Un neurologue évoque l’évolution de sa maladie d’Alzheimer
Agé de 72 ans depuis juillet 2024, le docteur Daniel Gibbs pense que les premiers symptômes de sa maladie datent de 2006 quand il a commencé à perdre son odorat. En 2012, il a entrepris des recherches génétiques ; un test ADN a révélé qu’il avait 2 copies de l’allèle ε4 de l’apolipoprotéine E (APOE). En tant que neurologue, il comprit immédiatement qu’il courait un plus grand risque d’être touché par la maladie d’Alzheimer ; il a pu suivre l’évolution de la pathologie avec l’œil du professionnel. Si autrefois on pensait que la maladie progressait rapidement avec un décès survenant en moyenne au bout de huit ans les données scientifiques ont révélé que les premières lésions cérébrales apparaissaient facilement quinze ou vingt ans avant les signes inauguraux de déclin cognitif.
Les facultés cognitives du Dr Gibbs déclinent, mais très lentement. Sa perte de l’odorat s’est accentuée, les aliments sont devenus insipides. À grand renfort d’épices, il essaie de compenser son déficit. Les tests proposés par son neurologue montrent qu’il ne peut plus répéter les cinq mots qu’il a entendus quelques minutes plus tôt. Son épouse a pris le contrôle des finances du ménage et vérifie qu’il n’oublie pas d’éteindre l’électricité et de fermer le gaz. Il ne regrette pas le passé pour une bonne raison : il ne s’en souvient plus !
A la fois patient et neurologue, il veut bien faire quelques suggestions à une personne qui vient de recevoir un diagnostic de maladie d’Alzheimer. Dormir au moins sept heures et demie par jour. Pas d’alcool, bien qu’il n’ait pas renoncé à son verre quotidien de vin au repas, désirant conserver un des rares plaisirs qui lui restent. Surveiller les risques cardiovasculaires, ce qui est mauvais pour le cœur l’étant aussi pour le cerveau. Le médecin-patient met en garde contre l’apathie : on cesse d’être à l’aise en société, on ne peut plus suivre les conversations en groupe, on devient antisocial. Le risque de dépression est présent et doit être traité. S’il ne publie plus de textes d’ordre médical le Dr Gibbs reste socialement et professionnellement actif en animant de préférence des groupes de personnes âgées.
Le docteur Gibbs pense que pour arrêter la progression et la gravité des cas de maladie la recherche doit se concentrer sur le traitement des personnes avant qu’elles ne présentent les premiers symptômes. Les traitements actuels visent à éliminer la protéine bêta-amyloïde mais ne parviennent qu’à ralentir l’évolution de la maladie chez des personnes nécessitant une surveillance rapprochée et moyennant un cout très élevé. Serait-il judicieux de traiter des personnes asymptomatiques pour une maladie qui ne pourrait jamais les toucher ? ou bien attendre que des médicaments plus sûrs et plus efficaces soient découverts ? Pour le docteur Gibbs, s’intéresser aux choix possibles équivaut à circuler sur un champ de mines.
Commentaires de Bernard Pradines. La publication en référence date de juin 2024. Depuis lors, le lecanemab et le donanemab ont été testés et les résultats publiés. Ils n’ont pas remis en cause les propos ci-dessus. Ainsi, l’accent est de plus en plus mis sur la prévention primaire d’une part et sur les interventions non médicamenteuses (INM) d’autre part. Ce furent les deux axes principaux du congrès international de Lyon du 14 au 16 avril 2026.
Prevention primaire :
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Alzheimer : des facteurs modifiables - GérontoLiberté
La démence est un problème de santé mondial. Selon le plan de recherche sur la démence de l'OMS en 2022, 55,2 millions de personnes dans le monde sont touchées. La prévalence chez les plus de...
https://free-geriatrics.overblog.com/2024/11/alzheimer-des-facteurs-modifiables.html
INM:
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NPIS - Référentiel des INM (interventions non médicamenteuses)
Deux personnes sur trois utilisent une méthode à dominante corporelle, nutritionnelle ou psychosociale pour leur santé. La Haute Autorité de Santé (HAS) française qualifie d'interventions non...
https://www.referentielinm.org/fr/search?marque_slug=alzheimer-et-apparente
Références
Rubin R. A Neurologist Learned He Had Alzheimer Disease 8 Years Ago-Here's What He Wants People to Know. JAMA. 2024 Jul 23;332(4):270-272. doi: 10.1001/jama.2024.10805
Rita Rubin MA JAMA A Neurologist Learned He Had Alzheimer Disease 8 Years Ago—Here’s What He Wants People to Kno
Gibbs, MD, PhD], who turns 73 years old in July [2024], does have Alzheimer disease, and in hindsight believes that his first symptom occurred back in 2006, when he began to lose his sense of smell. At the time, he chalked it up to normal aging. The results would be life-changing.
On peut consulter l’émission source de l’article du site radio TV OPB
Sage Van Wing OPB Oregon neurologist studied Alzheimer’s, and then was diagnosed with the disease himself
Daniel Gibbs dedicated his career as a neurologist to the study of Alzheimer’s and care for patients living with the disease. Then he was diagnosed with Alzheimer’s himself. Gibbs says that early diagnosis has allowed him to slow the progression of the disease through diet, exercise and other treatment.
Pour aller plus loin :
L’article référence de JAMA publié en mars 2024 Dementia prevention and treatment
Dementia affects 10% of those 65 years or older and 35% of those 90 years or older, often with profound cognitive, behavioral, and functional consequences
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