L’étrange défaite

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://fr.news.yahoo.com/fin-vie-lassembl%C3%A9e-vote-%C3%A0-065817569.html

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Intéressantes sont les motivations des suicidés médicalement en Oregon après la loi de 1997 sur la fin de vie. Elles rejoignent peu ou prou les situations des personnes hébergées en France en EHPAD (pardon en Maisons France Autonomie) ou de celles, nombreuses, qui sont potentiellement candidates à rejoindre un établissement. Par ordre décroissant, ces citoyens américains évoquaient en 2025 : perte d’autonomie, incapacité à s’engager dans des activités agréables, perte de dignité, perte de contrôle des fonctions corporelles, fardeau sur la famille, les amis, les soignants, contrôle inadéquat de la douleur ou préoccupations à ce sujet (sic), implications financières du traitement[1]. Ce sont des données comparables qui émanent du Canada ou des Pays-Bas.

Là où il eut fallu une mobilisation envers les vulnérables de tous âges, les personnes isolées, les malades en fin de vie, la réponse s’est progressivement imposée : une loi pour en finir de manière programmée et administrée par un tiers soignant, médecin ou infirmier. Avoir passé une carrière professionnelle à tirer la sonnette d’alarme devant le déni, la relativisation, la dérision, l’indifférence gênée et la fuite ne me rend pas moins loquace aujourd’hui. Là où il eut fallu former tous les soignants à la fin de la vie, entretenir leurs compétences dans ce domaine, nous avons préféré répondre par la fausse liberté du citoyen qui, parvenu au terme de sa vie, constate trop souvent l’impéritie des mesures prévues à son bénéfice. Oui, ne nous cachons pas cette réalité : nous avons perdu la bataille éthique quand un Etat par année en moyenne légalise une forme ou une autre de mort médicalement programmée et administrée. Nous n’avons pas su arrêter le nuage toxique à nos frontières.

Trop facile de rejeter la responsabilité sur autrui. Après le vote « positif » à l’Assemblée nationale française, je ne peux que m’excuser de ne pas avoir su convaincre, avec d’autres, de l’impérieuse nécessité d’un effort national pour que les lois des pays économiquement libéraux qui nous entourent ne finissent par s’imposer à nous.

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