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La triple fragilité : sénior, famille, collectivité

Publié le par Auguste

La fragilisation de la famille est un facteur bien connu d’isolement et de mal-être des personnes âgées. Citons quelques facteurs contributifs :

- augmentation du nombre des anciens,

- moindre nombre des descendants depuis les années 30,

- massification du travail salarié des adultes,

- dispersion et instabilité géographiques des « aidants naturels»,

- recul de l’âge de la retraite des personnes susceptibles d’aider bénévolement les vieux,

- recul de la proportion de vie commune avec les parents,

- vulnérabilité des jeunes couples avec recomposition plus fréquente de la famille nucléaire mais aussi, souvent, le chômage,

- augmentation des troubles cognitifs au grand âge liée à l’amélioration de la prévention et des thérapeutiques dans d’autres domaines pathologiques autrefois mortels,

- augmentation de l’exigence de soins qui n’est pas totalement honorée par la seule aide professionnelle …

Du coup, les frais à engager augmentent par recours plus fréquent et de qualité meilleure à des services professionnels, à domicile ou en institution. Conséquence : le sénior et sa famille se tournent de plus en plus vers la collectivité pour diminuer le « reste à charge » qui pèse parfois très gravement sur le budget des plus défavorisés. Dès lors, les débats politiques autour de la nécessité ou non d’un « État-Providence » ne se posent plus. Sauf que ce dernier peut se trouver lui aussi fragilisé. D’une part par des difficultés économiques majeures telles que nous en vivons actuellement. D’autre part par des options politiques visant à désengager au maximum l’Etat de ses charges considérées comme indues.

Nous en sommes là …

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C'est bête, une chaise ...

Publié le par Bernard Pradines

S’asseoir auprès d’une personne âgée, surtout si elle souffre de troubles cognitifs, c’est une démarche élémentaire pour l’approcher avec respect et considération.
C’est se mettre à sa hauteur et ne pas la dominer quand elle est assise et surtout couchée.
C’est une condition des autres attitudes propices à une communication souvent problématique.
Pour le visiteur âgé ou souffrant, c’est une nécessité.
Devoir s’asseoir sur le lit de la personne par manque de chaise possède sa part d’impolitesse.
Outre qu’un lit bien fait s’en trouve dérangé, qui souhaiterait le partager avec un visiteur qui n’est pas son conjoint, fut-il assis ? A fortiori s’il s’agit de visites de votre voisin de chambre.

Pourtant, la réalité quotidienne n’est pas toujours faite de ce genre d’attentions.
Combien d’institutions où aucun siège n’est proposé à ceux qui souhaitent rester dignement auprès de leur parent, de leur ami ou d’une personne isolée.
Est-ce si difficile de disposer de chaises pliantes qui occupent peu de place ?
Est-ce onéreux ?
Pendant des années, j’ai tenté de comprendre ce mystère.
Aucune des raisons évoquées ci-dessus ne me semble convaincante.
J’y vois plutôt une difficulté persistante à ouvrir nos établissements et à les rendre plus accueillants.
A considérer le visiteur comme le bienvenu.

En conclusion, je voudrais donner ce conseil hautement philosophique que j’écris peut-être, je m’en excuse, dans le jargon qui sied aux projets de soins : n’oubliez pas la chaise !

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