La révélation de la nécessité

Publié le par Bernard Pradines

La révélation de la nécessité

Nous n’en finissons pas d’apprendre de la Covid-19. Une pandémie qui n’est pas encore terminée, qui exige de l’envisager sereinement mais rapidement.

Un constat, parmi d’autres, s’impose : l’isolement peut être toxique pour les personnes âgées, surtout quand elles sont vulnérables. Les établissements ont balancé entre la sécurisation qui implique la distanciation, voire  la fermeture, et la liberté indispensable à une relation familiale ou amicale.

Autrement dit, vous pourrez souffrir et mourir de la Covid-19 mais aussi de dépression et de désespoir car on ne vous visite plus pour vous éviter le SARS-CoV-2. Dure réalité qui nous renvoie à des sentences telles que : « il ne faut pas les empêcher de vivre pour les empêcher de mourir ».

En filigrane apparait enfin le travail patient des soignants et l’accompagnement bienveillant des familles et des bénévoles. Nous percevons mieux qu’il ne suffit pas de pain et de soins. Cette présence permanente, ce travail souvent ingrat, ce lien maintenu avec les familles, le bénévolat qui tisse une relation avenante reviennent en pleine lumière quand leur absence ou leurs difficultés se font jour. Ce qui est considéré à l’ordinaire comme normal, voire trivial, prend la couleur du nécessaire, de l’indispensable, du vital.

Oui, nous n’en finissons pas d’apprendre car, telle la liberté individuelle et collective en général, son absence devient le révélateur de sa nécessité.

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J
Il me semble important d'ajouter un autre aspect de ce confinement: un vieux monsieur (absolument pas touché par le Covid) de 92 ans fut "trimballé d'établissement hospitalier en établissement hospitalier - dans l'Aveyron- durant 4 mois avant de mourir seul de nuit à l'hôpital de Rodez.
Sa femme avec qui il vivait depuis 1950 et qui a pour sa part 93 ans n'a jamais été autorisée à le voir durant les 4 derniers mois, et même durant les derniers moments de sa vie...
Qui risquait quoi en cette circonstance ? où était l'humanité/ où était "la discipline Covid" ?
Ni l'un ni l'autre n'avait le Covid..mais on gardait des lits à l'hôpital de Rodez "au cas où"...
En résume ce vieillard est mot seul, dans une chambre isolée, sans personne à ses côtés.
Les règles ont sûrement été respectées par le personnel hospitalier.
José
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B
Merci pour ce témoignage qui en rejoint malheureusement bien d'autres.