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Bref compte rendu du congrès international sur la maladie d'Alzheimer du 14 au 16 avril 2026 à Lyon.

Publié le par Bernard Pradines

Bref compte rendu du congrès international sur la maladie d'Alzheimer du 14 au 16 avril 2026 à Lyon.

Un congrès auquel j’ai eu la chance d’assister.

Les perspectives démographiques sont explosives pour le nombre des démences :  300% d’augmentation prévue en Inde et au Canada entre 2020 et 2050. A noter que c’est le terme de démence (dementia) qui est couramment utilisé au cours de ces journées en quasi-totalité en langue anglaise, ce qui n’est pas le cas en France où le mot est jugé stigmatisant :

https://www.dynseo.com/lalzheimer-dans-le-monde-statistiques-et-initiatives-mondiales/

Une grande partie de ces trois journées a concerné l'aide aux aidants par le biais d'associations nationales qui sont venues présenter leurs constats et les actions qu'elles ont entreprises dans chaque pays représenté, ce qui offre un panel mondial fourni. Arrivent en tête les services rendus aux aidants dans la connaissance de la maladie, ainsi que des initiatives variées allant de la prévention de la pathologie aux politiques locales de santé, en passant par lutte contre la stigmatisation du malade et de sa famille. A noter une franchise surprenante, dans ce dernier domaine, venant de pays dits à faible ou moyen revenu (Low- and Middle-Income Country), pouvant pourtant redouter un jugement sévère de la part des pays dits riches et « développés ».

Quatre familles de thèmes ont particulièrement retenu l’attention : la prévention primaire, la recherche médicamenteuse et les interventions non médicamenteuses, le soutien aux aidants et les politiques de santé.

En prévention primaire, les exposés, tous en anglais sauf pour deux sessions hors plénières, se sont concentrés sur les comportements recommandés tout au long de la vie chez des personnes en bonne santé (facteurs dits modifiables par rapport à ceux qui ne le sont pas : âge et génétique).

 Ceci se fonde en particulier sur la publication du Lancet de 2024 qui fait manifestement autorité dans le monde et qui concerne les fameux 14 points à promouvoir :

Le rapport 2024 de la Commission Lancet sur la démence est une mise à jour majeure, car il porte désormais à 14 le nombre de facteurs de risque modifiables (contre 12 en 2020), suggérant que près de 45 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés.

Voici la répartition de ces facteurs selon les étapes de la vie :

1. Début de vie (Early Life : < 18 ans)

À cette étape, un seul facteur prédomine, mais il est crucial pour la réserve cognitive.

  • Éducation : Un faible niveau d'éducation en début de vie réduit la réserve cognitive.

2. Milieu de vie (Midlife : 45 – 65 ans)

C'est la période où le plus grand nombre de facteurs d'action apparaissent.

  • Perte d'audition : Le facteur de risque modifiable le plus important en milieu de vie.
  • Hypercholestérolémie (LDL élevé) : Nouveau facteur ajouté en 2024.
  • Hypertension artérielle.
  • Obésité.
  • Traumatismes crâniens.
  • Consommation excessive d'alcool.
  • Dépression.
  • Diabète.
  • Inactivité physique.
  • Tabagisme.

3. Fin de vie (Late Life : > 65 ans)

Les facteurs ici sont souvent liés au mode de vie et à l'environnement social.

  • Isolement social.
  • Pollution de l'air.
  • Perte de vision non traitée : Nouveau facteur ajouté en 2024.

Toujours en prévention primaire, la diététique a été mise à l’honneur :

Le régime MIND est une combinaison des régimes méditerranéen et DASH, conçue pour favoriser la santé cérébrale et réduire le risque de déclin cognitif.

Les Interventions multimodales ont aussi été abordées, en particulier sous l’angle de Finger.

Bref compte rendu du congrès international sur la maladie d'Alzheimer du 14 au 16 avril 2026 à Lyon.

Légendes des icônes (autour de la main) :

  • Mental stimulation : Stimulation mentale
  • Social activities : Activités sociales
  • Cardiovascular risk factors : Contrôler les paramètres cardiovasculaires
  • Physical activities : Activités physiques
  • Healthy food : Alimentation saine

A propos des médicaments

Nous avons eu droit aux inévitables anticorps monoclonaux contre la protéine bêta-amyloïde : lecanemab et donanemab. Faible espoir dont un intervenant américain optimiste nous dit qu’il en était de même des chimiothérapies anticancéreuses il y a 30 ou 40 ans : simple espoir de gagner un peu d’espérance de vie.

Médicaments non spécifiques : repositionnement

Certains antidiabétiques : voie de recherche sur la metformine et le semaglutide.

La metformine est un antidiabétique oral de la famille des biguanides, utilisé principalement pour traiter le diabète de type 2 en réduisant la glycémie sans provoquer d’hypoglycémie.

Le sémaglutide est un médicament utilisé pour traiter le diabète de type 2 et l'obésité, agissant comme un analogue du GLP 1 pour réguler la glycémie et réduire l'appétit.

Interventions non médicamenteuses :

https://www.referentielinm.org/fr/search?marque_slug=alzheimer-et-apparente

Attitudes de l’environnement humain et matériel :

Insistance sur l’éducation, mais aussi sur la stigmatisation, souvent encore plus présente dans les pays à faibles revenus.

Environnement toxique (exposomes) : métaux, pesticides, PFAS.

En conclusion, ce congrès fut instructif, permettant des contacts avec tous les pays de la planète.

Publié dans Alzheimer, démences, congrès

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Notes de lecture : la fatigue du sujet âgé

Publié le par Bernard Pradines

Notes de lecture : la fatigue du sujet âgé

L’auteur dont la référence est citée ci-dessous avance que « la possibilité de se défatiguer d'une activité en passant à un autre fait défaut aux patients âgés qui se plaignent d'être fatigués comme s'ils ne disposaient plus des conditions physiques et psychiques nécessaires à ce délassement. »

La première démarche médicale est d’éliminer une ou des causes organiques. La fatigue peut être la conséquence de pathologies multiples : « Elle peut être symptomatique d'un trouble métabolique, d'une carence ou d'une affection somatique non encore diagnostiquée, notamment une maladie de Parkinson, une affection dégénérative ou une tumeur qui se révèle parfois de manière dramatique après plusieurs mois d'investigations négatives.

Le Covid long qui désigne les symptômes prolongés du COVID-19, est venu s'ajouter récemment à ces étiologies. »

Par ailleurs, « l'association de la fatigue au ralentissement psychomoteur et à la dépréciation de soi est évocatrice d'un état dépressif. »

En l’absence de ces étiologies, somme toute bien connues, il conviendra de rester à l’écoute active d’un sujet à l’épreuve de la diminution de ses capacités. L’argument de fatigue comporte des bénéfices secondaires, ce qui ne signifie pas qu’il soit « inventé ». Il comporte l'avantage de n'être pas anxiogène comme l'état de maladie.

Le chemin est parfois difficile vers l’identification des causes et conséquences d’une forme de souffrance moins bien définie que les pathologies organiques et mentales.

On lira :

Pierre Charazac, La plainte fatigue du patient âgé, Volume 9527, Issue 152, 04/2026, Pages 55-106, ISSN 1627-4830, http://dx.doi.org/10.1016/j.npg.2025.12.003

Publié dans fatigue, psychopathologie

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