Une belle mort se prépare. Mode d’emploi

Publié le par Louis Lacaze

Une belle mort se prépare. Mode d’emploi

Extraits d’un entretien de Laura Dixon, rédactrice en chef de Caring.com avec le Dr Jessica Zitter qui au cours de dizaines d’années de vie professionnelle a suivi la fin de vie de nombreux patients.

 

Certains derniers instants peuvent laisser le souvenir d’une mort douloureuse, angoissante, tardant à arriver, tandis que d’autres peuvent être considérés comme de « belles morts » où le patient, entouré d’une famille aimante, s’en va paisiblement. Celle-ci est souvent bien intentionnée mais elle est handicapée par un lourd déficit d’information.

Jessica Zitter insiste sur un certain nombre de règles :

1 – Notre culture occulte la mort, alimente un rêve de vie éternelle mais on doit accepter l’idée qu’on ne peut pas vaincre la mort, elle est inévitable. Lorsqu’elle est proche, vous devez la regarder en face et l’accepter.

2 – Une mort se prépare. Trop souvent le patient n’a jamais exprimé ses volontés. Ce sont les médecins, les membres de la famille certes bien-intentionnés qui, persuadés de bien faire, décident de prolonger sa vie et ses souffrances. Les ressources des soins palliatifs ne sont pas toujours évoquées. Une réflexion sur d’éventuelles décisions à prendre avant le grand départ s’impose.

3 - Communiquez avec vos proches et les soignants. La communication n’est pas à sens unique. Les patients n’aiment pas recevoir une information pénible à entendre, les médecins savent que celui qui apporte une bonne nouvelle est plus apprécié que leur confrère plus pessimiste. Toutefois, le sujet est trop grave pour éviter de voir la vérité en face.

« Une belle mort » se prépare. Au moment du grand départ, rien ne doit rester en suspens, les conflits éventuels trouveront leur solution.

Ira Byock, spécialiste des soins palliatifs, auteur de l’ouvrage  The Four Things That Matter Most juge quatre commandements incontournables :

Je t’aime

Merci

Je te pardonne

Pardonne-moi.

 

Commentaire de Bernard Pradines

Ce texte donne un point de vue fort discutable. L'important pour nous, c'est d'exposer des idées, que nous soyons ou non d'accord avec elles.

 

Sources :

Barbara Kate Repa rédactrice en chef de Caring.com :

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MANTEAU René 01/11/2017 08:40

Pendant de nombreuses années j'ai pu voir des patients mourir dans le cadre de ma profession dans un établissement qui accueillait des personnes plus ou moins âgées dont j'ai pu suivre la fin de leur vie.
Je ne crois pas que l'on puisse affirmer que la mort puisse être douloureuse et angoissante car personne n'a jamais pu témoigner sur le sujet. Par contre, ce qui est certain, c'est que l'on peut constater que la fin de vie s'accompagne souvent de souffrances morales et physiques et d'angoisses. Combien de patients m'ont confié qu'ils avaient peur de souffrir et me demandaient de les calmer définitivement y compris mes propres parents décédés dans mon service et qui ont supplié le médecin de les aider à "partir" pour calmer leur horrible mal être.
Difficile de préparer sa mort car elle signe la fin de vie imprévisible à moins d'être candidat au suicide (à condition que tout se déroule comme prévu) ou à l'euthanasie programmée. La vie est un sablier qui ne s'arrête jamais. On meurt parce que l'on naît (Soeur Emmanuelle). On commence à mourir dès que l'on naît. Pareil à une bulle d'eau qui remonte en surface pour finir par éclater ou à une chandelle qui se consume, notre "capital vie" s'épuise. Nous sommes bébés, puis adultes, puis vieux et nous disparaissons. Tout cela avec une grande disparité entre les individus. Tant que l'on est jeune, on ne pense pas à mourir, on se contente de jouir, de profiter de la vie, des joies et du bien-être qu'elle nous procure.
Certes, je pense aussi que les patients préfèrent recevoir des informations rassurantes de la part de l'équipe soignante, mais ce qu'ils désirent le plus c'est que l'on ne leur cache pas la vérité (il faut bien sûr un juste milieu) car la confiance est primordiale pour qu'ils acceptent de vivre ou de se laisser mourir. Et cela on le leur doit.
Une meilleure communication avec la famille, l'équipe soignante et le patient passe par les directives anticipées. Le principe hélas est encore peu connu y compris des soignants avec un effet répulsif du fait du sujet parfois tabou bardé de préjugés : "tu veux m'enterrer, il te tarde que je disparaisse". La difficulté majeure est de déterminer qui doit en être détenteur, responsable de l'archivage. C’est actuellement le flou absolu. Peut-être dans l'avenir les directives anticipées seront elles intégrées avec les informations figurant déjà dans la puce de notre carte vitale.