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Un vocabulaire de qualité pour une mort de qualité

Publié le par Louis Lacaze

Un vocabulaire de qualité pour une mort de qualité

Dans les couloirs des établissements de soins, plutôt que d’entendre « il est mort », on entend plus souvent « il nous a quittés, il n’est plus avec nous ». D’après les linguistes, le choix du vocabulaire obéit à un ensemble d’éléments linguistiques et non linguistiques et d’un complexe processus de la pensée. En fait la pensée met en forme les mots que nous utilisons mais de leur côté les mots mettent en forme le processus de la pensée. « Demain je vais à Paris » n’a pas la même signification que « demain j’irai à Paris ». Le futur étant plus éloigné, le message n’est pas reçu avec la même attention et la même force.

 

Les subtilités du langage prennent toute leur importance dans les contacts avec les familles. Leur annoncer qu’on va interrompre un traitement qui au départ avait soulevé des espoirs déclenchera une inquiétude : va-t-on abandonner le malade ? Chaque décision qui se révèle être un pas en arrière après l’échec d’une thérapie exige de présenter aux familles et éventuellement au patient un message clair : le personnel médical va interrompre des soins inutiles mais veillera à ce que le patient reçoive jusqu’aux derniers instants de sa vie toutes les formes de soulagement que la médecine peut lui apporter.

Source : DeForest A. Better Words for Better Deaths. N Engl J Med. 2019 Jan
17;380(3):211-213. 
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Partager un pronostic inéluctable

Publié le par Louis Lacaze

Partager un pronostic inéluctable

Le médecin n’a pas caché que les nouvelles étaient très mauvaises. Doit-on en informer des proches ? Parler de la souffrance et de la mort présente toujours des difficultés. Il arrive qu’un patient demande à son médecin de ne pas informer sa famille qui ne supporterait pas le choc tandis que la famille demande au médecin de ne pas informer le malade qui ne supporterait pas le choc.

 

Se taire revient à se couper de la tendresse, de l’amitié, de l’aide de son entourage. Pourquoi ne pas commencer sans trop attendre par informer les personnes les plus proches, celles qui peuvent vous réconforter, vous soutenir, vous rassurer ?   

 

Avant d’exposer la situation, un temps de préparation semble s’imposer. Qu’attendez-vous de vos interlocuteurs ? Des conseils ? Une série d’actions ? Simplement qu’on vous écoute ? La décision prise vous devrez choisir le bon moment où tout le monde est assis, à votre écoute, loin de tout bruit, de toute action parasite. Vous devez préciser ce que vous attendez comme réaction : un soutien ou simplement une présence.

 

Respectez les moments de silence. Il est bon de laisser assimiler l’information, les réactions viendront ensuite. Ne chassez pas les émotions, les refuser entraîne l’isolement tandis que les partager favorise l’union.

Attendez-vous à entendre des suggestions irraisonnables : vos proches n’acceptent pas la réalité, ne leur en veuillez pas.

 

Communiquer par internet sur un blog, sur Facebook, apparaît comme un appel à la pitié pour certains tandis que d’autres considèrent qu’il s’agit d’une obligation. Dans ce dernier cas il est bon de préciser si l’on désire ou pas recevoir une  réponse.

La médaille a son revers : vous pouvez vous retrouver étouffé par l’attention constante et envahissante de votre entourage. En ce cas n’hésitez pas à agiter une pancarte virtuelle « Ne pas déranger » pour protéger votre espace privé.

Publié dans fin de vie, éthique

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