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fin de vie

Le coût des technologies, non l’espérance de vie, explique l’augmentation des dépenses de santé

Publié le par Louis Lacaze

Le coût des technologies, non l’espérance de vie, explique l’augmentation des dépenses de santé

On pourrait croire que l’allongement de l’espérance de vie entrainerait l’augmentation des dépenses de santé. Des études récentes donnent à réfléchir sur la situation aux USA.

Il est traditionnellement admis qu’une comparaison  des dépenses en fonction de l’âge des populations montre que, par rapport à une tranche âgée de 19 à 65 ans, la dépense est multipliée par 2 pour la tranche de 65 à 74 ans, par 4 pour les personnes âgées de 75 à 84 ans  et par 6 pour ceux qui ont 85 ans et plus.

Une approche différente a pu montrer que les dépenses de santé n’augmentaient que de 30% pour la tranche de 65 à 80 ans, tandis que les frais d’hospitalisation portaient à 1000% les dépenses accompagnant les cinq dernières années de vie.

Ces chiffres peuvent  impressionner si on prend en considération leur valeur relative mais ils le sont beaucoup moins si on ne retient que leur valeur absolue : il n’est pas tout à fait exceptionnel de rencontrer une personne de 65 ans qui n’a que très rarement rencontré un médecin, un opticien ou un dentiste. Elle n’aura coûté à la communauté que quelques centaines d’euros pendant des dizaines d’années. Par contre si par la suite un court séjour à l’hôpital s’impose, le pourcentage relatif des dépenses augmentera vertigineusement alors que la dépense effective n’aura rien d’exorbitant en valeur absolue.

Vivre plus longtemps n’entrainerait donc pas une augmentation des dépenses exagérée puisque une majorité de seniors de plus de 85 ans sont toujours actifs et en relative bonne santé. Les maladies cardiaques, le cancer du côlon, les fractures de la hanche voient leur fréquence diminuée.  Seules les cinq dernières années présentent un coût élevé causé par des technologies de plus en plus élaborées – et coûteuses. Retarder leur apparition ne représente pas une charge insurmontable pour la société.

Source :

Publié dans fin de vie, politique

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Au bout de la route

Publié le par Louis Lacaze

Au bout de la route

Quand Oliver Sacks, professeur de neurologie à l’école de médecine de l’université de New-York venait d’apprendre qu’il était atteint d’un cancer du foie en phase terminale.

         "Il y a un mois, je nageais tous les jours sur un kilomètre et demi et comme je n’ai plus que quelques mois à vivre je dois décider quelle attitude adopter. J’ai eu de la chance, j’ai atteint l’âge de 81 ans, j’ai adoré travailler, j’ai été entouré d’amour, j’ai écrit des livres. Beaucoup de mes contemporains sont morts, ma génération est en cours d’extinction, j’en suis parfaitement conscient.

Depuis quelques jours il m’est possible de prendre de la hauteur pour faire le bilan de ma vie qui défile sous mes yeux comme un paysage. Je ne ressens pas de l’indifférence, plutôt un détachement. Je m’intéresse toujours aux conflits du Moyen-Orient, au réchauffement climatique, aux inégalités sociales, mais je ne me sens plus impliqué, je laisse ces problèmes aux nouvelles générations.

Je n’ai plus de temps disponible à consacrer à des futilités. Je ne regarderai plus les actualités tous les soirs à la télé, je n’écouterai plus les discours politiques. Je vais renforcer mes amitiés, dire au revoir à ceux que j’aime, continuer à écrire, à voyager si j’en ai la force. Et m’amuser un peu si j’en ai le temps.

Je ne vais pas dire que je n’ai pas peur. Mais je ressens surtout de la gratitude. J’ai aimé et j’ai été aimé, j’ai beaucoup reçu et j’ai beaucoup donné. J’ai lu, j’ai voyagé, j’ai pensé, j’ai écrit. Et je me réjouis de voir que les jeunes générations comptent des éléments surdoués, l’avenir est en de bonnes mains.

J’ai surtout l’impression d’avoir eu beaucoup de chance, d’avoir été un animal doué de raison et de sensibilité qui a vécu sur une planète magnifique. Je considère cela comme une aventure et un privilège merveilleux."

Source :

Publié dans fin de vie, dignité

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