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Logements insécurisés, plus dure sera la chute

Publié le par Louis Lacaze

Logements insécurisés, plus dure sera la chute

Une idée fausse est de penser que seules les personnes âgées tombent. Nous pouvons tous trébucher et nous retrouver à terre. Le nombre de chutes est mal connu. Les personnes qui parviennent à se relever seules restent silencieuses, craignant d’être considérées comme diminuées, refusant d’admettre qu’elles risquent d’avoir des problèmes plus graves, d’avoir à quitter leur domicile si les chutes se répètent.

Parler de sécuriser un logement pour éviter les chutes est négatif, il est préférable d’aborder le sujet de manière positive, « on va vous rendre plus fort, la maison sera mieux qu’avant ». Sans trop se faire d’illusions sur l’efficacité du discours. Une description rapide des mesures à prendre pour sécuriser les lieux ne sert strictement à rien, information et action ne sont pas synonymes. Pour vaincre l’inertie, l’intervention d’un tiers s’’impose, ne serait-ce que pour enlever un tapis ou déplacer un meuble. Toutefois le recours à des professionnels n’est pas encouragé aux Etats-Unis, l’expérience ayant montré que le montant d’un devis pour poser une barre d’appui étant plus élevé de 30$ quand une femme en faisait la demande.

Les services médicaux d’urgence américains qui interviennent auprès des personnes victimes de chutes, à leur domicile dans environ 80% des cas, ressentent un fort sentiment de frustration en constatant qu’ils peuvent relever la même personne jusqu’à 75 fois dans un cas d’école. L’intervention terminée, ils repartent sans pouvoir agir pour éviter cette cascade de chutes. Quand ils ont franchi la porte, ils entrent souvent dans un univers nouveau, peu sécurisé où le risque est constamment présent en sachant que des solutions existent mais en dehors de leurs attributions.

Une solution a été trouvée avec la création de partenariats auprès des urgentistes. Leurs ambulanciers, déjà habilités à poser les détecteurs d’incendie, ont accepté de poser des barres d’appui et de sécuriser les logements après avoir reçu une autorisation officielle. Les frais sont payés par des donations, des subventions ont été accordées une fois constatée la diminution significative du nombre d'appels de chute reçus et de transports à l'hôpital.

Commentaires de Bernard Pradines. Nouvelle surprise à lire comment des pays différents peuvent recourir à des mesures variées. Le fait que des personnes de tous âges soient candidates à la chute est rarement envisagé. Donc acte. Si une personne jeune chute, qu’en sera-t-il d’une personne âgée dans les mêmes lieux ? L’intervention d’un tiers, ci-dessus décrite, ne semble pas s’embarrasser de l’accord de la personne concernée. Difficile de dissocier l’information de l’action, à moins d’imposer celle-ci. Dans quel monde vivons-nous ? Voici la question que l’on peut se poser à lire la discrimination par le genre en matière de devis pour une barre d’appui. Ce texte me semble globalement trahir un maintien à domicile très volontaire voire contraignant : manque de moyens financiers de la personne pour payer un établissement au point de devoir être secourue 75 fois ? Que les frais d’aménagement soient honorés par des donations ne nous rassure pas. Notre pays évoluera-t-il ainsi ?

Commentaires de Marie-Christine Montandon.

Aménager le lieu de vie peut permettre en effet de prolonger le maintien à domicile. Dans le cas d'une évaluation, lorsqu'il y a perte d'autonomie,  les équipes mobiles conseillent certaines adaptations telles que celles citées (barre d'accroche, retrait des tapis ou de certains meubles ...) avec possibilité d'obtenir certaines aides financières.

Cependant, avant toute chose, un examen médical est indispensable, pour réévaluer les traitements, proposer une éventuelle rééducation voire une aide mécanique, par exemple (déambulateur). Les troubles de l'équilibre sont également à associer à la baisse de l'acuité visuelle et auditive.

Il me semble important aussi de noter que les chutes sont également fréquentes en Ehpad, malgré un aménagement supposé adapté.

Publié dans chutes, domicile

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Alzheimer : des facteurs modifiables

Publié le par Bernard Pradines

La démence est un problème de santé mondial. Selon le plan de recherche sur la démence de l’OMS en 2022, 55,2 millions de personnes dans le monde sont touchées. La prévalence chez les plus de 60 ans varie selon les régions : l’Asie du Sud-Est rapporte une prévalence de 2,9 %, l’Europe de 6,5 % et d’autres régions affichent des taux compris entre 3,1 % et 5,7 %. L’incidence de la démence est en augmentation générale, tandis que certains pays à revenu élevé connaissent une baisse masquée par l’augmentation du nombre des personnes âgées.

D’ici 2030, le nombre estimé de personnes atteintes de démence atteindra 78 millions. En outre, la charge financière mondiale associée aux soins médicaux, aux services sociaux et aux soins informels pour les personnes atteintes de démence devrait dépasser 2 800 milliards de dollars. Cette situation aura un impact profond sur les individus, les familles et les sociétés[1].

Aussi, toute perspective de prévention doit être envisagée. Ainsi, la revue Lancet a publié en 2017, 2020 et 2024 une liste, désormais composée de 14 facteurs réputés « modifiables », qui pourraient compter pour 40 % du risque de développer la maladie[2].

Ci-dessous, voici un résumé de cette dernière publication. Le symbole # indique un facteur de risque vasculaire, le symbole * introduit l’idée d’un biais car le bien-être est associé à ce facteur :

On retrouvera en français ces facteurs de risque à l’adresse :

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/08/07/maladie-d-alzheimer-deux-nouveaux-facteurs-de-risque-identifies_6270931_1650684.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=linkedin


[1] Zhang J, Zhang Y, Wang J, Xia Y, Zhang J, Chen L. Recent advances in Alzheimer's disease: Mechanisms, clinical trials and new drug development strategies. Signal Transduct Target Ther. 2024 Aug 23;9(1):211.

[2] Livingston, Gill et al. Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission. The Lancet, Volume 404, Issue 10452, 572 – 628

 

Publié dans Alzheimer, recherche

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