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Insolite. Pour prévenir la covid-19 faut-il avoir du nez ?

Publié le par Louis Lacaze

Insolite. Pour prévenir la covid-19 faut-il avoir du nez ?

Les opposants irréductibles à la vaccination qui refusent l’injection d’un produit artificiel peuvent s’intéresser à une défense naturelle de l’organisme présentée par les vibrisses, autrement dit les poils du nez. Si, dans un milieu très poussiéreux, elles peuvent se charger de particules, jusqu’où peut s’étendre ce rôle protecteur ?

En 1896 deux médecins anglais ont noté que si les vibrisses pouvaient héberger des germes variés, les cavités nasales étaient aseptiques au-delà, ce qui à leurs yeux démontrait leur capacité de filtrage. Il leur avait échappé que corrélation ne vaut pas causalité. 

En 2011 une équipe de chercheurs turcs1 s’est intéressée à la relation possible entre la densité de la pilosité nasale et les crises d’asthme, pour découvrir qu’elles étaient moins sévères en présence de forte pilosité. En se contentant d’une simple observation sans expérimentation, ils ne pouvaient pas établir un rapport de cause à effet ; par ailleurs l’asthme n’est pas une maladie infectieuse.

Ce n’est qu’en 2015 que des chercheurs de la clinique Mayo2 ont mesuré les effets d’un éclaircissement de la pilosité nasale. L’alléger facilite le passage de l’air respiré mais à leur avis elle ne peut opérer un filtrage quelconque de virus infiniment petits.  

S les réfractaires au vaccin savent que 59% des cas de transmission de covid proviennent de personnes asymptomatiques, que les personnes vaccinées peuvent héberger d’énormes quantités de virus et les diffuser3 4, il ne leur reste plus qu’à se rabattre sur le port systématique du masque, à l’extérieur comme à l’intérieur où le risque de contamination en particulier dans le milieu familial reste très préoccupant.

Commentaires de Bernard Pradines.

Ce texte a le mérite de nous rappeler qu’il n’y a pas de lien systématique entre corrélation et causalité. Autrement dit, la coexistence de deux phénomènes observés ne signifie pas que l’un est la cause de l’autre. En filigrane, un autre rappel : nombre d’études ne sont pas menées de manière rigoureuse et se voient démenties puis oubliées. Les mécanismes de cet immense cimetière de propositions sont trop longs à détailler dans ce simple commentaire. Par contre, la motivation à les produire peut-être ainsi résumée : nécessité de publier pour obtenir des subventions, une promotion, une réputation, une publicité d’une personne ou d’un service, d’une entreprise ou d’un produit. Il ne suffit pas d’obtenir des données, encore faut-il savoir les interpréter. C’est pourquoi la recherche des sources fiables est-elle une obsession qui traverse la carrière de la quasi-totalité des médecins.  La covid-19 et ses polémiques ne sont que des avatars de cette situation. Même les publications sérieuses contemporaines ne représentent jamais que « l’état actuel de la science » dont on sait qu’il est évolutif. Si le temps présent permet de s’imprégner de cette réalité, il n’aura pas été inutile. Qui est en quête de croyance absolue est prié de se tourner vers les vendeurs de certitudes.

 

  1. A B Ozturk  1 E DamadogluG KarakayaA F Kalyoncu  Does nasal hair (vibrissae) density affect the risk of developing asthma in patients with seasonal rhinitis?

2 David G Stoddard John F PallanchGrant S Hamilton The effect of vibrissae on subjective and objective measures of nasal obstruction

3 Michael A. Johansson, PhD Talia M. Quandelacy, PhD, MPH et al JAMA SARS-CoV-2 Transmission From People Without COVID-19 Symptoms

Publié dans Covid-19, prévention

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Refuser un vaccin ne relève pas d’un manque de connaissances mais de convictions plus profondément ancrées

Publié le par Louis Lacaze

Refuser un vaccin ne relève pas d’un manque de connaissances mais de convictions plus profondément ancrées
Refuser un vaccin ne relève pas d’un manque de connaissances mais de convictions plus profondément ancrées

USA : si pendant des années les scientifiques ont pensé qu’il suffisait de démontrer l’exactitude d’une affirmation pour la faire accepter, il leur a bien fallu accepter qu’une frange importante de la population continuait à refuser le vaccin contre le covid-19.

Des travaux récents dans le domaine de la psychologie suggèrent que pour expliquer les attitudes de refus, on doit explorer les convictions les plus profondément ancrées des individus. Des profils particuliers ont pu être définis. Certains veillent à protéger la « pureté » de leur corps, soit par des convictions religieuses -règles morales, nourriture halal ou kasher – soit pour des motifs profanes comme la phobie des polluants dans la nourriture et l’environnement. L’éventualité de recevoir une substance étrangère telle qu’un vaccin sera rejetée.

Une personne qui souffre de devoir constamment se soumettre à une autorité tirera parti de l’occasion fournie de s’affirmer en se singularisant, personne ne devant lui imposer ce qu’elle doit faire. Les éternels déçus des gouvernements, de la politique, de la médecine vont voir dans le vaccin une tentative de manipulation des masses et la défense des intérêts des laboratoires.

On peut penser qu’une partie des hésitants - environ 7% - finira par accepter le vaccin, mais le pourcentage des réfractaires convaincus reste à peu près stable (24%). L’immunité de groupe risque-t-elle d’être compromise ? La question peut se poser.

Commentaires de Bernard Pradines : cet article a le mérite d’envisager des avenues explicatives qui sont d’ordre sociétal. L’analogie est frappante avec la situation française. Seul le poids respectif des causes supposées peut sembler a priori différent. En effet, le débat ne tourne pas, aux USA et ici, qu’autour des mérites et inconvénients de la vaccination. Des considérations d’ordre idéologique interviennent aussi, qu’elles concernent la religion, la vie en collectivité ou la perception de l’autonomie individuelle. Ce dernier aspect revêt certainement une importance majeure, y compris en France. D’aucuns croient ainsi pouvoir combattre le capitalisme. Ainsi, la dimension de défiance dans la parole publique peut trouver ses racines dans la politique, les inégalités sociales, la hiérarchie verticale des entreprises ou la publicité mensongère.

Toutefois, il convient à mon avis de ne pas éluder l’aspect de fond. De ce fait, toute la vérité connue doit être publiée quant à l’efficacité mais aussi aux effets adverses observés avec les vaccins anti-covid-19.

Croire qu’un message simple est le seul valable est à mon sens une erreur. Exemple : « la vaccination est la seule arme efficace ». Ce propos pourrait être avantageusement remplacé par : « la vaccination est une arme indispensable en complément des mesures barrières. »

Source : 

Publié dans Covid-19, vaccination

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