Ethique du tri des malades

Publié le par Louis Lacaze

 Ethique du tri des malades
 Ethique du tri des malades

Précision : ce texte émane d'un auteur aux USA.

On peut craindre qu’un jour les ressources médicales disponibles ne permettront pas de faire face à l’afflux de patients. Adapter l’offre à la demande pour apporter au plus grand nombre la meilleure qualité de soins possible exige une sérieuse réflexion préalable en amont.

 

Éliminer les patients présentant un pronostic défavorable viole le principe d’égalité puisque la sélection ne porte que sur une certaine catégorie de malades qui peuvent penser que leur vie n’a que peu d’importance et se sentir victimes de discrimination. Établir une liste des pathologies qui permettrait d’éliminer une catégorie définie de patients présente le même défaut. De plus le droit fondamental en médecine du patient à participer à l’élaboration de son traitement est bafoué.

 

Une autre considération éthique incite à privilégier les générations les plus jeunes non pas parce qu’elles présentent plus de valeur pour la société mais par souci d’égalité : elles n’ont pas eu leur chance pour connaitre les différentes étapes de la vie : jeunesse, âge adulte, maturité, vieillesse. De même les personnes qui ont des responsabilités dans la lutte contre la maladie peuvent bénéficier d’une priorité justifiée par leur utilité pour la société.

 

La prise en compte de ces éléments a permis à de nombreux établissements de santé de classer les patients selon des critères bien définis. Une équipe de tri composée d’un médecin, d’une infirmière, d’un représentant de l’administration place chaque arrivant selon une grille préétablie dans le groupe rouge (priorité haute), orange (priorité moyenne) ou jaune (priorité faible). Il est important de noter que le personnel qui traitera le patient ne fait pas partie de l’équipe de tri. Le classement est provisoire et pourra être réexaminé ultérieurement selon l’évolution de l’état de santé du patient et la disponibilité de respirateurs qui peut varier dans le temps. En cas d’ex-æquo le patient le plus jeune est retenu. En dernier lieu un tirage au sort est possible. Le patient sera informé des modalités de l’opération de tri et aura la possibilité de faire appel.

Les patients qui ne recevront pas de traitement lourd seront médicalement suivis, recevront un soutien psychologique, bénéficieront de soins palliatifs.

 

Alors que le manque de respirateurs semble inéluctable il parait urgent que tous les établissements de santé utilisent une grille telle que celle exposée dans Appendix pour distribuer ces appareils avec un maximum d’équité.

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