Que ressentez vous si un de vos patients met fin sa vie ?

Publié le par Louis Lacaze

Vous faites tout votre possible pour sauver un accidenté de la route gravement atteint et il meurt dans vos bras. Vos mains sont tachées de son sang, non parce que vous l’avez tué mais parce que vous avez été dans l’incapacité de le sauver.

 

Ce sentiment de culpabilité n'apparaîtra pas si le malade succombe à un cancer, assassin reconnu, mais sera violent si le patient met volontairement fin à ses jours. Savoir qu’on ne peut éviter tous les suicides n’apportera pas de soulagement quand on peut soigner un état dépressif, une psychose, une anxiété. Vous avez partagé les peurs, la souffrance du patient, son désespoir. Il vous a permis d’entrer dans son univers personnel puis vous a quitté.

 

Vous supportez donc le poids d’un sentiment de culpabilité pour n’avoir pas réussi à le protéger et celui de la douleur d’avoir perdu un proche. Son image, ses paroles viendront, fantômes impitoyables, de temps à autre hanter votre mémoire.

 

Commentaires de Bernard Pradines : la culpabilité des soignants est un sujet peu abordé en dehors de cercles restreints. Si ce sentiment permet de se motiver davantage à faire mieux à l’avenir, il est aussi un facteur de fragilisation des soignants qui peut avoir des effets négatifs voire destructeurs.

 

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R
Pour ce qui me concerne, je n'ai jamais ressenti de culpabilité. De la peine, oui, selon mon degré d'appréciation de la personne décédée. De la révolte, parfois, car les équipes sont loin d'avoir fourni un accompagnement de qualité parfois (parfois c'est admirable, mais pas toujours). De la joie, aussi, souvent car comment peut-on s'affliger d'un décès à un âge avancé ?! Il m'est souvent arrivé de me sentir soulagée ! Culpabilisée, non jamais. Et ... j'oubliais : fatiguée !!! Or déjà il faut accueillir "le suivant" et vite.
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Louis Lacaze<br /> R semble avoir élargi le champ de réflexion à toute forme de décès alors que l’auteur du texte cité ne prenait en considération que les décès par suicide. Le contexte est totalement différent, on voit mal le personnel soignant culpabiliser à chaque décès qui survient dans un EHPAD ou un service SLD qui peut en compter plusieurs par semaine…
B
Merci pour ce témoignage de vérité.