Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Démence : la prévention est possible

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Démence : la prévention est possible

 

47 millions de patients sont atteints de démence dans le monde et leur nombre aura triplé en 2050, entrainant un coût énorme sur le plan humain, financier et sur la société en général.

 

Les chercheurs ont noté que si le nombre de cas augmentait régulièrement dans certaines populations, il diminuait dans d’autres. Ils se sont efforcés de relever les facteurs expliquant ces différences. Ils ont pu noter que certains risques étaient d’origine génétique et non modifiables. Le principal risque génétique (Apolipoprotéine allèle ε4) ne serait contributif que dans 7 % des cas. 

La démence n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement. Beaucoup de facteurs délétères pourraient être traités. Le mode de vie peut soit réduire, soit augmenter le risque de présenter une telle symptomatologie. L’application d’un certain nombre de mesures pourrait en principe éliminer plus du tiers des cas.

 

Au début de la vie, interrompre les études avant le secondaire contribuerait à 8 % des cas. Un bon niveau d’instruction atteint à l’âge de 10-12 ans procure une réserve cognitive qui permet au cerveau de fonctionner correctement malgré les pathologies incidentes.

 

Au milieu de la vie, période définie ici entre 45 et 65 ans, l’hypertension artérielle et l’obésité seraient impliquées dans 3 % des cas.  La perte auditive est évoquée dans 9% des cas.

Le déficit de l’ouïe n’a été reconnu comme facteur de démence que récemment. On ne sait pas si l’utilisation d’aides auditives peut retarder ou supprimer l’apparition de démence. Hypothèses : cette perte peut soit augmenter la charge de travail d’un cerveau fragilisé, soit être un facteur d’isolement ou de dépression qui peut accélérer le déclin cognitif.

 

Après 65 ans, ce sont 15 % des facteurs attribuables qui  seraient liés à la dépression, au diabète, à l’inactivité physique, au tabagisme et à l’isolement social.

La dépression affecte les hormones de stress, le facteur de croissance des neurones et le volume de l’hippocampe. Les antidépresseurs, de plus en plus souvent prescrits, pourraient diminuer la production de protéine amyloïde.

On retrouve ici les facteurs connus de risque vasculaire susceptibles de provoquer, au niveau cérébral, athérosclérose et lésions micro et macro vasculaires probablement pourvoyeuses de dégénérescence des neurones.

La solitude augmente le risque d’hypertension, de dépression. Elle peut entrainer une inactivité cognitive qui accélèrera le déclin des capacités intellectuelles. Les personnes qui vivent seules, ne se sont jamais mariées ou sont veuves voient leur risque de démence augmenté et devront être particulièrement surveillées pour éviter le risque de solitude.

Un régime alimentaire méditerranéen comportant peu de viande et de produits laitiers, beaucoup de légumes, de fruits et de poisson, a des effets nettement protecteurs.

 

Les chercheurs n’ont pas pris en compte les effets éventuels de la pollution atmosphérique ou des troubles du sommeil, pourtant susceptibles de faire partie des risques modifiables.

 

Cette étude fait écho à celle qui fut publiée dans la même revue en 2014 (Norton et al, 2014) qui soulignait l’importance de l’éducation dans le pays en voie de développement et des facteurs de risque vasculaires en pays dits développés.

 

En somme, si ceci était possible, la correction de ces facteurs pourrait prévenir 35 % des cas de démence. Cette prévention devrait être précoce car il apparait de plus en plus évident que la démence n’est plus considérée comme une pathologie du grand âge mais comme une affection du  milieu de la vie cliniquement silencieuse.

 

Sources :

 

Etude complète:

Livingston G, Sommerlad A, Orgeta V, Costafreda SG, Huntley J, Ames D, Ballard C, Banerjee S, Burns A, Cohen-Mansfield J, Cooper C, Fox N, Gitlin LN, Howard R, Kales HC, Larson EB, Ritchie K, Rockwood K, Sampson EL, Samus Q, Schneider LS, Selbæk G, Teri L, Mukadam N. Dementia prevention, intervention, and care. Lancet 2017 Jul 19.

 

  • Présentation de l’étude par Medpage :

Présentation de l’article du Lancet par le rédacteur en chef :

Preparing for later life today

 

Norton S, Matthews FE, Barnes DE, Yaffe K, Brayne C. Potential for primary prevention of Alzheimer's disease: an analysis of population-based data. Lancet Neurol. 2014 Aug;13(8):788-94.

Partager cet article
Repost0

Pourquoi les seniors négligent-ils les vaccinations ?

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Si les parents veillent à ce que leurs enfants soient correctement vaccinés - grâce en partie à la vigilance de leurs médecins référents et des pédiatres- cette bonne habitude a tendance à se perdre chez les séniors.

Si une majorité d’adultes a été vaccinée contre le tétanos, peu pensent à faire renouveler cette protection. Le vaccin contre le tétanos associé à celui contre la coqueluche et la diphtérie s’impose si le sénior a la garde d’enfants trop jeunes pour recevoir le vaccin.

Trop peu de séniors reçoivent l’un ou les deux vaccins contre les pneumocoques, bactéries qui peuvent provoquer des pneumonies et des méningites.

Deux seniors sur trois seront touchés par un zona, la proportion passant à un sur deux à partir de 85 ans. Dans de nombreux cas des douleurs post-zostériennes insupportables affectent le patient à vie. Un nouveau vaccin, le Shingrix*,  créé par le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), plus efficace que le Zostavax* actuel, devrait incessamment entrer sur le marché avec une efficacité de 90%. Le Shingrix* n’a pas encore l’AMM en France et sa demande de son accréditation aux USA date d’octobre 2016. Le Zostavax* est qualifié de « service médical rendu modéré » par l’ANSM.

Au cours d’une consultation, les médecins se penchent surtout sur les problèmes récurrents des séniors. Les spécialistes pouvant hésiter à s’aventurer au delà de leur domaine, les séniors ne doivent donc pas hésiter à prendre l’initiative et faire des suggestions !

En France, la principale inquiétude porte sur la vaccination grippale qui n’est pratiquée que chez moins de la moitié des personnes de 65 ans et plus. Rappel : le calendrier vaccinal français des personnes âgées comporte aussi le dTpolio à 65 ans puis tous les dix ans.

L’association à la vaccination  antipneumococcique est conseillée en cas de facteurs de risques particuliers mais certains la préconisent de manière extensive.

Source :

Un article du New-York Times

Paula Span

Publié dans prévention

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5