Hippocrate, cher confrère,  je demande le divorce

Publié le par Louis Lacaze

Hippocrate, cher confrère,  je demande le divorce
Hippocrate, cher confrère,  je demande le divorce

Regardons la réalité en face, nous étions jeunes, idéalistes et naïfs lorsque nous nous sommes rencontrés. Nous pensions changer le monde, nous avons supporté bien des épreuves, le manque de sommeil, des études interminables.

Puis, lentement, le doute s’est insinué dans notre univers. Toute une administration a mis en doute nos capacités et nous a noyés sous une avalanche de formulaires. Les patients ont cessé de nous faire confiance, convaincus  d’en savoir davantage que nous après avoir surfé sur Google. Ce n’est pas du tout le mode de vie dont nous avions rêvé.

T’arrive-t-il, Hippocrate, de te souvenir de ton serment ? Te souviens-tu que la médecine est à la fois un art et une science, que l’écoute et la chaleur humaine peuvent accomplir davantage de miracles que le bistouri du chirurgien et le médicament du pharmacien ?

Nous ne parlons plus qu’en formulaires en trois exemplaires, en codes rébarbatifs. Tes yeux brillent plus que l’écran de l’ordinateur lorsque tu as réussi à permettre aux infirmières de consacrer vingt minutes au lieu de quinze à chaque patient.

Je dois avant tout éviter de nuire au patient, n’est-ce-pas ? Mais comment faire lorsque je dois me montrer de plus en plus rapide, efficace ?

Je ne vais pas parler de finances, Hippocrate, je ne me suis jamais intéressée au sujet. Je précise que je ne suis pas en colère, seulement profondément déçue.

Nos valeurs sont maintenant si différentes qu’une réconciliation ne peut s’envisager. Je suis tout de même heureuse que nous ayons pu faire route ensemble un certain temps. J’ai pu acquérir des compétences, accumuler des souvenirs et acquérir des bases solides pour me consacrer à une nouvelle passion.

Source

Dr Lara Salyer : 

Publié dans éthique, médecin, politique

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R
Comme je comprends cette réflexion pour avoir suivi plusieurs amies médecins depuis le début de leurs études jusqu'à leur fin de carrière.<br /> Et l'on devrait aussi parler des sacrifices endurés par la famille des médecins : ils ont porté toute la vie domestique seuls ... Et que dire des médecins arrivés à l'âge de leur retraite avec des pathologies diverses de n'avoir jamais entretenu leur propre corps.<br /> <br /> En tant que patiente, j'ai honte de devoir ne voir mon médecin que pour lui faire compléter des formulaires !<br /> <br /> Alors oui le système a trop perduré et évolué dans un mauvais sens : plus d'écoute du patient, que de l'usure du médecin, mais où va-t-on ainsi ?!
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