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Covid-19 - Gériatrie et soins palliatifs en première ligne

Publié le par Louis Lacaze

Covid-19 - Gériatrie et soins palliatifs en première ligne

Le docteur Cynthia Pan, gériatre et spécialiste des soins palliatifs dans un hôpital de New-York de 535 lits décrit son quotidien dans un environnement difficile le 25 mars 2020.

 

Soixante pour cent des admissions sont des cas susceptibles d’être atteints de Covid-19. Avoir des conversations avec les patients devient très difficile du fait des contraintes de l’isolement qui interdit l’accès à de nombreux services. Les malades présentent souvent des troubles cognitifs qui ne leur permettent pas d’entreprendre une conversation. En temps normal, les contacts avec les familles facilitent les prises de décision mais elles n’ont plus accès aux hôpitaux. Les contacts avec un personnel médical débordé ne laissent pas suffisamment de place pour une concertation entre les intervenants concernés.

 

Les respirateurs vont manquer quand le pic de la contamination sera atteint. Leur nombre va augmenter mais comment les utiliser quand leur manipulation exige des médecins et des infirmiers spécialisés alors que leur effectif correspond aux conditions de fonctionnement normales et que leur nombre se retrouve diminué par les cas de maladie et de mise en quarantaine.

 

En cas de pic important, un tri des patients devient inévitable. Seront éliminés en premier lieu les cas considérés comme désespérés, puis les patients dont l’état restera stationnaire après être restés un nombre donné de jours dans un service de réanimation. Il est envisagé de confier ce tri à un comité composé de spécialistes des soins intensifs, de divers personnels soignants, de représentants de comités d’éthique. Quand deviendra-t-il inévitable ? Quand un équilibre devra être établi entre l’offre et la demande.

 

Commentaires de Bernard Pradines : nous sommes ici aux USA dont la tradition, les moyens médicaux et les coutumes peuvent différer des nôtres. Il est toutefois frappant de noter les analogies, en particulier celle qui concerne le tri des patients.

 

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Polémique à propos de l’autorisation d’utiliser le clonazépam (RIVOTRIL*)

Publié le par Bernard Pradines

Polémique à propos de l’autorisation d’utiliser le clonazépam (RIVOTRIL*)

Un décret du 28 mars 2020[1] est ici en question. Ce qui est envisagé ici est la sédation, c’est-à-dire le soulagement, l’apaisement des personnes qui souffrent d’une détresse respiratoire, d’un étouffement, d’une asphyxie.

L’allègement de la souffrance est indiqué en soins palliatifs[2] à l’ordinaire pour toutes les situations dans lesquelles il n’est plus possible de guérir un patient. Il s’agit là bien sûr d’un malade qui souffre d’une maladie mortelle et dont on ne peut pas maîtriser au moins un symptôme pénible.

En ce moment, sans oublier les personnes qui décèdent d’une autre cause, le Covid-19 nous place devant un défi nouveau. D’une part sont atteintes des personnes qui n’auraient, dans tous les cas, pas pu bénéficier d’une réanimation lourde avec en particulier une intubation et une ventilation artificielle. D’autre part des personnes à pronostic vital incertain pour qui l’abandon thérapeutique curatif, visant à les guérir, est dicté par la rareté des ressources. C’est ici la définition même de la catastrophe, quand les moyens disponibles sont insuffisants pour assurer les soins habituels. C’est et ce sera aussi le principal point de souffrance de notre société face à son impréparation, évitable ou non.

L’euthanasie n’a rien à voir avec la situation actuelle. Dans sa définition actuelle commune, il s’agit d’une action délibérée : un tiers met intentionnellement fin à la vie d’une personne souffrant d’une maladie mortelle, à sa demande, afin de faire cesser une situation que le malade juge insupportable. Comme le suicide assisté, elle requiert l’intervention d’un tiers et vise sans ambiguïté à mettre fin à la vie.

La possibilité d’utiliser des médicaments tranquillisants comme le clonazépam et d’antidouleurs comme la morphine n’entre pas dans ce cadre aussi longtemps que leur emploi obéit à des règles précises qui excluent la dernière définition ci-dessus. C’est l’objet du travail d’actualisation effectué par la SFAP[3] .

 

[1] Décret n° 2020-360 du 28 mars 2020 complétant le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire. Extrait : « II.-Par dérogation à l'article L. 5121-12-1 du code de la santé publique, la spécialité pharmaceutique Rivotril ® sous forme injectable peut faire l'objet d'une dispensation, jusqu'au 15 avril 2020, par les pharmacies d'officine en vue de la prise en charge des patients atteints ou susceptibles d'être atteints par le virus SARS-CoV-2 dont l'état clinique le justifie sur présentation d'une ordonnance médicale portant la mention “ Prescription Hors AMM dans le cadre du covid-19 ”.  « Lorsqu'il prescrit la spécialité pharmaceutique mentionnée au premier alinéa en dehors du cadre de leur autorisation de mise sur le marché, le médecin se conforme aux protocoles exceptionnels et transitoires relatifs, d'une part, à la prise en charge de la dyspnée et, d'autre part, à la prise en charge palliative de la détresse respiratoire, établis par la société française d'accompagnement et de soins palliatifs et mis en ligne sur son site"

[2] Les soins palliatifs, contrairement aux idées reçues, ne sont pas des soins passifs, des simples abandons des soins curatifs. Ils sont positifs et visent à soulager le patient autant que faire se peut.

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