Savoir changer d’avis

Publié le par Bernard Pradines

Savoir changer d’avis

L’évolution scientifique est un long parcours semé d’embûches. Les déductions de la phase III peuvent s’avérer discutables en phase IV (post-AMM) voire aboutir à des conclusions inverses. C’est ce qui se dessine avec le vaccin ChAdox1 nCoV-19 d’AstraZeneca.

L’urgence actuelle est telle que l’on continue à proposer cette immunisation malgré des effets indésirables certes rares mais dont le mécanisme physiopathologique est encore hypothétique, la thrombocytopénie induite par l’héparine (TIH) représentant actuellement le modèle le plus abouti [1]Surtout, leur survenue est imprévisible en l’absence de facteur de risque clairement identifié.

Cet épisode pose un autre problème plus général : celui de l’information du public sur les effets indésirables des thérapeutiques proposées. Il y va du consentement libre et éclairé qui est un des fondements de l’éthique soignante. D’aucuns prétendent que l’on devrait comparer les effets adverses observés ici avec l’incidence de ceux observés avec un autre vaccin. Pourquoi pas ? Et de nous faire considérer la balance bénéfice-risque largement en faveur de tous les vaccins proposés.

De là pourrait-on déduire deux attitudes possibles : se taire sur tous les effets indésirables ou bien les publier tous. Si nous voulons vraiment nous conformer au principe éthique énoncé ci-dessus, le choix devrait être facile.

Publié dans Covid-19, thérapeutiques

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