Un train pas comme les autres

Publié le par Bernard Pradines

Courte séquence ci-dessous diffusée dans Télématin le 3 février 2017 :

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Le commentaire de Sylvie m'évoque un autre aspect du travail auprès des personnes souffrant de dégénérescences : les dirigeants, et plus souvent les groupes porteurs des établissements, embauchent des cadres de gestion chargés de produire des dispositifs d' "animation", hélas fondés plus sur leur ignorance des pathologies et leur incompétence ! Reste alors aux professionnels de terrain proches des malades de s'approprier ces dispositifs (tel le faux train) et de les détourner au profit des personnes âgées. intuition (Et, au passage, de ne pas oublier ni négliger de vanter les mérites des inventeurs au-dessus d'eux.)<br /> L'on pourrait interroger les motivations des cadres inventeurs : leur objectif n'est-il pas simplement de justifier leur fonction et/ou de répondre aux injonctions de leurs supérieurs ? La plupart d'entre eux n'ont jamais côtoyé de personnes souffrant de dégénérescences. Ne devrait-on pas interroger, aussi, la formation de ces cadres ?! Il est également connu des sociologues que toute institution porte une part de dévitalisation ... bien que parlant abondamment d' "humanitude".<br /> René Manteau a bien eu l'que ce faux train présentait un piège ... En effet : les personnels les plus proches des malades n'ont d'autre possibilité que de réorienter les dispositifs mis à leur disposition, pour soutenir l'humain et l'être ... au travers de la parole et du regard !
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R
Le commentaire de Sylvie m'évoque un autre aspect du travail auprès des personnes souffrant de dégénérescences : les dirigeants, et plus souvent les groupes porteurs des établissements, embauchent des cadres de gestion chargés de produire des dispositifs d' "animation", hélas fondés plus sur leur ignorance des pathologies et leur incompétence ! Reste alors aux professionnels de terrain proches des malades de s'approprier ces dispositifs (tel le faux train) et de les détourner au profit des personnes âgées. intuition (Et, au passage, de ne pas oublier ni négliger de vanter les mérites des inventeurs au-dessus d'eux.)<br /> L'on pourrait interroger les motivations des cadres inventeurs : leur objectif n'est-il pas simplement de justifier leur fonction et/ou de répondre aux injonctions de leurs supérieurs ? La plupart d'entre eux n'ont jamais côtoyé de personnes souffrant de dégénérescences. Ne devrait-on pas interroger, aussi, la formation de ces cadres ?! Il est également connu des sociologues que toute institution porte une part de dévitalisation ... bien que parlant abondamment d' "humanitude".<br /> René Manteau a bien eu l'que ce faux train présentait un piège ... En effet : les personnels les plus proches des malades n'ont d'autre possibilité que de réorienter les dispositifs mis à leur disposition, pour soutenir l'humain et l'être ... au travers de la parole et du regard !
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S
J’avais pris connaissance de ce dispositif « un train pas comme les autres » et il me semble que, comme pour tout dispositif, ce qui est éthique c’est le positionnement des soignants dans l’utilisation. Une réflexion préalable, des objectifs posés et une analyse de ce que cela produit…. Dans ce dispositif ce que je trouve intéressant c’est d’utiliser un leurre pour créer de l’illusion au sens de Winnicot avec un accompagnement relationnel où la personne âgée peut se raconter. Ce qui n’est pas éthique c’est d’en rester au leurre, à l’objet qui abuse l’autre. Bien sûr on n’a pas forcément besoin d’un dispositif ( aussi lourd) pour accompagner les personnes souffrantes mais cela peut permettre aux soignants de se mettre aussi « en voyage » avec le résident….<br /> Merci pour vos incitations à la réflexion
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R
Pour cette mise en scène, l'on ne devrait pas parler de "thérapie" mais de "soin" au sens strict : c'est un soin relationnel ... Nous savons tous, nous soignants, que l'on ne peut apporter de thérapie réparatrice à ces patients. Mais du soin relationnel (pour lequel nous manquons dramatiquement de temps, parfois de courage, parfois de volonté ...), ça oui nous pourrions en délivrer bien plus ! En tant que "soignants" ne serait-ce pas notre mission, notre fonction, notre raison d'être ?!
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C
"Rien ne remplacera le contact humain"<br /> <br /> Et le patient de la vidéo n'exprime pas autre chose quand l'infirmier tente, histoire de justifier tout ce cirque, de lui faire dire qu'il aime beaucoup voyager, le patient répond qu'il aime bien causer .<br /> <br /> Il fait remarquer aussi que le train ne fait pas de bruit parce que les trains que lui a connu faisaient du bruit et cerise sur le gâteau : le patient n'est pas dupe de toute cette mise en scène d'atmosphère de fausse convivialité quand il fait remarquer que le verre proposé par l'infirmier n'est pas un verre de vin.<br /> <br /> Et la directrice parlant de yeux qui pétillent ... moi je veux bien!<br /> <br /> François Truffaut avait mille fois plus de talent quand il a réalisé sa nuit américaine.
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L
Je dois avouer que lorsque ce texte a été proposé au comité de lecture il m’avait mis mal à l’aise, j’y voyais une supercherie. Le critiquer m’était difficile, n’étant pas un professionnel de la santé comme son auteur. Je pense que René Manteau par son commentaire particulièrement dense a parfaitement exprimé les réticences qu’on peut ressentir face à cette initiative.
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R
Psychologue de métier, avec une longue pratique dans des EHPADs, je vais répondre à Constance que OUI bien sûr, en tant que psy je vais me prêter à ce "jeu" qui n'est pas de "dupes" parce que tous ces malades ont besoin de notre temps d'écoute, d'attention même juste parfois : être ... regardés, ne serait-ce que cela. Que l'on cesse de passer près d'eux en les ignorant ! La mort sociale dont on commence à parler est terrible, pour ces malades qui ne sont pas des légumes dépourvus d'émotions. Bien au contraire ce sont des personnes ultra sensibles. Il est très possible qu'ils ne soient pas dupes de la mise en scène. Par contre sensibles au fait qu'on leur consacre VRAIMENT un temps pour eux en allant prendre ce train fabriqué, et ça cela a une vraie valeur humaine (pour répondre à L. Lacaze aussi).
M
Cette initiative qui vient d'Italie me laisse dubitatif.  Voilà une thérapie qui profite à quatre patients pour un investissement qui parait disproportionné pour un résultat qui n'est pas prouvé. Ce que je vois dans ce reportage c'est un moment de calme dont le patient a bénéficié qui aurait pu être obtenu dans n"importe que quel lieu isolé (forêt, campagne....) La personne qui veut s'échapper ne fuit-elle pas tout simplement l'ambiance dans laquelle elle se trouve et où elle ne se reconnaît plus? Pour elle, elle n'est pas comme les autres, elle n'est pas malade et veut se soustraire à une situation qui risque de lui faire perdre "la tête". En plus partir, c'est montrer sa souffrance au vu de la situation qu'elle ne supporte plus. Elle n'est pas surprise d'être récupérée, ne se sent pas fautive puisqu'elle n'est pas réprimandée et en plus pour combler son impatience et son ennui elle aura le privilège d'avoir un, voire deux soignants qui vont s'occuper exclusivement d’elle.<br /> <br /> Quelles solutions?<br /> <br /> - Proposer des soins individualisés.<br /> - Créer des lieux rassurants en évitant le "surdimensionnement "<br /> - Ne pas oublier la personnalisation des lieux de vie avec des objets provenant de leur domicile.<br /> Favoriser la détente et la relaxation (luminothérapie, musicothérapie, soins du corps, esthétique).<br /> Faciliter l'accueil des parents (aménagement de la chambre du patient en conséquence). <br /> Il ne doit pas être "visité" dans une pièce qui n'est pas à son image.<br /> <br /> Ma conclusion :<br /> <br /> Rien ne remplacera le contact humain. Avec la perte des repères, il est important de ne pas leurrer le patient avec des aménagements factices et des mises en situation irréelles.<br /> Ces malades ont épisodiquement des moments de lucidité. Le fait de les tromper, cela peut les "enfoncer" un peu plus dans leur angoisse, leur désespoir et dans leur souffrance morale incorrectement prise en charge, voir même éludée complètement.
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