Un cas qui se multipliera

Publié le par Bernard Pradines

Raymond le Roux, 96 ans, vient de faire mettre fin à ses jours en Belgique le 8 septembre 2025. Ancien résistant, veuf, ayant perdu ses deux enfants, ce sont d’abord l’ennui et la lassitude de vivre qui ont déterminé sa décision.

Si nous rapprochons cette situation de celle des demandeurs de suicide médicalement assisté en Oregon, le constat débouche sur une analogie qui place à l’avenir nos sociétés devant une immense responsabilité : saurons-nous accompagner dignement le grand âge pour éviter son désespoir de vivre ?

La future loi française sur la fin de la vie ne répondra pas à cette question. Une pression persistante sera à l’œuvre pour étendre les « critères d’éligibilité » des malheureux élus.

Références :

Raymond Le Roux selon France3 régions :

Oregon : données comparables d’une année sur l’autre :

 La somme des pourcentages dépasse largement les 100% car plusieurs réponses étaient possibles.

Traduction personnelle Bernard Pradines.

Un cas qui se multipliera
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J
Ce que je crains dans cette loi c'est évidemment la dérive et l'euthanasie des individus gênants pour le groupe... d'où mes réticences à me décider
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B
Pour moi, après une vie hospitalière dont la moitié en gériatrie, le risque est bien trop grand. Surtout quand on dispose déjà d'une législation adaptée ; encore faut-il qu'elle soit adaptée et surtout qua la compétence et la disponibilité soient au rendez-vous.
J
Certes Bernard, mais doit on absolument privilégier la durée ? Cela s'entend pour les personnes croyantes..sinon je crois que la mort fait partie de l'existence...et que, de tous temps, des individus se sont éloignés du groupe pour aller mourir..en paix..
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B
Voici un a priori culturel sous-jacent : les médecins favoriseraient la durée. Quant à aller mourir seul en paix, je me permets d'en douter si l''on ne veut pas subir éventuellement une longue agonie pénible. Trop souvent observée sans intervention compétente.
J
Certes, mais si ton corps t'empêche année après année de faire ce que tu aimais, ce qui te motivais..si tu ne peux plus marcher donc te déplacer...ou même bouger simplement...plus voir, lire...donc communiquer avec autrui...que reste-t'il ? <br /> dans l'immense solitude où te réduit ton corps, voire ton esprit....
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B
Bonjour, votre avis est compréhensible. Toutefois, tous ceux qui se sont approchés vraiment des personnes dans ces conditions ont été frappées par les capacités d'adaptation dont font preuve les humains. A ce propos lire ou relire les trois fables de Jean de la Fontaine. Incluant le mort "mort" dans leur titre. Merci pour votre commentaire.
M
Je ne sais ce que je ressentirai dans quelques années bien sûr. <br /> Néanmoins les deux premiers critères - au vu déjà de ma vie à 74 ans - me semblent justifier une volonté de mettre fin à une prolongation de vie dans intérêt, surtout si mon compagnon est lui même déjà mort.<br /> Et face au handicap physique qui me priverait de nombre d'activités, je ne vois pas ce que la société pourrait faire pour rendre mon existence intéressante et utile...
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B
Bonjour Josée, , "je ne vois pas ce que la société pourrait faire pour rendre mon existence intéressante et utile." C'est bien cela le problème d'une société solidaire telle que l'on peut la souhaiter. ..