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therapeutiques

Quelle stratégie de vaccination ?

Publié le par Louis Lacaze

Quelle stratégie de vaccination ?

D’après un article paru aux USA (NDLR)

On s’est d’abord intéressé aux personnes fragiles présentant un haut risque de morbidité aussi bien qu’à celles indispensables à un fonctionnement correct de la société. Devant la masse de travail exigée pour effectuer ce tri et sa complexité, une approche plus pragmatique a donné la priorité à celles de 65 ans et plus.

Le manque de vaccins et les problèmes de logistique ont brutalement replacé la question de l’ordre des bénéficiaires  au premier plan. Si le cas des personnes très fragiles, en fin de vie, fait l’objet d’une évaluation médicale déconseillant généralement le vaccin, la masse des candidats potentiels reste énorme.

Jusqu’à maintenant, elle a résisté à toutes les tentatives de gestion, exaspérant le public qui tombe dans le vide dans ses recours aux liens par internet ou par téléphone et s’interroge sur la démarche suivie par les heureux élus qui ont pu recevoir leur première dose.

La stratégie actuelle engendre des inégalités.

Les seniors de 90 ans qui ne sont pas classés comme personnes à risque important et ne sont pas en mesure de tenter et de retenter de s’inscrire se verront doublés par de fringants sexagénaires plus chanceux -ou plus malins- qu’eux.

On peut s’intéresser au problème du tri qui s’est posé avec l’encombrement des hôpitaux au cours de la première vague de la pandémie. Certains chercheurs se sont interrogés sur la priorité donnée aux personnes les plus âgées. Ayant bénéficié de l’essentiel de leur espérance de vie, ne vaudrait-il pas mieux donner la priorité à des générations plus jeunes ?

L’élimination éventuelle des personnes âgées fragiles et en fin de vie n’écartant pas suffisamment de personnes, il a été suggéré de distribuer le vaccin selon la règle du premier arrivé premier servi.

 Une sélection par loterie, pouvant être « lestée » pour donner davantage de chances à une catégorie de la population plutôt qu’à une autre a eu ses partisans. Elle a été évoquée au Minnesota dans la distribution du remdesivir qui n’était pas disponible en quantité suffisante. On dispose d’une référence historique avec la diffusion de la streptomycine dans la lutte contre la tuberculose en Grande-Bretagne en 1946, avant la déclaration des droits de l’Homme des Nations Unies en 1948. Celle-ci compliquera sérieusement le recours à une loterie.

Revenons en France. Ne nous voilons pas la face ! Des choix seront inévitables dans la mise en place du calendrier des vaccinations. La clarté de sa mise en œuvre et de son équité restent les points essentiels. Point à améliorer d’urgence : la prise de rendez-vous.

Depuis des semaines, au numéro à composer pour l’Occitanie, un enregistrement annonce que plus de 100 000 demandes arrivent tous les jours et la voix suggère de rappeler plus tard. S’il était annoncé d’emblée que la programmation est réservée aux cas prioritaires et aux personnes de plus de 90, 85, 80 ans, à échelonner selon les disponibilités, l’encombrement de la ligne serait allégé et le mode de distribution du vaccin plus transparent.

Commentaires de Bernard Pradines

La situation aux USA n’est pas exactement superposable à celle de la France. La politique vaccinale de notre pays s’est d’abord concentrée sur les personnes âgées hébergées en établissements et leurs soignants de plus de 50 ans ; puis les personnes de plus de 75 ans et des personnes gravement malades ; enfin des personnes de moins de 65 ans dont les soignants. Cette politique est donc mouvante et s’ajuste en fonction des disponibilités vaccinales et de l’efficacité supposée de cette prévention. Par exemple, le vaccin Astra-Zeneca ne semble pas actif au-delà de 65 ans. Mais d’autres vaccins arrivent progressivement sur le marché.

 

Sources

Muriel Jean-Jacques, MD, MAPP Howard Bauchner, MD Vaccine Distribution—Equity Left Behind?

Douglas B. White, MD, MAS Derek C. Angus, MD, MPH  JAMA  A Proposed Lottery System to Allocate Scarce COVID-19 MedicationsPromoting Fairness and Generating Knowledge

Esther Peiying Ho Han-Yee Neo  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7543287/pdf/afaa205.pdf

 

 

 

 

 

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Peut-on prévoir l’avenir de la Covid-19 ?

Publié le par Bernard Pradines

Peut-on prévoir l’avenir de la Covid-19 ?

Je ne vous traiterai pas mon sujet de philosophie du baccalauréat 1967 : « comment et dans quelle mesure peut-on prévoir l’avenir ? »

Non, mais je souhaite partager ce que d’autres que moi, bien plus documentés, loin des spéculations hasardeuses, ont essayé de modéliser.

Les travaux de l'Impérial College publiés le 26 mars 2020[1] et celui de Chowdhury (Chowdhury et al, 2020)[2] nous permettent d’y voir un peu plus clair. Ce dernier, publié en mai 2020, présente une simulation de mesures contre la Covid-19 plus moins sévères durant cinquante jours suivies de relâchement pendant trente jours. Le cycle se répète jusqu’à extinction.

C’est donc une décroissance irrégulière, en dent de scie, sur une durée de l'ordre d’un an et demi, qui est proposée dans des pays dits riches tels que la Belgique et les Pays-Bas.

Toutefois, cette projection est sujette à caution car il s’agit de tenir compte de facteurs divers :

- des mesures barrières qui seront plus ou moins imposées et acceptées par les populations.

- des objectifs d'épargne des services de réanimation (ICU) qui varient selon les pays.

- d'impératifs économiques qui entrent en conflit avec les impératifs sanitaires. 

- de la disponibilité de vaccins plus ou moins efficaces. 

En tout cas, l’année 2021 semble pour le moins nécessaire pour se débarrasser définitivement du SARS-Cov-2 au niveau mondial.

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