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Que pensez-vous de l’affaire Vincent Lambert ?

Publié le par Bernard Pradines

Extrait :

Le débat idéologique que l’on croyait étranger à la médecine vient nous rappeler que cette science n’est pas exacte et qu’elle fait partie intégrante d’une culture sociétale dans un temps et un lieu donnés. Il vient nous remémorer que nous n’avons pas de solution satisfaisante à toute chose. Que la loi ne peut pas tout. Que des directives anticipées devraient être incroyablement précises pour être utiles. Que la vérité peut être diverse et que la réalité est dialectique...

Voici une question qui m’est posée par maintes personnes dans mon entourage. Pour ma part j’adopterai volontiers la position de la SFAP du 20 mai 2019 ci-dessous. Pour compléter le propos, quelques précisions personnelles.

Il convient de bien connaitre la situation clinique du patient avant de se déterminer. Or, seuls les soignants les plus proches de lui peuvent procéder à l’évaluation la moins incomplète possible de son état. En sachant qu’une telle appréciation est délicate, même pour des professionnels expérimentés.

Le débat « technique » actuel se situe dans la distinction entre une personne qui souffre d’« une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme »[1] et un patient souffrant d’EVC-EPR (état végétatif chronique-état pauci-relationnel)[2]. Il s’agit aussi de savoir si les actes entrepris auprès de Vincent «  apparaissent inutiles, disproportionnés ou »… « n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie »[3]. Mais il s’agit ici de mourants.

La société française toute entière s’interroge sur la conduite à tenir. Si ceci est troublant, il convient aussi de se réjouir de ne plus laisser les médecins seuls décisionnaires face à des situations difficiles. Le débat idéologique que l’on croyait étranger à la médecine vient nous rappeler que cette science n’est pas exacte et qu’elle fait partie intégrante d’une culture sociétale dans un temps et un lieu donnés. Il vient nous remémorer que nous n’avons pas de solution satisfaisante à toute chose. Que la loi ne peut pas tout. Que des directives anticipées devraient être incroyablement précises pour être utiles. Que la vérité peut être diverse et que la réalité est dialectique. Que le patient existe et vit, comme nous, à travers l’idée que s’en font nos contemporains ; certains voient Vincent en train de mourir, d’autres le voient vivant. Belle démonstration de philosophie : sommes-nous d’abord déterminés par notre libre-arbitre ou par le regard d’autrui ?


[1] Termes utilisés dans la loi du 2 février 2016, Art. L. 1110-5-2.

[2] Situation dans laquelle se trouveraient 1700 personnes en France en 2019

[3] Article L1110-5-1 de la même loi

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Pourquoi nos facultés intellectuelles baissent avec l’âge

Publié le par Louis Lacaze

Pourquoi nos facultés intellectuelles baissent avec l’âge

Les scientifiques ont longtemps admis que la baisse des facultés intellectuelles liée à l’âge s’expliquait par la mort des cellules nerveuses qui n’étaient pas remplacées. Maura Boldrini, universitaire, a récemment publié une étude analysant les cerveaux de 28 personnes âgées de de 14 à 79 ans en bonne santé avant de perdre la vie au cours d’accidents. Ces travaux ont révélé qu’une zone spécialisée dans la mémoire, le gyrus denté hippocampique,  contenait autant de nouveaux neurones que dans les cerveaux plus jeunes. Ces neurones  étaient bien moins vascularisés du fait d’une diminution de l’angiogenèse. A noter aussi  une réduction du pool de cellules en voie de régénération dans la partie antérieure et médiane du gyrus denté. En somme, les cellules nouvelles étaient bien présentes mais moins actives que dans un cerveau plus jeune.

Il est tentant de penser que si le flux sanguin pouvait être amélioré dans les minuscules capillaires du cerveau il serait possible de combattre cette évolution par des exercices physiques et intellectuels. Des expériences chez l’animal ont pu être encourageantes mais on ne dispose pas actuellement d’études probantes. Par ailleurs il serait intéressant de chercher si cette multiplication des neurones est toujours présente chez les malades atteints de la maladie d’Alzheimer.

 

Commentaires de Bernard Pradines : les facteurs de risque vasculaires sont désormais bien identifiés comme délétères au grand âge, au moins au sens statistique, sur les fonctions cognitives. Les résultats ci-dessus, bien qu’intéressants et prometteurs, ne permettent pas encore d’établir un lien anatomo-clinique robuste.

 

Sources :

Et une contradiction:

Human Hippocampal Neurogenesis Persists throughout Aging.

 

http://www.cell.com/cell-stem-cell/fulltext/S1934-5909(18)30121-8   

Publié dans Alzheimer, prévention

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