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L’engouement pour la mort assistée (34) : la dyspnée, cette sous-estimée

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.youtube.com/watch?v=b_6kx7TfbNg

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L’engouement pour la mort programmée et assistée en Occident est un phénomène nouveau et massif qui est plurifactoriel dans ses origines. Parmi elles se trouve bien sûr la crainte de l’agonie subie en état de conscience dans des conditions cruelles. La référence à un proche qui est mort dans des conditions inacceptables vient souvent à l’appui de cette peur bien légitime. Les acteurs des soins palliatifs avancent souvent l’argument de la promesse de soulagement en réponse à des demandes de mort anticipée censée éviter les situations pénibles. Autrement dit, les requêtes d’euthanasie se tarissent presque toujours quand le patient est soulagé de ses symptômes inconfortables et rassuré quant à leur retour éventuel.

Parmi les symptômes redoutés en fin de vie, l’un d’eux est demeuré prédominant dans la pensée collective, y compris médicale : la douleur, souvent identifiée à la souffrance. Un autre, pourtant fréquent et d’apparition souvent brutale, voire inattendue, est la dyspnée. Il s’agit d’une sensation subjective de respiration inconfortable altérant de façon significative la qualité de vie des patients. Ce symptôme doit être diagnostiqué et ses causes analysées afin d’apporter une réponse adéquate. Ce fut l’objet de la présentation du Dr Laurent Taillade, pneumologue en soins palliatifs lors du dernier congrès de la SFAP [1] en juin 2024 à Poitiers (France). La nécessité de la formation des personnels médicaux et paramédicaux y fut soulignée à juste titre. Par exemple, la saturation artérielle en oxygène (SaO2) est trop souvent considérée comme un critère fiable d’appréciation de la dyspnée.

 

[1] SFAP :  Société Française d'Accompagnement et de soins Palliatifs

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La prévention est-elle risquée ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.whenthereshelpthereshope.com/services/prevention-services/prevention-tools/

Image issue de : https://www.whenthereshelpthereshope.com/services/prevention-services/prevention-tools/

Question taboue : les messages de prévention des maladies et des accidents comportent-ils des risques ? Une telle interrogation semble incongrue tant il est admis qu’il vaut mieux, selon l’adage, « prévenir que guérir ». La prévention parait anodine, exempte des effets secondaires redoutés de toutes les thérapeutiques médicamenteuses ou chirurgicales curatives : exercice physique, alimentation, etc.

Pourtant, la prévention, dès sa forme dite « primaire », concernant donc des personnes en bonne santé, peut être fondée sur des études dont on a trop vite tiré des conclusions. De plus, le message peut être mal compris, entendu comme une sorte d’assurance rassurante, de protection absolue contre la maladie.

Enfin et surtout, celle ou celui qui est malade pourra être suspecté d’imprudence dont nous pouvons et devons nous prémunir. Pourtant, combien de malades d’Alzheimer dans mon service de soins de longue durée qui n’avaient présenté aucun facteur de risque dit « évitable » au préalable ? Ainsi, le risque de stigmatisation est au rendez-vous : nos mécanismes de défense nous poussent à croire qu’il existe un lien de causalité automatique entre tabagisme et cancer du poumon, entre sexualité minoritaire et SIDA, entre alcoolisme et cirrhose du foie...

Bien sûr la prévention est très importante. Mais connaitre ses limites et ses effets adverses est tout aussi sérieux.

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