Des directives anticipées vers une communication approfondie

Publié le par Louis Lacaze

Une manière d'aborder des problème sérieux qui sont un peu déroutantes pour nous, français.

Les directives anticipées ont soulevé bien des espérances. Le patient était censé arriver avec ses directives à la main. Les médecins prenaient alors connaissance de ses choix, expliquaient à sa famille que tout était décidé. No problem.

La réalité est différente. Les directives se trouvent bien au domicile mais dans quel tiroir ? Personne ne s’en souvient !

 Le patient n’était pas en situation d’urgence quand il les a rédigées, réagirait-il de la même manière dans les nouvelles circonstances ? Des auteurs donnent la priorité à des entretiens approfondis avec le patient, étalés dans le temps et suggèrent une feuille de route.

Ce processus pourrait suivre quatre étapes simples à comprendre mais difficiles à parcourir. En cas d’accompagnement d’une pathologie grave, le médecin devrait commencer par vérifier que le patient a une connaissance précise de son cas. La deuxième étape serait l’annonce du pronostic en mettant l’accent sur la qualité de vie plutôt que sur l’éventuelle durée de vie prévisible. Le patient devrait comprendre quelles incapacités l’attendent, s’il sera incontinent, s’il aura besoin d’une aide permanente…

La troisième étape consisterait à conduire le patient à faire état de ses valeurs, de ses objectifs. On peut lui demander quelle serait sa priorité s’il n’avait que peu de temps à vivre. Lui demander quel traitement il est prêt à accepter pour allonger son espérance de vie permet d’affiner l’échelle de ses valeurs.

La dernière étape, aussi délicate que la précédente, serait la présentation de recommandations désormais audibles, l’anxiété initiale se trouvant atténuée. La réussite de la démarche exige que les quatre étapes soient exécutées dans un ordre strict, un guide de conversation est cité dans les sources.

Commentaires de Bernard Pradines. D’abord ne pas penser que ces problèmes sont simples, souvent ramenés à une communication défaillante de la part des médecins. Les auteurs ci-dessus font implicitement allusion aux situations de pathologie grave dans lesquelles un temps d’accompagnement peut être envisagé. Rien à voir avec une pathologie brutale engageant le pronostic vital. Autrement dit, des situations de cancers graves différentes de celles d’un traumatisme crânien sévère ou d’un accident vasculaire cérébral grave.

Enfin, voici encore un exemple de communication lente et longue qui ne souffre pas la médiocrité infligée par le manque de temps. La lutte pour une médecine de qualité est un combat citoyen, pas seulement une question de formation à la relation interhumaine.

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