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Promesses et pièges de l’intelligence artificielle (IA)

Publié le par Louis Lacaze

Promesses et pièges de l’intelligence artificielle (IA)
Promesses et pièges de l’intelligence artificielle (IA)

Bob Wachter, professeur de médecine et auteur de nombreux ouvrages et articles dans les grands journaux médicaux, se déclare à la fois intéressé et effrayé par l’arrivée de l’intelligence artificielle dans le domaine médical.

A court terme, le gain de temps est appréciable pour la recherche de documentation, passer des notes sur papier à Google puis à l’intelligence artificielle représente un progrès impressionnant accompagné d’un sentiment de sécurité lorsqu’on connait la compétition entre équipes médicales pour établir des diagnostics sur des cas complexes ou même comme pour savoir présenter à un patient ou sa famille le diagnostic d’un cancer inopérable !

A long terme elle suscite un certain effroi : si elle devait atteindre la perfection, bien des médecins redoutent de perdre leur emploi. Des sociétés aux objectifs douteux pourront monopoliser l’IA à des fins purement mercantiles. Il y aura probablement des conséquences imprévues : le facteur humain incitant à retenir la première réponse fournie par le système, généralement considérée comme correcte, la vigilance doit être impérativement en alerte. Dans l’aviation, lors de l’accident de l’avion Rio-Paris d’Air France par exemple, les pilotes se sont retrouvés impuissants lorsque la technologie a cessé de fonctionner. Elle a entrainé une déqualification des pilotes, le processus risquant de se répéter chez les médecins.

S’il est facile de se concentrer sur les points négatifs le Dr Wachter pense que l’IA rendra le monde meilleur. Comme l’IA fera gagner un temps considérable, la qualité des soins sera meilleure. Elle a progressé à pas de géants et continue de s’améliorer. Il y a quelques dizaines d’années les traducteurs automatiques traduisaient l’anglais ‘the flesh is weak » - la chair est faible - par « la viande n’est pas chère ». Ils ne font plus cette erreur depuis longtemps !

Commentaires de Bernard Pradines : Il existe désormais des sites spécialisés réservés aux médecins. De plus, depuis la naissance de ChatGPT en 2022, de nombreuses applications, de plus en plus spécialisées, voient le jour. On estime à environ 200 000 le nombre des médecins français utilisant l’IA à la date où ces lignes sont écrites. Sur le risque de perte d’emploi des médecins, les avis sont partagés car une grande partie de la médecine, que l’on pourrait résumer par le terme d’accompagnement, n’est pas d’ordre strictement scientifique et relève bien davantage de la relation humaine. Il existe bien des risques prévisibles : « cybercondrie » chez les hypocondriaques, perte de compétence des médecins par surutilisation (« deskilling »)... Mais, une fois de plus, ce sera la maitrise de l’outil qui sera déterminante dans son utilité espérée.

Sources

Geripal, animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD The Promise and Pitfalls of AI in Medicine: Guest Bob Wachter

Eric asks the question that is on many of our minds – is the future of AI more Skynet from Terminator, in which AI takes over the world and drives humanity to the brink of extinction, or Wall-E, in which a benevolent and empathetic AI restores our humanity?

BobWachter est l’auteur de nombreuses publications citées dans le sommaire du podcast.

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Notes de lecture sur « l’aide médicale à mourir (AMM) » au Québec

Publié le par Bernard Pradines

Notes de lecture sur « l’aide médicale à mourir (AMM) » au Québec
Il me semble intéressant de se pencher sur un pays qui connait en pourcentage le plus grand succès de la planète en termes de morts programmées. Aussi, j’ai retenu quelques extraits d’un article paru dans la littérature journalistique québécoise le mercredi 6 mai 2026.

A propos du défaut de soins palliatifs :

« Il m’est arrivé de faire des AMM en sachant que, pour le patient, c’était un choix par manque de choix, alors que de mon côté j’étais démunie, je n’avais pas de ressources pour porter les autres options de fin de vie », témoigne Lauréanne Goulet-Plamondon, qui, jusqu’à l’an dernier, était la seule médecin affectée aux soins palliatifs dans la Municipalité Régionale de Comté (MRC) de Portneuf, un secteur rural au sud de Québec.

Faire de nécessité une vertu :

Par ailleurs, beaucoup ont déjà « intériorisé que l’AMM était la seule voie possible », se désole Lauréanne Goulet-Plamondon, qui estime pour sa part que la situation a atteint un point de dérive.

Il s’agit de personnes qui souhaitent « finir en beauté avec les gens qu’ils aiment autour d’eux, sans leur imposer le spectacle parfois traumatisant de la mort qui s’installe. »

Un exemple d’adaptation de l’individu aux impératifs de la société :

« Beaucoup ont désormais l’impression que l’AMM est un droit fondamental, soutient-il, tandis qu’au sens de la Loi, « c’est un soin administré lorsque c’est approprié de le faire ». 

Il faut dire que la mort programmée tend à devenir peu à peu le trépas « idéal », d’après les observations de nombreux experts.»

Une extension d’éligibilité qui va bien au-delà de la souffrance réfractaire en période terminale de la vie :

« Face à la perspective de dépendre des autres, les hommes invoquent « une atteinte à leur identité », eux qui ont été conditionnés à ne pas exposer leur fragilité, tandis que les femmes mentionnent leur volonté de ne pas déranger. « Elles sont mal à l’aise de se retrouver dans la position de recevoir des soins plutôt que d’en donner », observe la chercheuse spécialiste des enjeux liés à la fin de vie.»

Le rapport de 2025 de l’Oregon (DWDA Oregon report 2025) corrobore le lien entre les motivations des « suicidés » et les arguments cités ci-dessus chez leurs voisins québécois.

Voici un article qui mérite d’être lu dans son entièreté :

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