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Le charlatanisme en hausse

Publié le par Bernard Pradines

Le charlatanisme en hausse
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Le charlatanisme en hausse
Le charlatanisme en hausse

Par ces temps de déserts médicaux et de détresse psychologique et spirituelle, la médecine se trouve percutée par l’ésotérisme.

« On ne trouve plus de médecin généraliste, mais qu’est-ce que l’on a comme thérapeutes ! »[1]

Par exemple :

« L’anthroposophie est une doctrine ésotérique élaborée par l’Autrichien Rudolf Steiner au début du XXe siècle. Dans ce cadre, la maladie serait le fruit d’un karma[2] destiné à améliorer votre « être spirituel », et il ne faut surtout pas l’empêcher de s’exprimer, car vous risqueriez des problèmes encore plus graves dans une vie future. La théorie se fonde sur tout un bazar de notions ésotériques, comme « état éthérique », « état astral », « forces formatrices » … La médecine anthroposophique s’acharne à être perçue comme une discipline « scientifique », mais ses concepts sont bien plus proches de la pensée magique, voire de la sorcellerie. »[3]

« Concrètement, les médecins anthroposophes utilisent toutes sortes de remèdes : massage des pieds à l’huile Weleda (entreprise anthroposophe) pour supprimer les grincements de dents nocturnes, oignons frits dans l’oreille pour guérir l’otite, décoctions de gui contre le cancer… »[4]

Comme les médicaments rendent malade, « il faut se soigner au yaourt, au jus de navet ou aux granules de tripes de canard. »

« Dans l’anthroposophie, la maladie est vue comme un message divin lié au karma. Si vous tombez malade, il faut voir cela comme une « bénédiction» qui vous aidera à vaincre vos péchés. Empêcher la maladie de s’exprimer, c’est entraver le processus karmique, et augmenter le risque d’avoir des problèmes encore plus graves dans une vie future...  la maladie permet « une forme d’amélioration de son être profond. Le médecin anthroposophe ne cherche donc pas tant à guérir son patient de ses maladies qu’à lui permettre une sorte de salvation et d’élévation de son âme».[5]

« Je suis allé voir un dentiste anthroposophe, il m’a dit de me masser les mollets tous les soirs, car les dents sont des réincarnations des pieds et des jambes. »[6]

Arrêtons-là cette liste qui est risible jusqu’au jour où elle devient tragique.


[1] https://charliehebdo.fr/2021/05/societe/ecole-steiner-esoterisme-en-hautes-pyrenees/

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Karma

[3] https://charliehebdo.fr/2021/07/sciences/les-medecins-anthroposophes-experts-en-acharnement-judiciaire/

[4] Id.

[5] https://charliehebdo.fr/2020/01/sciences/esoterisme-enseigne-fac-strasbourg/

[6] Id.

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Vieux motard : que vérifier ?

Publié le par Bernard Pradines

Image de Bernard Pradines, Albi, 2020

Image de Bernard Pradines, Albi, 2020

Si je me fonde paresseusement sur l’IA (Dougall GPT), revue par mes soins, référencée et résumée, pour m’aider dans cette approche :

Voici un patient âgé qui souhaite continuer la moto (ou reprendre) : le risque dépend davantage des capacités fonctionnelles, des comorbidités et des médicaments que de l’âge chronologique.

1) Points de dépistage clinique (aptitude à conduire/rouler)

  • Vision : bilan régulier, acuité, contraste, champ visuel, sensibilité à l’éblouissement (cataracte), sécheresse oculaire ; correction optique adaptée au casque. Une baisse de vision nocturne est particulièrement pénalisante sur deux-roues.
  • Audition / vestibulaire : hypoacousie[1] (sirènes, klaxons), vertiges positionnels, instabilité.
  • Cognition : attention divisée[2], vitesse de traitement des informations, fonctions exécutives (rapide planification de l’action, par exemple la gestion d’intersections complexes), somnolence diurne.
  • Neuromusculaire / mobilité : rotation cervicale (angles morts), force des membres supérieurs (freinage avec le grip droit), dextérité (embrayage avec le grip gauche/poignées), proprioception[3], équilibre à basse vitesse/à l’arrêt.
  • Comorbidités à haut impact pouvant faire renoncer à la moto (exemples) : maladie de Parkinson et syndromes extrapyramidaux, AVC (séquelles), neuropathies (diabète, alcool), arthrose cervicale/épaules, cardiopathie avec syncope/angor, BPCO avec dyspnée, SAOS[4] non traité, diabète avec hypoglycémies.
  • Historique de “presque accidents” : chutes à l’arrêt, trajectoires élargies, difficultés aux ronds-points, confusion dans la circulation ; ce sont souvent les meilleurs signaux précoces.

2) Revue médicamenteuse ciblée (sécurité routière)

Sur deux-roues, les effets “modestes” deviennent critiques (équilibre, temps de réaction). Rechercher en particulier :

  • Sédation / ralentissement psychomoteur : benzodiazépines, Z-drugs[5], opioïdes, gabapentinoïdes[6], antidépresseurs sédatifs, antipsychotiques, antiémétiques sédatifs, antihistaminiques H1 de 1re génération.
  • Hypotension / syncopes : antihypertenseurs (en particulier si titration récente), alpha-bloquants, dérivés nitrés ; déshydratation + diurétiques.
  • Hypoglycémies : insuline, sulfamides/hypoglycémiants (selon molécule), surtout si conduite prolongée/à jeun.
  • Interactions alcool/médicaments et changements récents de dose : période à risque majoré. Ajout récent d’un nouveau médicament. Cadre général utile : l’évaluation des effets des médicaments sur la capacité à opérer un véhicule motorisé (vigilance, cognition, coordination).

3) Mesures de réduction du risque (pratiques)

  • Choix des conditions de roulage : éviter la nuit, la pluie, le froid (rigidité/adhérence), et les heures de pointe ; privilégier les trajets connus.
  • Formation/rafraîchissement : remise à niveau (freinage d’urgence, évitement d’obstacle, basse vitesse).
  • Ergonomie/machine : moto adaptée (poids/hauteur de selle) ; s’assurer de bien poser à plat les deux pieds par terre des deux côtés, à l’arrêt. Il parait que, selon l’expression bien connue, « les hommes préfèrent les grosses ». Pourtant nous disposons désormais de modèles de moyenne cylindrée qui n’ont rien à envier aux gros cubes pour la vivacité ; ce sont les rapports poids/puissance et poids/couple qui doivent être observés.
  • Rouler définitivement en solo et non en duo au moindre doute.
  • Commandes souples (lubrifiées), pneus (attention aux pneus neufs enduits de paraffine) /ABS/contrôle de traction ; limiter le port de charges (sac à dos lourd).
  • Équipement : casque homologué bien ajusté, gants, blouson/pantalon renforcés, bottes avec semelle antidérapante ; pas de boucles lâches de lacets qui peuvent accrocher le levier de vitesse à gauche et le frein arrière à droite.
  • Fatigue : trajets plus courts (150 km, soit environ trois heures en dehors d’une autoroute, c’est déjà beaucoup), pauses planifiées toutes les heures (et non toutes les deux heures comme en voiture), hydratation ; vigilance particulière ou plutôt abstention en cas de SAOS ou de somnolence diurne.

4) Signaux d’alerte pour reconsidérer la moto (ou restreindre fortement)

  • Chutes répétées à l’arrêt ou difficultés à manœuvrer à basse vitesse.
  • Épisodes de syncope, vertiges importants, hypoglycémies sévères, somnolence au volant/à moto.
  • Déclin cognitif avec désorientation, erreurs de jugement rapportées par l’entourage ou les autres usagers.
  • Limitation marquée de la rotation cervicale ou de la force/dextérité empêchant un freinage/évitement fiable.
  • Obtempérer au conseil d’arrêt du médecin.

5) Comment cadrer la discussion en consultation

  • Positionner la question comme une évaluation fonctionnelle et médicamenteuse (et non un jugement sur l’âge).
  • Proposer une approche graduée : adapter (horaires, trajets, formation, équipement, révision des traitements) plutôt que “tout ou rien”.
  • Les ressources de sécurité pour conducteurs âgés insistent sur l’impact des conditions de santé et des effets indésirables médicamenteux sur la conduite.

[2] L'attention divisée est la capacité de se concentrer sur plusieurs tâches ou sources d'informations en même temps. Source : https://www.glossaire.blog/fr/sciences-cognitives/psychologie-cognitive/attention-divisee/

[3] La proprioception (de proprio-, tiré du latin proprius, « propre », et de [ré]ception), ou sensibilité profonde, est la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps, qui se fait sans recours à la vision[1]. Source Wikipédia

[5] zopiclone et zolpidem

[6] Par exemple : gabapentine et prégabaline

Publié dans Bilan, prévention

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