Attention fauteuil !

Publié le par Christiane Réal

Le choix des fauteuils doit être adapté aux besoins des personnes âgées dépendantes. L’entreprise commercialisant les fauteuils n’a pas obligatoirement effectué des tests avant la mise en vente. Une grosse commande groupée et inadaptée peut alors s’avérer catastrophique. Le risque de chute s’accroît. Exemple : si l’accoudoir est trop bas situé, une chute sur le côté devient possible, voire probable.

Les circonstances en sont bien connues ; la somnolence est liée à l’apathie, à la consommation de médicaments psychotropes ou encore tout simplement à l’asthénie dans un contexte fréquent de fatigue chronique. Il vaudrait mieux parler d’épuisement tant la station prolongée au fauteuil peut être accablante pour les plus vulnérables. Une autre raison habituelle en est tout simplement une hypotension orthostatique méconnue chez des patients qui ne sont plus soumis à leurs conditions de vie et à l’alimentation qui leur étaient coutumières ; pourtant, le traitement antihypertenseur n’a pas été forcément diminué pour autant. Dramatique quand on sait que le personnel ne peut pas surveiller en permanence les assoupissements dans les fauteuils.

Confronté à une fracture de l’extrémité  supérieure du fémur ou à toute autre lésion dans  de telles circonstances, il ne vous restera plus qu’à cacher ou à déformer la vraie cause auprès des familles.

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M
L'article sur les fauteuils gériatriques correspond à une réalité mais occulte les difficultés du fournisseur pour trouver le matériel adapté à une situation donnée. La différence entre un fauteuil provenant d'un marchand de meubles et un fournisseur de matériel médical correspond au fait qu'il y ait ce terme qualificatif (médical) qui impose un cahier des charges important et surtout un prix de vente en rapport, soit deux à trois fois plus cher que dans un commerce lambda. Il existe une multitude de marques et de modèles avec de nombreuses variantes pour les adaptations. Certaines sociétés font du sur-mesure ; elles sont très rares et ont des prix prohibitifs. Le vendeur va proposer ce qui lui semble le plus adapté à la situation, mais le patient lui aussi devra s’accommoder des différences par rapport à l’idéal souhaité. Il faut savoir que l'on peut toujours faire essayer un fauteuil de façon spontanée, mais en aucun cas le mettre à disposition de manière prolongée à domicile ou en institution car il se retrouvera immédiatement classé en occasion et doit être en plus désinfecté. Vu les contraintes, les entreprises n'en ont qu'un certain nombre limité à faire essayer parmi les plus couramment vendus. Un fauteuil gériatrique ne peut avoir toutes les qualités : être confortable, relax, reposant, avec releveur, enveloppant, coquille, réglable en hauteur, aisé à déplacer, d'entretien facile.... et tout cela adapté à la personne et dans des prix acceptables. Le fait de se tenir dans une fourchette de tarifs entièrement remboursés par les caisses ruine beaucoup de possibilités. Plus un fauteuil est sécurisant, plus il est inconfortable pour le malade (fauteuil de type coquille). Ce matériel représente une contention dissimulée et peut être responsable de graves plaies de pression. Pour les établissements hospitaliers ou sanitaires, les achats ne se font que sur appel d'offres au détriment des impératifs ou des besoins des patients ou d'un service. Contre les épisodes d’hypotension orthostatique, la solution est d'utiliser un fauteuil de type releveur de préférence électrique plutôt que mécanique car ce dernier n’est pas évident à manipuler.
Pour conclure, il faut savoir qu'un fauteuil qui convient parfaitement à un patient aujourd’hui peut se retrouver complètement inadapté quelques jours plus tard.
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R
Le groupe ne remettra pas en question ses choix de modèles de fauteuils. Ce qu'il faut savoir est que les choix de matériels sont faits UNIQUEMENT pour séduire les familles, par rapport à la concurrence !!!
La seule solution envisageable (ou changement pour dire les choses plus crûment) serait d'éduquer les familles à ne pas privilégier l'apparence esthétique pour le soin de leurs proches. Donc peut-être écrire des articles d'information ? ou composer des documentaires à la TV, diffusés à une heure de grande écoute ?!
Tant de personnes ne prennent l'option que de "l'apparence" ... C'est s'attaquer à une énorme problématique.
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C
" ... Tant de personnes ne prennent l'option que de "l'apparence" ... C'est s'attaquer à une énorme problématique...."

Etant aide soignante à domicile depuis 10 ans, je peux vous assurer R que le principal critère avancé par l'entourage pour le choix d'un fauteuil est le coût ou plus justement la prise en charge du coût par la sécurité sociale .... jusqu' au difficilement supportable, acceptable parfois car il faut vous dire que:

" ... Et puis y a la toute vieille
Qu´en finit pas d´vibrer
Et qu´on attend qu´elle crève
Vu qu´c´est elle qu´a l´oseille
Et qu´on n´écoute même pas
C´que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´cause pas, Monsieur
On n´cause pas, on compte ..."

Ces gens- là - Jacques Brel
R
Je réponds à R. MANTEAU.
Je ne crois pas que l'on parle des mêmes objets : votre argumentation semble porter sur des fauteuils dits "médicalisés".
Le propos de cet article portait sur le mobilier de base acheté (fort cher) par les grands groupes qui équipent des dizaines d'établissements identiques. Le choix est fait en fonction des couleurs indiquées par la décoratrice, ainsi que la forme, choisie elle aussi par la décoratrice ! Peu importe que les personnes âgées fassent des chutes par la suite. L'objectif est uniquement de séduire les familles qui visitent les établissements : il faut que ça "ressemble à ce qu'ils ont connu à domicile". Donc pas du tout adapté aux problématiques des personnes âgées.
Je crois que si les familles se rendaient compte que les chutes de leurs proches étaient dues aux accoudoirs trop bas des fauteuils, ils ne seraient peut-être pas d'accord avec les directions !!! Des plaintes ne manqueraient pas de surgir. Sauf qu'il ne faut surtout pas leur dire que le choix n'a été qu'esthétique !!!
V
"il ne vous restera plus qu’à cacher ou à déformer la vraie cause auprès des familles". Cette conclusion me semble assez choquante, dans un artcile où l'on met en avant la prévention comme moyen pour mieux accompagner.
Reconnaître ses erreurs n'est pas un moyen de les excuser, et les cacher n'est pas non plus un moyen de les effacer.
Si une collectivité commande des fauteuils inadaptés (ou tout autre matériel médical), elle aura tout intérêt à remettre en question ses pratiques. Non pas pour mieux masquer ses fautes, mais pour éviter qu'elles ne se reproduisent. Il s'agit d'une démarche d'amélioration continue de la qualité, et non pas d'une "ouverture de parapluie" permanente.
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R
Ajout :
Le questionnaire des "effets indésirables" n'est pas exploité. Ce qui dit bien que les difficultés ne sont pas analysées. Faire compléter au personnel ce genre de support écrit est encore une perte de temps supplémentaire pour le personnel. Quant à moi, en tant que cadre, j'ai même été privée du droit à le compléter ... no comment.
Ce questionnaire est pourtant une obligation dans tous les établissements.
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R
Cacher la "cause" de la chute aux familles ?! Vous n'y pensez pas. Aucune famille ne cherche à comprendre la cause de la chute de son parent ... Elle se contente juste de penser "la - ou le - pauvre il est si vieux" !!!
En 12 années d'accompagnement de p.âgées en EHPAD, je n'ai jamais vu une famille chercher ce genre de cause ... La seule cause incriminée était la lenteur de réparation d'une plaie. Parfois les plaies sont considérées comme de la "faute" du personnel, ce qui s'avère parfois (rarement) vrai.

"Causes" : si vous voulez mon constat, il serait utile de chercher des causes de quantité de situations difficiles, préjudiciables aux p.âgées, dans la maltraitance du personnel. Car le personnel, avec la meilleure volonté, ne peut pallier à tout !
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