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L’engouement pour la mort assistée (26) : liberté, inégalité, euthanasie

Publié le par Bernard Pradines

Commençons par le dernier terme de ce triptyque d’un nouveau genre.

Euthanasie

Le mot « euthanasie », pas davantage que ceux de « suicide assisté », n’est présent dans le projet français actuel de loi sur la fin de vie, texte qui ne manque pourtant jamais d’ambiguïté quant à son objectif. Ainsi, il fallut recourir à la plume d’un académicien pour que les mots fussent travestis à des fins de communication décente. Nous lisons désormais : « aide à mourir ». Sophisme donc dans le sens moderne de ce terme. D’aucuns rappelèrent alors les mots précis et sincères d’Albert Camus évoquant la nécessité de bien nommer un objet. En 2018, La Haute Autorité en Santé française n’avait aucune raison d’utiliser une terminologie incorrecte ou un euphémisme. Elle était explicite à ce propos. Qu’en sera-t-il à l’avenir quand elle devra établir les protocoles de suicide médicalement assisté et d’euthanasie ?

Inégalité

Ou plutôt inégalités en fin de vie. Ainsi, selon les Petits Frères des Pauvres, 530 000 personnes âgées sont en situation de mort sociale en France. Une condition qui mène souvent au désespoir de vivre dans une population qui connaît logiquement le plus fort taux de mortalité. Sans compter les difficultés d’accès aux soins, l’insuffisance de structures et celle de la formation des acteurs professionnels de terrain. Selon le rapport de la Cour des Comptes de juillet 2023, seulement 48% des besoins sont couverts avec des disparités territoriales persistantes en soins palliatifs. Ainsi, chaque jour, environ 500 personnes ne peuvent pas en bénéficier alors qu'ils devraient leur être prodigués.

Selon les enquêtes d’opinion, 80 à 90% des Français souhaiteraient finir leur vie à domicile. Une même proportion ne souhaite pas aller en EHPAD. Or, ce sont 26 % des tous les décès en France qui sont localisés dans ces établissements en 2019. Il existera donc une inégalité des choix : celui, offert, de mourir en étant « aidé » et celui, souvent interdit par la situation, de finir sa vie à domicile. Il est intéressant de constater que, dans l’État d’Oregon en 2023, pour 322 personnes, 87,7% des suicides assistés ont eu lieu à domicile, chez elles, dans leur famille ou chez des amis.

Liberté

Restera la liberté de « choisir sa mort » sans pouvoir choisir son lieu de fin de vie. La société ne peut pas être solidaire car elle se résout à ne pas s’en donner les moyens, se retranchant vers la liberté individuelle d’en finir sur attestation ponctuelle de souffrances incurables, ou mieux par directives anticipées au cas où l’expression de la volonté devrait s’avérer impossible. Une dangereuse spéculation sur l’avenir dans un contexte de méconnaissance des adaptations humaines dans des situations jugées désespérées lorsqu’elles sont observées de l’extérieur.

En somme, nous voici submergés par un réaction émotionnelle collective appelant des solutions simples : suicide médicalement assisté et euthanasie. Pourtant la fraternité nous indique des propositions de bon sens, même si elles apparaissent parfois contrintuitives face aux mesures expéditives, définitives qui nous seront prochainement imposées : développement, disponibilité et compétence de l’entourage professionnel et bénévoles auprès des personnes en fin de vie.

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Réflexions sur le manque de médecins : faire appel à l’étranger ?

Publié le par Christophe Trivalle

Image issue de https://theconversation.com/profiles/christophe-trivalle-429482

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Médecin gériatre, coordonnateur du Diplôme universitaire de prévention du vieillissement pathologique, Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

Chef de service des soins de suite et de réadaptation Alzheimer à l’hôpital Paul Brousse (Villejuif, AP-HP).

Responsable pendant 15 ans du Diplôme universitaire de prévention du vieillissement pathologique à la faculté de médecine Paris XI.

Rédacteur en chef de la revue NPG (Neurologie-Psychiatrie-Gériatrie).

Auteur de plusieurs ouvrages sur le vieillissement et la prévention.

Source : 

https://theconversation.com/profiles/christophe-trivalle-429482

Cliquer sur les images pour les agrandir :

Réflexions sur le manque de médecins : faire appel à l’étranger ?
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