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euthanasie

L’engouement pour la mort assistée (30) : l’effet Werther

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://tinyurl.com/yc2bs654

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« L'effet Werther ou suicide mimétique est un phénomène mis en évidence en 1982 par le sociologue américain David Philipps, qui a étudié la hausse du nombre de suicides suivant la parution dans les médias d'un cas de suicide. Le nom est inspiré par une vague de suicides s'étant produite en Europe lors de la parution du roman de GoetheLes Souffrances du jeune Werther. »[1]

Qu’en est-il des suicides « réguliers », entendez ici ceux qui ne sont pas répertoriés dans le cadre des lois sur la fin de vie ? En Oregon, où la loi a été promulguée en 1997, est-ce une simple coïncidence si une nouvelle hausse des suicides entre 2002 et 2017 succède à la mise en œuvre de la première loi sur le suicide assisté ? Certes d’autres facteurs interviennent tels que le ralentissement économique, les drogues addictives et le manque de ressources en santé mentale. Un rapport de 2012 commandé par l’autorité sanitaire de cet état a révélé que le taux global de suicides avait augmenté de 41 % par rapport à celui des Etats-Unis dans leur ensemble (Associated Press 2013), document cité par Nancy Valko.[2]

Pour cette infirmière qui publie et signe cet article en 2017 sous la responsabilité de l’association nationale pro-vie des infirmières, cette contagion des suicides intéresse aussi cinq autres états des USA. A la lire, cette recrudescence serait favorisée par une glorification ou une normalisation du suicide par les médias qui pourraient conduire à davantage de suicides.

Au lieu de parler de suicide assisté par un médecin, les reportages utilisent des termes plus apaisants comme « mourir dans la dignité », « aide à mourir » ou « mort assistée par un médecin ». A noter que la fille de l’auteure, âgée de 30 ans, a mis fin à ses jours après la lecture d’un manuel intitulé « Final Exit ».

Enfin, le débat est loin d’être clos, aux USA comme dans les autres pays qui ont légalisé une forme de mort programmée ; par exemple, sous la plume de Fowler et König en 2024 : « Infliger la mort par quelque moyen que ce soit n'est ni professionnel ni approprié, et ne constitue pas une médecine digne de confiance. »[3]

 

[2] Valko N. Why are suicide rates climbing after years of decline? Linacre Q. 2017 May;84(2):108-110.

[3] Fowler WC, Koenig HG. Should Physician-Assisted Suicide or Euthanasia be Legalized in the United States? A Medically Informed Perspective. J Relig Health. 2024 Apr;63(2):1058-1074.

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L’engouement pour la mort assistée (28) : la dimension thérapeutique du droit

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.ccifrance-myanmar.org/en/news/droit-international-de-la-famille-et-expatriation

Image issue du site : https://www.ccifrance-myanmar.org/en/news/droit-international-de-la-famille-et-expatriation

Le droit d’accès aux soins palliatifs a été affirmé dans la loi du 9 juin 1999, disposition malheureusement encore théorique, ceci 25 années après la promulgation de cette loi.

Ont suivi les lois de 2005 et 2016 qui accompagnent la médecine dans le soulagement des patients en fin de vie. Il s’agit de la dimension thérapeutique du droit. Un droit qui se place aux côtés de la médecine en prévoyant des dispositifs destinés à soulager les personnes malades[1].

En ce sens, le projet de loi du 10 avril 2024 présenté à l’Assemblée nationale française était une rupture profonde avec cette dimension, cette vocation thérapeutique du droit. Celui-ci n’aurait plus été considéré comme un auxiliaire de la médecine[2].

Très différent serait un droit opposable aux soins palliatifs, adopté à la majorité des présents lors du débat du printemps 2024 sur la fin de vie en France à l’Assemblée nationale. Ce droit vise à garantir l’accès aux soins palliatifs pour tous les patients en fin de vie, malgré l’opposition du gouvernement[3],[4].

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