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biographies

Rencontre avec des médecins cueilleurs d’existence 

Publié le par Louis Lacaze

Rencontre avec des médecins cueilleurs d’existence 

Votre chance a tourné, vous vous retrouvez à l’hôpital. Vous êtes la fracture de la chambre 225. Si le personnel médical s’intéresse seulement par exemple à votre pression artérielle ou à votre niveau sur l’échelle de la douleur, vous êtes dépersonnalisé·e.

Toutefois, des médecins ne veulent pas se contenter d’aider leurs patients à guérir ou à apaiser leurs symptômes, mais s’attachent à les aider à exprimer leurs histoires de leur vie. La vie en société implique la présence constante d’histoires vécues. Elles sont racontées aux enfants, échangées entre adultes, suivies à la télévision.

Les formateurs à cette approche insistent : il n’existe pas de marche à suivre définie. Tout au plus des thèmes courants sont à proposer : enfance, jeunesse, âge adulte, profession, mariage éventuel, situation présente et à venir envisagée dans le contexte de la maladie et de ses conséquences sur la vie quotidienne et sur l’entourage. Les moments de grande joie tout comme ceux des menus plaisirs quotidiens.

Deux points essentiels doivent rester à l’esprit : je suis d’une ignorance crasse, ma tête est vide, vous allez m’apprendre qui vous êtes. Le second point consiste à respecter les temps de silence, résister à l’envie de les briser. Un silence de dix, vingt, trente secondes, va conduire le patient vers un nouveau domaine que vous n’aviez pas obligatoirement prévu. Une existence marquante est présente chez tous les patients, même fugitive et cachée. Le but est de chercher à proposer un moment pour que la personne puisse s’exprimer, être capturée d’où le choix de l’expression « story catching » utilisée pour cet exercice.

Les entretiens durent environ quarante-cinq minutes. Le contenu est repris en présence du patient qui peut le modifier, le corriger, ajouter du texte. Il est écrit à la première personne en respectant le niveau de langue du patient. D’environ trois pages, il est joint au dossier du patient. Le personnel soignant est alors tiraillé entre désir et contrainte : il veut tout savoir sur le patient mais, dans le système hospitalier actuel, il est accaparé par le temps.

Les auteurs emploient une métaphore évocatrice de l’autre côté de l’Atlantique : on peut danser dans un cyclone à condition de rester dans son œil. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour aider ceux qui souffrent à demeurer dans l’œil du cyclone. Pourquoi pas aussi celles des visiteurs des malades ?

Commentaires de Bernard Pradines. Intéressant de constater les similitudes entre USA et France dans le recueil souhaité de l’histoire de vie. Le fait que la coauteure de ce texte soit infirmière en soins palliatifs, professeur d’université auxiliaire, en dit long sur le contexte dans lequel elle travaille. En France, la pratique évoquée ici, « centrée sur la personne » est davantage une réalité des EHPAD, des soins de longue durée (USLD) ou des Unités de Soins Palliatifs que des services classiques d’hospitalisation courte. Les psychologues, sans exclusivité, sont souvent partie prenante dans cette démarche. Deux principaux obstacles sur ce chemin.  L’intimité de la personne ou de sa famille qui ne souhaite pas la diffusion d’informations privées et… le temps disponible pour le recueil, la mise en forme, la relecture, la conservation et la disponibilité sélective des parcours de vie.

Source

Heather Coats, infirmière en soins palliatifs, professeur d’université auxiliaire, Thor Ringler, écrivain, rédacteur de revue médicale, invités de Geripal animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD

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De l’Ecole à la Formation tout au long de la vie !

Publié le par Pierre Caro

Mon travail de réflexions et actions sur les conséquences d’un long temps de vieillissement dans le monde, depuis 1997, confirmé par ma situation actuelle d’octogénaire, m’ont appris, entre autres connaissances, que pour bien vieillir longtemps il fallait prendre soin et conserver une bonne santé, avoir une capacité d’autonomie responsable pour un projet de vie qui anticipe, au mieux, les risques possibles «  Le risque est devenu la mesure de notre action, il est une transformation de la modernité » selon Ulrich Beck (1944-2015)

L’Ecole a été importante en décidant d’une part de mes apprentissages futurs, ceux de ma formation professionnelle et, tout au long de ma carrière, dans une formation continue. Elle est formation permanente depuis mon entrée en situation de retraite pour demeurer le plus longtemps possible en capacité d’assumer mes engagements de citoyen âgé responsable, en continuant d’apprendre par les échanges de savoirs et d’expériences de chaque jour.

J’ai pris conscience combien transmettre est la possibilité de partager. Il ne s’agit plus de savoir, mais de capacité à « mettre en jeu » mes acquis afin de les enrichir par les partages avec toutes les différences qui sont nos richesses communes, celles qui font société.

Celles d’une société mondiale ouverte où chaque citoyen doit pouvoir entrer sur la scène publique avec le droit au respect dans le dialogue, dans la réalisation de son projet de vie aujourd’hui entre quatre, cinq générations dans le métissage des populations et de leurs cultures.

Je vous ai fait part de mon projet d’ouverture d’une « Chaire citoyenne » Il ne s’agit plus des seuls savoirs universitaires indispensables, mais d’acquérir l’esprit critique afin de demeurer en capacité d’apprendre pour comprendre et entreprendre les politiques - manières de gouverner - de nos sociétés dans ce XXIème siècle où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés, au moins pour les décennies prochaines.

Ce temps où j’ai le devoir de comprendre les évolutions climatiques actuelles sur une terre dont les surfaces habitables, diminuent, où les ressources naturelles s’épuisent chaque année plus tôt, le 28 juillet pour 2022. Une société où le mal vivre de nombreux humains, augmente à mesure que les progrès se développent C’est ma génération qui a créé, en partie, cet état général mondial. Je me sens responsable d’entreprendre auprès des générations plus jeunes, de partager ce que nous avons réussi afin qu’ils le développent, et nos échecs afin qu’ils ne les reproduisent pas.

Le territoire est la base des projets à taille humaine qui doivent être menés par et pour toutes les populations.

J’ai beaucoup de choses à apprendre pour continuer à comprendre, et assumer correctement mes engagements de citoyen âgé responsable.

* les majuscules sont volontaires pour marquer l’intérêt que je porte. 

Commentaires de Bernard Pradines. Fini le découpage ancestral de la vie. Toutes ses étapes sont marquées peu ou prou par des acquisitions. Apprendre, travailler et avoir des loisirs peuvent désormais se conjuguer du début à la fin de la vie. Oh, je ne suis pas trop idéaliste. Je sais bien que la représentation du grand âge passe souvent par celle, traditionnelle, de la « retraite », terme explicite en ce domaine. Pourtant, c’est un vieux concept qui est ainsi avancé par celles et ceux qui n’ont pas encore admis une évolution évidente de nos sociétés.

Publié dans Bilan, Expression, biographies

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