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Bouchon : un concept simple et génial

Publié le par Bernard Pradines

Bouchon : un concept simple et génial

Un schéma modélisant la décompensation fonctionnelle de la personne âgée a été proposé par un gériatre français, Jean-Pierre Bouchon, en 1984*. Ce raisonnement gériatrique, ou « 1+2+3 de Bouchon » est particulièrement efficace pour rendre compte de la plupart des situations cliniques en gériatrie. Il permet aussi d’expliquer au patient et à sa famille les phénomènes idéntifiés qui sont à l’œuvre dans le développement des pathologies du grand âge. Il constitue par ailleurs un pense-bête rationnel pour informer l’entourage, en particulier après le décès qui reconnait presque toujours des causes multiples.

Sur ce schéma, l’âge du patient est porté en abscisse. En ordonnée, on représente la fonction, originellement celle d'un organe : au maximum 100%.  Un seuil clinique d’insuffisance marque la décompensation fonctionnelle potentiellement irréversible.

La courbe 1 représente les effets du vieillissement sur la fonction : vieillissement cardiaque, vasculaire, rénal, cérébral qui n’aboutirait jamais à lui seul à la décompensation fonctionnelle.

La courbe 2 représente l’effet d’une ou de plusieurs maladies chroniques qui viennent se greffer sur le vieillissement telle qu’une coronaropathie, l’hypertension artérielle, un syndrome démentiel ou l’ostéoporose…. La maladie chronique, si elle évolue, peut conduire au stade d’insuffisance : par exemple une maladie d'Alzheimer compliquée de dénutrition et d’infections, cardiopathie ischémique au stade d’insuffisance cardiaque globale, etc...

La courbe 3 représente le facteur aigu de décompensation ; c’est souvent l'élèment  sur lequel la médecine a davantage de prise tel qu’un stress aigu, une pathologie iatrogène ou une affection médicale intercurrente : broncho-pneumonie à l’origine d’un œdème pulmonaire aigu, prise d’un alpha-bloquant pour un adénome prostatique à l’origine d’une chute traumatisante au lever secondaire à l’aggravation subite d’une hypotension orthostatique chez un patient atteint de diabète compliqué de neuropathie avec dysautonomie, autres effets indésirables médicamenteux, etc…

Source :

* Bouchon JP : 1+2+3 ou comment tenter d'être efficace en gériatrie ? Rev Prat 1984 ; 34 : 888-92.

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Alzheimer et mycose

Publié le par Bernard Pradines

Image en lien avec le site : http://canailleaubois.canalblog.com/

Image en lien avec le site : http://canailleaubois.canalblog.com/

Encore une étude (Pisa et al, 2015) qui pose le problème d’interprétation des données : on retrouve une coexistence de lésions mycosiques (terme médical pour les champignons microscopiques) au niveau du cerveau et la maladie d’Alzheimer.

Alors commencent les interrogations trop souvent remplacées par des affirmations :

Le point.fr titre : « Alzheimer : et si une mycose était à l'origine de la maladie ? »

Scienceetavenir.fr : « Alzheimer : et si des mycoses étaient à l'origine de la maladie ? »

Luxeradio.ma : « Alzheimer : la découverte de mycoses relance la piste infectieuse. »

Sudouest.fr : « Une étude ouvre la porte à un traitement infectieux de la maladie d'Alzheimer »

En fait, il convient de s’interroger plus avant sans conclure. Dans ce but, les auteurs émettent une mise en garde (traduction personnelle) :

« L’existence d’une infection mycosique chez les patients Alzheimer peut être due à son implication dans l’étiologie de la maladie mais il est possible que, pour des raisons inconnues, ces patients soient davantage enclins à présenter cette infection. Le fait qu’il s’agisse de personnes âgées ayant une réponse immunitaire faible, ou encore les modifications dans l’alimentation et l’hygiène vestimentaire pourraient contribuer à l’émergence d’infections mycosiques. »

Des phrases de bon sens où l’on retrouve la « causalité inverse » et les « facteurs de confusion ».

Une fois de plus, nous nous retrouvons devant des déductions hâtives qui demandent de se pencher sur le texte initial, le plus souvent en anglais, afin de mieux envisager les biais des résultats. Le problème demeure des titres accrocheurs dont on devine l’intérêt qu’ils suscitent mais aussi les faux espoirs qu’ils génèrent.

Source:

Pisa D, Alonso R, Rábano A, Rodal I, Carrasco L. Different Brain Regions are Infected with Fungi in Alzheimer's Disease. Sci Rep. 2015 Oct 15;5:15015.

Texte intégral :

http://www.nature.com/articles/srep15015

Publié dans Alzheimer

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