Risque d’escarres : suspecter la position demi-assise prolongée

La position demi-assise expose à quatre facteurs inducteurs d'escarres : macération (liée à la zone sacrée), cisaillement (lié à la position oblique du tronc et de la tête par rapport au support), pression (la partie du corps située au-dessus du sacrum est la plus lourde) et friction sur le support (en particulier lors des mouvements de translation : relevage vers le haut du lit ou du fauteuil).
Sans oublier le risque d'escarre talonnière du fait de l'augmentation de pression sur la zone des calcanéums, en particulier chez des personnes présentant des rétractions, même minimes, avec flexion insensible ou patente de la jambe sur la cuisse.
Dès lors, on peut se demander pourquoi de nombreux patients sont maintenus dans cette position. Les raisons en sont multiples : position confortable intermédiaire entre le décubitus dorsal et la position assise chez des patients asthéniques, possibilité de regard horizontal, symbolique pénible du décubitus strict pour l’entourage familial, crainte de la position en décubitus chez les insuffisants cardiaques ou respiratoires, prévention des régurgitations postprandiales… Pis, cette position peut se retrouver au fauteuil si la personne, inconfortable, a tendance à glisser vers l'avant du siège.
Ainsi pourraient s'expliquer de nombreuses escarres favorisées par un maintien prolongé en situation risquée. La prévention demeure donc la pierre d’achoppement d’une amélioration des soins dans ce domaine. Bien sûr, un stade 0 ou a fortiori un stade 1 de la NPUAP doit déclencher une véritable mobilisation pour éviter l’évolution de cette pathologie douloureuse pour le malade, chronophage pour les soignants et coûteuse pour la société.