Certains sont mieux armés que d’autres pour supporter le poids des ans

Publié le par Louis Lacaze

L’allongement de la durée de vie se traduit par une proportion de plus en plus importante de seniors qui peuvent vieillir dans des conditions très différentes. Les inégalités déjà présentes à la naissance et qui ont jalonné la vie ne vont pas disparaître lors des premiers signes de vieillesse, mais s’aggraver.

 

 Naître dans un milieu aisé, recevoir une bonne éducation, exercer une profession valorisante et bien rétribuée, vivre dans une maison confortable, dans un quartier non pollué, permettront à celles et ceux qui en bénéficient de vieillir dans les meilleures conditions, au moins dans la plupart des cas.

 

Les personnes appartenant aux classes les moins favorisées, qui auront affronté de nombreuses difficultés tout au long de leur vie, auront connu des conditions de travail pénibles et mal rétribuées, vécu dans des logements inconfortables et parfois insalubres, reçu des soins médicaux insuffisants, vont vieillir en moins bonne santé que les classes plus favorisées et connaitre une espérance de vie plus courte.

 

Les sociologues exposent les résultats de leurs enquêtes : il vaudra mieux investir sur les jeunes générations que sur les seniors qui ont moins de valeur. Le vieillissement rappelle inconfortablement que la mort, grande égalisatrice, se rapproche. Un senior désabusé propose son explication personnelle : « il faut être vieux pour savoir ce qu’est la vieillesse ». On devient quelqu’un d’autre, les générations plus jeunes ne voient pas les problèmes.

 

Lutter contre les inégalités dans la société fait partie de tous les programmes électoraux de nos politiques toujours remplis de bonnes intentions. A en juger par l’ancienneté de telles déclarations, la route est encore longue pour permettre à tous de vivre dans des conditions correctes et ne pas vieillir ensuite dans un enfer.

 

Commentaires de Bernard Pradines : ce constat américain se retrouve en France dans ses grandes lignes, en termes d’espérance de vie sans incapacité ou d’espérance totale de vie. L’importance de ces facteurs apparait à présent dans la survenue des démences ; les études dans ce domaine, autrefois surtout centrées sur les problématiques médicales, semblent se déplacer progressivement vers une approche plus globale : les facteurs socio-économiques et éducatifs en particulier. Par exemple, le nombre moins important de démences chez les femmes par rapport à celui qui était attendu ; le facteur explicatif le plus significatif en serait le niveau amélioré d’éducation du sexe dit faible. Même suspicion pour l’inactivité physique [1]. De là à considérer que ces niveaux sont corrélés à la classe sociale, au statut des femmes et à des pays plus ou moins favorisés … Attendons les preuves.

 

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