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medicaments

IEC et ARA2 : faut-il les arrêter ?

Publié le par Bernard Pradines

IEC et ARA2 : faut-il les arrêter ?

L’hypertension artérielle (HTA) est un facteur de risque reconnu de gravité de l’infection à SARS-CoV-2. Reste à faire la part entre l’HTA elle-même et les traitements antihypertenseurs qui pourraient être eux-mêmes délétères. Ainsi, une grande interrogation subsiste sur l’innocuité des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et des antagonistes des récepteurs à l’angiotensine de type 2 (ARA2) du fait de leur interférence possible sur le site de fixation du SARS-CoV-2 : l’ACE2 dont ces thérapeutiques augmentent l’expression. Or il s’agit de thérapeutiques très souvent prescrites contre l’HTA.

 

Une étude chinoise publiée le 4 avril 2020 apporte sa brique à l’édifice.

 

Elle porte sur 126 patients COVID-19 ayant une hypertension dont 43 sous ARA2/IEC. Le groupe ARA2 / IEC avait des concentrations plus faibles de CRP (p = 0,049) et de procalcitonine (PCT, p = 0,008) par rapport au groupe recevant d’autres antihypertenseurs. Une proportion plus faible mais non significative de patients critiques (9,3% vs 22,9%; p = 0,061) et un taux de mortalité plus faible (4,7% vs 13,3%; p = 0,216) ont été observés dans le groupe ARA2 / IEC que dans le groupe non-ARA2 / IEC.

 

Bien que ces données appellent des études plus vastes, elles renforcent les recommandations actuelles des sociétés savantes : ne pas interrompre les IEC et les ARA2, même si l’on ne doit pas initier un tel traitement dans l’état actuel des connaissances.

 

Sources : 

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De fortes raisons d’espérer

Publié le par Bernard Pradines

De fortes raisons d’espérer

Progressivement, avec détermination et courage, nos concitoyens et les citoyens du monde s’organisent pour faire face au nouveau coronavirus. Qu’ils soient chercheurs, soignants ou non.

Tout d’abord, nous connaissons mieux sa nature et son développement, même si de nombreux points demeurent encore obscurs. Inconnus pour combien de temps ? Les publications sont si nombreuses, d’abord d’origine chinoise et italienne, qu’il est impossible à une seule personne de les étudier toutes.

Par exemple, nous savons mieux apprécier les facteurs de risque tels que l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète, le sexe masculin, l’âge avancé. D’où des précautions renforcées dans les populations concernées.

Nous comprenons mieux que la contagiosité importante du virus rencontre une immunité qui n’a jamais été sollicitée à son égard. Des tests sont en cours de validation pour apprécier justement l’état acquis de nos défenses envers lui. Ils constitueront un progrès important pour départager ceux qui pourront mener une vie normale lors des phases de déconfinement, à condition toutefois de ne plus être contagieux. Dans ce domaine, la culture des excrétions virales pourrait nous renseigner.

La généralisation du port du masque représente un progrès technique et conceptuel important qui renforce les autres mesures dites barrière. Parmi elles, la valeur du simple lavage des mains au savon et à l’eau est corroborée par l’expérimentation. Nous apprécions mieux, sans bien la connaitre, la possibilité de persistance du SARS-CoV2 sur des surfaces inertes. Nous soupçonnons mieux l’éventualité de sa projection à distance par aérosolisation. Nous apprenons de plus en plus des expériences des pays qui ont subi moins de victimes que nous : Corée, Allemagne. De même, nous sommes à l’écoute de ceux qui ont été frappés durement telle l’Italie. Nous savons mieux nous prémunir des fake-news, des fausses solutions et des recherches de boucs émissaires que des sociétés plus ignorantes comme celles du Moyen-Age. L’objectif du confinement est désormais clair : l’économie des réanimations submergées. L’information, malgré des données contradictoires, circule plus que jamais en période comparable de l’Histoire.

Le temps qui passe permet aussi de mener des essais cliniques et de sortir ainsi d’un dangereux empirisme qui consisterait à prescrire des médicaments « au pifomètre ». On sait ce que cela coûta dans notre passé, y compris récent. Nous attendons les résultats issus d’essais concernant des antiviraux, de l’interféron bêta, de l’hydroxycholoroquine, de l’injection de plasma de patients guéris. La cible cellulaire des anticorps est en voie de définition.

Il reste largement à préciser rapidement qui pourra tirer bénéfice de telle ou telle mesure thérapeutique, en particulier à quelle phase de la maladie : en prévention primaire, en phase d’invasion avec premiers signes cliniques, lors des phases sévère et critique. Des inconnues sont attendues pour leur résolution : si nous savons déjà que les corticoïdes et les AINS sont délétères, quid des IEC et des ARA2 ? Et même des bétabloquants. Etant entendu qu’il ne convient pas d’interrompre préventivement les IEC, les ARA2 et les bétabloquants. Et que les IEC et les ARA2 ne doivent pas être initiés actuellement. En attendant que leur rôle, délétère ou bénéfique, ne soit précisé. La mise au point plus distante d’un vaccin, actuellement en phase 1, nourrit aussi des espoirs raisonnables.

Que la peur ne l’emporte jamais sur la détermination et l’approche scientifique et rationnelle ! Nous sommes sur la bonne voie. 

 

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