Jardin thérapeutique en agriculture biologique

Publié le par Sabrina Serres

Jardin thérapeutique en agriculture biologique

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C
Bonjour Sabrina,<br /> <br /> "... Et c'est là, ou je pense que nous nous rejoignons( sauf erreur de ma part) comme si en effet aujourd'hui le fait de prendre plaisir était devenu tellement tabou qu'il faut le justifier voire à l'extrême le médicaliser...."<br /> <br /> En effet, c'était l'idée que je souhaitais faire passer. <br /> <br /> Actuellement je vais chez un couple, le mari vit probablement ses derniers jours et son jardin ( typiquement un jardin de curé ) est un vrai régal, pas une plantation ne semble à priori avoir été tracée au cordeau..<br /> <br /> <br /> alors, près de la fenêtre, afin que le vieil homme puisse continuer à entendre les oiseaux, sa femme a déposé des petites coupelles d'eau et de granulés.<br /> <br /> <br /> " ... Sur un établissement avec lequel je collabore, les jeunes ont eu envie de s'inspirer des jardins arabo- andalous, un peu comme le jardin de Majorelles ou l'on s'enivre de couleurs....."<br /> <br /> Oui, et puis combien ces lieux nos disent l'ingéniosité du monde arabo - andalou pour transformer ces paysages lunaires arides, écrasés de torpeur en oasis de fraîcheur uniquement pour l' exaltation des cinq sens.<br /> <br /> Un très beau projet pédagogique. <br /> <br /> <br /> <br /> . <br /> <br /> .
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S
Bonjour, merci infiniment pour votre réponse, j'apprécie votre retour.<br /> <br /> Je vais tenter de vous exprimer mon point de vue sur plusieurs de vos interrogations.<br /> <br /> <br /> <br /> Pour moi, ce mot "thérapeutique" n'est pas un alibi, c'est un cadre suivant ce que nous souhaitons faire. Dans le cadre du jardin, c'est un support pour la réflexion de pratiques. Cela permet de prendre le temps de réfléchir à la situation d'une personne avec plusieurs professionnels de santé. De voir, comment, nous pouvons, tous ensemble, améliorer sa condition, son mieux-être. Dans ce cadre-là, pour moi, c'est thérapeutique. Ce type de jardin est inhérent à l'implication des professionnels dans la démarche. Cela met en lumière, ceux-ci, dans leurs activités professionnelles, les qualités personnelles et envies autres, que celles sollicitées dans leur poste au quotidien.<br /> <br /> Je suis d'accord avec vous , qu'un jardin n'est pas forcement thérapeutique au premier sens du terme, il peut avoir une infinie palette de couleurs (d'échanges dus à la biodiversité "offerte par la nature", mais aussi humaine)<br /> <br /> Cela dépend vraiment, de comment nous percevons cet espace, quel intérêt nous y trouvons!<br /> <br /> J'aime beaucoup l'idée du prisme de la vie, nous voyons tous la même chose : un prisme<br /> Pourtant suivant l'angle dans lequel nous l'observons, dans la position intérieur ou extérieur où nous nous trouvons, nous n'aurons pas la même réalité, le même point de vue!<br /> <br /> Le jardin est intéressant pour cela. Lorsque nous travaillons au jardin dans notre maison (ou ailleurs),nous ne nous disons pas que l'on va au jardin pour recevoir une prise en charge thérapeutique. Ce n'est pas un jardin thérapeutique, il n'y a pas de pathologies à prendre en charge! Pourtant, quel bonheur ressentons-nous, après avoir fait nos plantations. Toute cette énergie que nous offrons à la terre. Par cette formidable sensation de bien-être, cette interaction positive qui se réalise en nous et la nature. Et c'est là, ou je pense que nous nous rejoignons( sauf erreur de ma part) comme si en effet aujourd'hui le fait de prendre plaisir était devenu tellement tabou qu'il faut le justifier voire à l'extrême le médicaliser.<br /> <br /> Suivant, ce dont j'ai besoin, ce que je recherche, je n'y trouverai pas les mêmes choses! Le jardin ne répondra donc pas de la même manière.<br /> <br /> Le jardin peut être un support à des pratiques comme l'hortithérapie, mais pas que<br /> <br /> - Au kinésithérapeute/ ergothérapeute/ psychomotricien qui souhaite travailler le mouvement, la proprioception, l'activité motrice....<br /> <br /> - Le psychologue qui préfère travailler la relation de soin, d'aide, à l'extérieur de son bureau<br /> <br /> - L'art-thérapeute qui se sert de ce support pour travailler la notion de la beauté, de l'art, de la parole et bien d'autres professionnels de santé que je ne site pas, mais qui ont tout le potentiel et les outils méthodologiques reconnus d'y trouver leurs comptes .<br /> <br /> <br /> -Mais ce jardin peut être aussi un lieu pour les professionnels, un espace de répit, de ressources ou /et d'échanges durant leurs pauses par exemple.<br /> <br /> -Pour les familles, les aidant aussi, cela peut être un espace où il est bon de se prélasser, de discuter d'échanger avec son parent, les professionnels et les autres familles<br /> <br /> Un peu comme un petit chez-soi, où l'on discute simplement pour le plaisir d'être ensemble! Et là, nous ne sommes plus dans la thérapeutique et pourtant nous sommes toujours au jardin.<br /> <br /> Ce jardin peut être un lieu de médiation ou de méditation, ce besoin que l'on peut ressentir, parfois, de s'isoler pour pouvoir se recentrer.<br /> <br /> Un jardin aux mille facettes.<br /> <br /> Mais il est vrai que le mot thérapeutique est ,peut-être, utilisé à toutes les sauces (est-ce que c'est cela que vous souhaitiez nous faire partager?). Est ce que ce mot thérapeutique, un peu galvaudé, pourrait prendre cette terminaison de " jardin , l'art de prendre soin" .<br /> <br /> Prendre soin de soi, prendre soin des autres , prendre soin de son environnement!<br /> <br /> <br /> Des jardins à profusion , non! (j'aimerais beaucoup) , mais ce n'est pas ce que je souhaitais exprimer. Mais des jardins qui s'essaiment, Oui! un partout sur le territoire. Un livre vient de sortir sur les jardins, c'est: "Jardin et santé, des thérapies qui renouent avec la nature, sous la direction d'Anne Chahine" qui pourra peut-être répondre à votre interrogation. Le formidable travail de Madame Ribes, précurseur de cette thérapeutique sur le territoire depuis une vingtaine d'années environ, a participé à ce développement. Ce n'est pas encore phénoménal, car les financements ne suivent pas forcément, mais l'envie de faire est de plus en plus présente.<br /> <br /> En fait, pour vous résumer, ce qui me tient à cœur, c'est de créer des espaces en collaboration avec les professionnels avec leur cahier des charges professionnels, mais aussi avec leurs souhaits,leurs envies, leurs projections. Où deux mondes interagissent, la santé et l'environnement au profit des utilisateurs. Par expérience , les lieux où je collabore, je ressens l'énergie positive que cela apporte aux professionnels, mais aussi aux usagers.<br /> <br /> <br /> Concernant votre question, pourquoi ne pas s'inspirer de Giverny?<br /> <br /> Et pourquoi pas!!!!!!!Le champ des possibles est ouvert.<br /> <br /> Sur un établissement avec lequel je collabore, les jeunes ont eu envie de s'inspirer des jardins arabo-andalous, un peu comme le jardin de Majorelles ou l'on s'enivre de couleurs...<br /> <br /> <br /> Tout est possible, le meilleur reste à venir!
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C
mais j'ai envie d'ajouter que le projet de jardin de Sabrina parle de lui- même, se défend de lui- même : le plaisir, la volupté des 5 sens ( vue , ouïe , toucher , odorat, goût ) .<br /> <br /> Pourquoi diable faut- il toujours donner à toute initiative un alibi thérapeutique qui plus est avec la bénédiction de l'équipe pluridisciplinaire au besoin intersectorielle ?<br /> <br /> Le jour des obsèques de Monet, Clémenceau a d'un geste rageur enlevé le drap noir qui recouvrait la dépouille de son ami.<br /> <br /> "Pas de noir pour Monet " , s'est il exclamé <br /> <br /> Des jardins à profusion dans les EHPAD ?<br /> <br /> mille fois oui ... et pourquoi pas, s'inspirer d'abord d'un Giverrny.!
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