Fin de la vie des personnes souffrant de maladie d’Alzheimer et maladies apparentées.

Publié le par Bernard Pradines

Sujet austère mais indispensable pour comprendre la fin de la vie d’un nombre croissant de malades : les résultats d'une étude flamande (Vandervoort et al, 2013) sur la fin de la vie de 198 personnes démentes décédées dans 69 établissements (soit 58 % de réponses à l’enquête).

La distribution selon l’âge était la même que celle des résidents décédés avec une démence en Flandres en 2010.

54% présentaient une démence avancée.

Dans le dernier mois de vie, 95,5 % présentaient au moins un des symptômes suivants : problèmes relatifs à l’alimentation et à la boisson, épisodes fébriles ou pneumonie. Les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient les suivants : la douleur, la peur, l’anxiété, l’agitation et l’opposition au traitement.

Dans la dernière semaine de vie, les troubles de la déglutition et la douleur étaient les symptômes les plus fréquents. Les escarres étaient présentes chez 26,9 % des malades, l’incontinence chez 89,2 % et la cachexie chez 45,8 %. Les contentions physiques étaient utilisées dans 21,4 % des cas et 10% des résidents sont décédés en dehors de l’établissement d’accueil.

Commentaires de l’auteur de ces lignes : cette étude a le mérite de compléter nos connaissances sur la manière de mourir des déments. Ces données sont le plus souvent inconnues de l’entourage des malades car rarement popularisées, considérées comme trop effrayantes. Or, dans la plupart des cas, une préparation prudente et adaptée est indispensable pour amortir la détresse des familles. De plus, une bonne connaissance des symptômes pénibles permet de mieux comprendre le travail soignant scrupuleux d’observation et de traitement nécessaire au cours de cette période de la vie. A noter aussi que la phase ultime est souvent marquée par une détresse respiratoire qui pose le problème de son traitement par sédation terminale, en particulier au cours de la nuit. Il est temps que chacun bénéficie des soins palliatifs de qualité auxquels il est désormais légitime et légal de prétendre. Le « suicide assisté » n’est pas une solution de facilité que notre société doit présenter face à la détresse éventuelle lors de la fin de la vie.

On pourra aussi s’inspirer de la publication française de Lopez-Toures (Lopez-Tourres et al, 2010).

Sources :

Vandervoort A, Van den Block L, van der Steen JT, Volicer L, Vander Stichele R, Houttekier D, Deliens L. Nursing home residents dying with dementia in Flanders, Belgium: a nationwide postmortem study on clinical characteristics and quality of dying. J Am Med Dir Assoc. 2013 Jul;14(7):485-92.

Lopez-Tourres F, Lefebvre-Chapiro S, Guichardon M, Burlaud A, Feteanu D, Trivalle C. Fin de vie et maladie d’Alzheimer : étude rétrospective dans un service de gériatrie. NPG, Volume 10, numéro 55, février 2010, pages 37-42.

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C
Bonjour, je vous apporte mon témoignage<br /> Maman, démente de type Alzheimer, est décédée vendredi. J'ai eu le luxe d'être à ses côtés entre 12:00 et 19:00, heure du décès. Je l'ai vue en pleine détresse respiratoire, sous masque à oxygène. La consommation en oxygène importante, le manque d'IDE la nuit ont mené à son transfert dans un service adapté. L'équipe de l'EHPAD a effectué son transfert de lit à lit en portant Maman sur son matelas anti-escarre pour ne pas l'angoisser davantage. Il m'a été proposé de la masser par des huiles essentielles. Petit à petit son visage changeait, ses mains se cyanosaient. Alors qu'Elle luttait et ne voulait pas s'endormir les massages ont-ils pu l'apaiser au point qu'Elle relâche tout effort ? Elle s'est apaisée petit à petit. Je lui tenais les deux mains, tâchais de la rassurer en lui parlant à l'oreille, joue contre joue, Elle transpirait. La lutte respiratoire s'est transformée en râles, puis son tonus musculaire s'est relâché. Ses yeux restaient fermés. Son ventre était très tendu. Sa respiration s'est faite de plus en plus calmement. Puis s'est arrêtée pour reprendre, peut-être 3 à 4 fois. Maman a avalé à plusieurs reprises, ce que je n'avais pas observé auparavant, puis n'a plus respiré du tout.<br /> S. COQUERELLE
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B
Intéressant témoignage. Excusez la question abrupte : avez-vous eu l’impression de soufrance ou non ?
P
Merci pour vos commentaires. En effet, le terme de démence possèdes des définitions différentes dans le langage parlé et dans la littérature spécialisée. Dans cette dernière, l'étymologie latine (mens, tis) est prise au sens originel du terme. Pour ce qui est du terme de malade, en accord aussi avec la définition d'une maladie, je maintiens ce terme dans les situations évoquées ci-dessus. Si ces personnes ne sont pas reconnues comme des malades, le risque est grand qu’elles soient incomprises et que la société soit moins solidaire à leur égard.
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A
des personnes souffrants de démences rectification<br /> brrr que je n'aime pas ce terme les déments , ont a eu aussi des lépreux !!cordialement<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> rectification des personnes souffrants de démences et non desx malde
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A
ce ne sont pas les personnes présentant des démences que je n'apprécient pas. je les accompagnent au quotidien , mais l'appellation , les déments !cela ramène a la folie a l'aliénation dans l'esprit de beaucoup de personnes . les personnes souffrant d'Alzheimer ont simplement la tète qui se vide pour les autres des démences séniles mais ne sont pour moi pas des déments mais des malades souffrants de démences nuances <br /> <br /> cordialement
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A
la manière de mourir des déments ? je n'apprécie pas du tout les déments !!! cordialement
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