Je veux rentrer chez moi !

Publié le par Louis Lacaze

Je veux rentrer chez moi !

Si dans tout établissement de séjour de longue durée tout comme au domicile actuel ce désir impératif revient régulièrement, il ne doit pas être pris forcément à la lettre. Soit la personne ne réalise pas où elle se trouve, soit elle exprime un sentiment de mal-être, une inquiétude, la recherche d’un environnement sécurisé.

Quelle attitude adopter ?

1 – Répondre « mais tu es déjà chez toi ! » à une personne atteinte de démence plus ou moins avancée qui n’a plus la capacité de raisonner sera inefficace.

2 – Répondre « tu aimerais bien être chez toi. Parle-moi de la maison ». Se contenter d’écouter.

3 – Rester agréable. Faire un petit tour à l’extérieur, à pied ou en voiture, et déclarer au retour : « ça y est, tu es chez toi. »

4 - Si la personne a occupé un certain nombre de domiciles, lui demander à quelle maison elle aimerait revenir et pourquoi. Un rappel de vieux souvenirs peut calmer les anxiétés.

5 – Eviter de culpabiliser. Si un vieux parent veut se retrouver ailleurs, ceci ne signifie pas que vous ne lui apportez pas toute l’attention nécessaire.

6 – Ne pas chercher à reconduire la personne à un ancien domicile qu’il a dû quitter. Un dément avancé ne reconnaitra pas les lieux, un dément léger ne se souviendra pas des raisons de son départ et se sentira désorienté.

7 – Souvent « la maison » signifie « quand j’étais petit ». On peut demander à la personne de raconter  ce qu’elle aimait faire quand elle habitait « chez elle ».

8 – Il est possible de « revenir à la maison » à partir de photos. « On ne peut pas revenir à la maison aujourd’hui mais on va regarder des photos. On ira à la maison une autre fois».

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R
Le besoin des personnes en risque de fugue pour retourner en un lieu de leur passé est de tenter de régler une difficulté de leur passé !<br /> Il s'agit d'une poussée pulsionnelle (d'où leur insistance), donc d'un phénomène inconscient. C'est ce qui déclenche bien souvent de l'agressivité chez ces personnes.<br /> <br /> Mettre en scène un faux retour ou voyage a peu de chances de régler le problème. Par contre si cela peut apporter, ne serait-ce qu'un répit ou un abaissement de l'angoisse, c'est déjà ça !<br /> <br /> Pour donner un simple exemple, j'ai accompagné une femme âgée, dont l'obsession était de retourner dans une maison habitée au cours d'un exode durant la guerre. Le problème était qu'elle avait très mal vécu le décès d'un chien (donc deuil non fait en l'occurrence) et un souci de transport d'aliments : l'on peut comprendre là la charge émotionnelle non solutionnée à l'époque, qui provoquait son insistance à "partir".<br /> <br /> La verbalisation de ces souvenirs a pu aider cette malade. Mais ce n'est pas toujours possible !<br /> <br /> En espérant avoir proposé d'autres pistes de réflexion sur ce phénomène si difficile à supporter pour les soignants, et pour les familles ...
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C
" ... Mettre en scène un faux retour ou voyage a peu de chances de régler le problème. Par contre si cela peut apporter, ne serait-ce qu'un répit ou un abaissement de l'angoisse, c'est déjà ça ! ..."<br /> <br /> Je trouverais intéressant que des psychologues de formation donnent leur point de vue concernant ces différentes approches de " l'ailleurs "; thérapie du voyage ou la méthode de Validation Naomi Feil avec en ligne de fond le questionnement suivant<br /> <br /> iraient-ils ( les psychologues) jusqu'à mettre un manteau pour un voyage factice en train même si le bénéfice pour le dément est une baisse d'angoisse?<br /> <br /> En d'autres termes<br /> <br /> iraient -ils jusqu' à se mettre eux mêmes en scène?<br /> <br /> merci aux psychologues de la liste de m'apporter une réponse
C
oui, mais le souci face aux demandes récurrentes de" retour à la maison" exprimées par les malades démentes est que que l'intervenant ( famille ou soignant) engage avec le malade un dialogue où il n' a d 'autre possibilité que de se situer sans cesse sur le fil du rasoir,, entre la réalité et la fiction.<br /> <br /> Quelque part la vidéo de Télématin dans laquelle l'infirmier prend son manteau pour " aller prendre le train" avec Marcel "contredit" les propositions du texte publié par Louis Lacaze..<br /> <br /> Il y a quand même de quoi y perdre son latin
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C
" ... Il s’agissait d'une demande "vraie" de rentrer chez soi et donc d’y vivre, comme ce fut le cas jusqu'à une période récente de l'histoire de l'humanité..."<br /> <br /> Et il sera bien évidemment intéressant de voir comment les choses évolueront .dans les années à venir. <br /> <br /> Aujourd'hui la génération des 80 ans vit à vitesse grand V une époque charnière.<br /> <br /> La majorité d'entre eux se sont occupés de leurs parents et/ ou de leurs beaux parents, époque où trois générations vivaient sous le même toit ou en étroite proximité géographique. De nos jours les enfants vivent de moins en moins souvent pas très loin de leurs parents vieillissants ( mobilité géographique liée au travail, par ex), bref , ils font leur vie ailleurs .<br /> <br /> Peut- être que notre génération de futurs déments n' aura plus cette demande récurrente de retourner à la maison?<br /> <br /> En attendant, ce qui vraiment m'exapère vraiment ,<br /> <br /> Donner l'illusion aux malades déments et à leur entourage que les unités dites "Alzheimer" sont des lieux presque comme à la maison et les expériences style le personnel de nuit habillé en pyjama afin de figurer la nuit à ceux qui ont perdu tout repère dans le temps,et par la même occasion induire une proximité affective, je trouve cela carrément invraisemblable .<br /> <br /> Comme je trouve invraisemblable les familles qui sont persuadées qu'en plaçant leurs parents , il y a aura toujours un salarié pour s' en occuper . l'institution ne garantit qu'une présence effective 24h/ 24h et ce 365 jours par an..<br /> <br /> A ce jour, elle ne peut pas offrir plus
P
D'accord avec vous, cet article a le mérite de poser le problème mais il ne peut pas envisager toutes les situations. <br /> Dans mon expérience, la requête n'était généralement pas fantaisiste. Il s’agissait d'une demande "vraie" de rentrer chez soi et donc d’y vivre, comme ce fut le cas jusqu'à une période récente de l'histoire de l'humanité. Aussi, il pourrait être intéressant de se pencher sur la culpabilité collective générée par cette situation. Et de relativiser ainsi toutes les adaptations langagières qui la recouvrent.