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Personne de confiance : danger ?

Publié le par Bernard Pradines

La désignation d’une personne de confiance est à la mode en ce moment, douze ans après la promulgation de la loi prévoyant cette disposition.

Certes, il s’agit ici d’un progrès notable en terme d’expression de la volonté de la personne malade, en particulier quand cette dernière n’est plus en mesure de s’exprimer sur ses choix en matière de soins.

Pourtant, il convient de modérer cet enthousiasme. Des effets pervers se font actuellement jour.

Choisir par exemple la personne de confiance parmi ses enfants aboutit à privilégier, au moins symboliquement, l’un par rapport à d’autres. Ceci peut être contraire à l’équité cultivée de tous temps dans une famille.

Cette désignation peut être présentée comme obligatoire à des personnes peu informées de la loi, entrant en particulier en service hospitalier privé ou public ou même en EHPAD. Ceci est contraire à la loi.

Par ailleurs, aucun article de loi ne stipule que seule la personne de confiance est habilitée à recevoir des informations sur la santé de celle ou de celui qui l’a désignée. Si la famille comporte onze membres, rien de dispense les soignants de les informer tous de manière personnelle et adaptée à leurs interrogations.

Enfin, si aucune personne de confiance n’a été désignée ni aucune directive anticipée rédigée, la loi prévoit que la famille doit être non seulement informée mais aussi consultée, telle la personne de confiance, quant aux décisions à prendre lorsqu’un malade n’est plus en situation de s’exprimer.

Les dérives actuelles sont donc à dénoncer : obligation implicite ou explicite de désignation, information de la seule personne de confiance, refus de s’entretenir et d’obtenir l’avis d’un membre de la famille sous l’argument qu’il n’est pas la personne de confiance.

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Lettre à ceux que j’ai connus dans mon exercice professionnel

Publié le par Bernard Pradines

« Non, je n’ai pas oublié ». C’est le titre d’une chanson bien connue. Pour ma part, je n’ai pas oublié les visages de ces personnes, le plus souvent très âgées, qui m’ont accompagné tout au long des 18 ans et demi d’exercice en soins de longue durée. Oui, davantage que je ne les ai moi-même accompagnées. Que de richesse dans leurs yeux et, quand la parole était encore possible, dans leurs propos.

Quand je lis le rapport de l’observatoire national de la fin de vie (ONFV, 2011), le sentiment de m’être inscrit, avec tous les autres, contre une fatalité sociale cruelle me revient avec une force inouïe. Je cite, à propos de la période historique récente, un extrait de ce rapport :

« Le mourant, livré à lui-même et à ses souffrances à défaut de pouvoir en être délivré, est alors progressivement apparu comme la figure moderne du damné : condamné soit à faire l’objet d’un acharnement thérapeutique de la part d’une médecine qui refusait obstinément la mort, soit à être insidieusement remisé dans les « dépôts » des hôpitaux, véritables oubliettes de la modernité, privé de parole et victime d’une mise à mort sociale avant même sa mort physique. »

Voici, chers lecteurs, ce que nous avons fait mentir contre vents et marées, contre l’indifférence, voire l’hostilité. La difficulté fut immense. Il ne pouvait pas en être autrement, hier comme aujourd’hui. Nous avons parlé et agi, nous continuerons à le faire jusqu’à notre dernier souffle pour faire mentir l’ONFV.

Je veux rendre hommage à tous ceux, bénévoles ou professionnels, disparus et vivants, qui ont compris le sens de ce combat, l’ont partagé ainsi qu’à celles et ceux qui le poursuivent. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls, que partout en France où je me rends pour prolonger ma tâche, des femmes et des hommes veulent mettre l’humain au centre de notre destinée.

Publié dans SLD, bénévolat, fin de vie

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