécialités. Elle exige une grande disponibilité  avec des consultations et entretiens avec les malades, des réunions de concertation avec le personnel médical, l’organisation de l’aide à domicile, les troubles mnésiques des patients.

Certains généralistes pensent que les gériatres ne sont pas indispensables puisque de leur côté ils soignent le diabète, l’hypertension et les troubles cardiaques. Pour ces praticiens, ces pathologies sont simplement plus nombreuses chez les personnes âgées.

Toutefois, certains troubles, tels que la démence ou l’état confusionnel causé par les médicaments ne se rencontrent pas chez les patients d’âge moyen. Les patients suivis par un gériatre séjournent moins longtemps dans les hôpitaux, présentent moins de complications, de chutes, d’escarres et d’infections urinaires. Il arrive souvent qu’un étudiant en médecine déclare s’être orienté vers la gériatrie parce qu’il a  dû assister impuissant à la souffrance d’un grand parent en fin de vie, ou au contraire a pu admirer l’efficacité du suivi apporté par un gériatre dans ces circonstances. L’auteur de l’article cite le cas d’un généraliste qui, après neuf ans de pratique, a suivi une formation de spécialisation en gériatrie pour reconnaitre « qu’il n’aurait jamais imaginé qu’il ignorait autant de choses jusque-là ».

Source :

KATIE HAFNERJAN.

Publié dans gériatrie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
En fait, ce dont nous aurions besoin (ce "nous" incluant les personnes âgées et les plus jeunes, soit nous = tous), ce sont des médecins qui en reviennent à la "clinique". Les gériatres sont généralement les médecins consacrant le plus de temps à la clinique, ce en quoi ils sont indispensables !<br /> <br /> Ne plus écouter le Sujet est le pire qui puisse lui arriver avant sa mort : c'est déjà l'avoir supprimé avant qu'il ne meurre.
Répondre
Louis Lacaze<br /> <br /> « Ne plus écouter le Sujet est le pire qui puisse lui arriver avant sa mort : c'est déjà l'avoir supprimé avant qu'il ne meure »<br /> <br /> Cette phrase ne pourra qu’être citée en introduction pour présenter un texte sur ce thème à prévoir sur gérontoLiberté. Elle pourra être signée « R, visiteur de gérontoLiberté", ou de façon moins anonyme si son auteur veut bien proposer au Dr Pradines une signature différente. Le sujet a été abordé par le texte http://free.geriatrics.overblog.com/2017/02/mais-ou-sont-les-medecins-d-antan.html mais gagnerait à être approfondi. Un grand merci pour nous avoir ouvert une nouvelle voie de réflexion.<br />