Loi et vie privée : un mariage récent

Publié le par Bernard Pradines

La caractéristique commune de nombreuses lois nouvelles est de se préoccuper de notre vie privée : IVG, contraception, violences familiales faites aux vieux, aux femmes et aux enfants, mariage pour tous, euthanasie, suicide assisté, relations sexuelles tarifées, etc.

Il s'agit d'un phénomène relativement nouveau qui tend à régir notre vie quotidienne. Il convient donc d'essayer de comprendre si, sous des aspects de protection et de respect de la volonté des personnes, ne se cachent pas des motivations moins honorables telles que des soucis d'économie envers les plus vulnérables d'entre nous.

C'est donc à une mise en garde qu'il me semble urgent de procéder dans le domaine de l'euthanasie et du suicide assisté, tant l'humeur actuelle me semble dangereuse. Pour résumer : "si vous vous sentez inutile, coûteux, à charge, de trop, vous pourrez vous effacer vous-même. On vous y aidera si nécessaire."

Discours terrible quand on a entendu plus de mille personnes venues finir leur vie en soins de longue durée. Discours appuyé par exemple par des films qui oublient la dimension de l'accompagnement au profit d'un individu condamné à gérer sa mort.

A mon sens, certains cas exceptionnels, très délicats, ne justifient pas une modification de la loi qui sera toujours incapable de régler ces situations. Par contre, nous savons à quel point une autorisation peut être perçue comme une approbation voire un encouragement.

Sur le sujet des personnes âgées, se reporter à :

http://free.geriatrics.overblog.com/2013/11/fin-de-vie-faut-il-changer-la-loi.html

et bien sûr à :

http://www.laffont.fr/site/nous_voulons_tous_mourir_dans_la_dignite_&100&9782221136423.html

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R
IL est vrai qu'il faut rester vigilant quant aux lois motivées par des objectifs soumis aux impératifs <br /> économiques. <br /> Cependant, quand tu dis que de nombreuses lois nouvelles se préoccupent de notre vie privée, <br /> cela m'inspire une autre inquiètude plus en rapport avec la transformation de la société de <br /> manière générale. Je voudrais me reférer à cette phrase de Montesquieu, reprise par Pierre <br /> BOURDIEU dans ses analyses sociologiques:<br /> &quot;Ce que défend l'honneur,est encore plus défendu quand les lois ne le défendent pas; ce qu'il prescrit est encore plus exigé quand les lois ne l'exigent pas. Et comment songerait-on à prescrire ce que nul ne songe à transgresser&quot;<br /> Autrement dit, ce besoin, cette nécessité, de légiférer qui peut paraître intrusive (voire tentaculaire?) me semble &quot;simplement&quot; en rapport avec une perte totale de repères.<br /> Lorsque les solutions qui étaient vécues comme &quot;allant de soi&quot; ne fonctionnent plus, lorsque les vieilles &quot;évidences&quot; engrammées dans la mémoire sociale sont en panne - il n'y a d'ailleurs pas que cela qui ne fonctionne plus ;-) - les lois viennent à la rescousse... de plus en plus ! <br /> probablement que le monde devenant de plus en plus complexe, ce type de réponse sera plus fréquent?<br /> RCh
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