Fini le diagnostic rapide

Publié le par Bernard Pradines

La génération actuelle des aînés était coutumière des diagnostics rapides suivis d’une ordonnance ou d’un renoncement jugé raisonnable. Si ceci peut être encore le cas, de nombreuses situations ne s’y prêtent plus. Le nombre des pathologies identifiées a augmenté, les maladies chroniques ont littéralement explosé en nombre et en durée. Surtout, le médecin ne travaille plus seul ou ne le devrait plus dans bien des cas. Si la plupart des consultations ne nécessite pas d’avis ou d’examen complémentaire, il n’en va pas toujours ainsi, surtout chez les personnes âgées ; d’autres consultations ou hospitalisations peuvent être nécessaires, d’autres examens sont indispensables avant d’établir un diagnostic débouchant sur une attitude thérapeutique adéquate. Une démarche éventuellement pénible pour une personne vulnérable. Ainsi, l’appréciation de la « balance bénéfice-risque » peut-elle aussi demander du temps de concertation pluridisciplinaire.

Cet aspect du « parcours de soin » peut être anxiogène tant le diagnostic et le traitement peuvent se faire attendre. En somme, les diverses évaluations professionnelles sont susceptibles d’être ressenties comme des errements par le patient.

En conclusion, tenir compte des us et coutumes de la génération soignée permet de mieux aborder auprès d’elle cet aspect nouveau : les diagnostics doivent être mieux étayés et les traitements demandent désormais fréquemment une concertation qui était rare autrefois.

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R
Comme l'on aimerait que les soignants, dont et SURTOUT médecins, prennent l'habitude de travailler en concertation et en pluridisciplinarité !<br /> Ce n'est pas ce à quoi j'ai assisté sur le terrain ...
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R
Merci pour cette observation qui démontre une évolution de la profession. On parle d'ailleurs aujourd'hui plus fréquemment de "corps médical" que de "médecin". Et bien que le parcours puisse paraître "anxiogène" aujourd'hui, il permet la complémentarité de plusieurs avis. Ce sont ces avis qui permettent de poser un diagnostic. Cette démarche devrait, au contraire, être plutôt rassurante. Combien de situations n'ont pas été correctement prises en charge parce qu'on n'avait tenu compte que d'un "avis" au lieu de procéder à un véritable "diagnostic" ?<br /> Pourtant, aujourd'hui, nous voyons pointer une nouvelle forme de diagnostic médical : celui de l'intelligence artificielle. Celui qui pourra être fait sans médecin et sans concertation. Le patient transmets les symptômes à la machine, et celle-ci utilise son "big data" pour établir un diagnostic en moins de temps qu'il ne faut pour y penser... On aura pu soigner le corps, mais que fait-on de l'esprit ?
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