Cesser de conduire, une décision traumatisante
Nous savons tous qu’un jour viendra où nous ne serons plus en mesure de conduire, que la décision apportera des changements dans notre vie quotidienne et sera douloureuse. Terri Cassidy, thérapeute occupationnelle (ergothérapeute) et Emmy Betz médecin urgentiste et chercheur à l’Université font partager leur expérience en ce domaine.
L’âge s’accompagne d’altérations physiologiques et mentales susceptibles d’altérer la capacité de conduire. Elles vont s’accumuler, s’amplifier au fil des ans et devront être prises en compte au même titre que l’âge proprement dit. Une période de transition s’ouvre où il est possible de se demander si le conducteur aurait d’autres options si les circonstances l’exigeaient. De simples questions comme « conduisez-vous ? Vous conduisez-toujours ? » seront perçues comme agressives. Le sujet peut s’aborder de façon plus détournée : « cette route est dangereuse, pourquoi ne pas aller tourner au feu suivant plutôt que couper la circulation en tournant à gauche ? « Ce n’est pas votre âge qui peut poser un problème, c’est votre neuropathie » sera plus accepté que « vous avez 90 ans ». Le tout avec une marque d’empathie : « je sais à quel point c’est difficile de cesser de conduire, et pourtant… ».
Qui va prendre la décision définitive ? Parfois l’intéressé, la famille, le médecin. Les gériatres détestent ce rôle qui de l’aidant fait d’eux le méchant et risque de détruire le rapport patient-soignant qui s’était établi. Le sénior peut se laisser convaincre par « Comment tu réagirais si tu renversais un cycliste ? Ton petit fils vient d’avoir son permis et une mention au bac. Il serait si heureux d’avoir une voiture ! ».
Des interdictions partielles peuvent être acceptées : pas de centre-ville, pas à plus de 5 km de la maison. Permettre à quelqu’un de continuer à exercer une activité majeure à ses yeux doit rester prioritaire et peut se révéler une transition devenue inéluctable vers d’autres formes de mobilité.
Commentaires de Bernard Pradines.
Lors d’un prochain article, je reviendrai sur l’arrêté du 28 mars 2022 fixant la liste des affections médicales incompatibles ou compatibles avec ou sans aménagements ou restrictions pour l’obtention, le renouvellement ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée.
Source :
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