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L’engouement pour la mort assistée (11) : j’avoue que j’ai vécu

Publié le par Bernard Pradines

L’engouement pour la mort assistée (11) : j’avoue que j’ai vécu

J’ai 72 ans. Si je reprends ce titre, "j'avoue que j'ai vécu", d’un grand écrivain et poète chilien[1], c’est pour témoigner d’une carrière médicale confrontée à de nombreux décès en SAMU, réanimation puis en unité de soins de longue durée jusqu’en 2010.

Au début de mon parcours professionnel, comme anesthésiste-réanimateur, j’ai été parfois sollicité pour adoucir la fin de la vie de malades qui ne pouvaient pas bénéficier, alors, des soins palliatifs que nous connaissons à présent. Je faisais alors ce que je savais faire : sédater ou endormir des personnes en grande souffrance. Nous qualifierions ceci différemment aujourd’hui.

Ce sont les progrès de l’accompagnement médical de la fin de vie qui m’ont progressivement conduit à des attitudes plus nuancées, mieux codifiées, mieux encadrées par les nouvelles lois de 2002 et 2005. J’ai anticipé la loi du 2 février 2016 à bien des reprises.

Au cours de ma carrière, j’ai eu à connaitre des pratiques discutables, par exemple dans des conditions de décès à domicile de patients qui ne voulaient pas rejoindre un établissement de soins et réclamaient d’en finir chez eux. Même en établissement, j’ai constaté des attitudes que je n’approuve pas dans ce domaine.

Ces expériences ont contribué à forger mon opinion : une législation qui autoriserait la mort sur prescription me semble dangereuse en donnant le feu vert à l’impatience au lieu de l’accompagnement de qualité ; une sorte de constat d’échec sanctionné par une attitude radicale et définitive.


[1] https://livre.fnac.com/a217706/Pablo-Neruda-J-avoue-que-j-ai-vecu

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Personnes âgées : l’inversion

Publié le par Bernard Pradines

Personnes âgées : l’inversion

En quoi l’inversion concerne-t-elle le grand âge ?

Chacun connaît les relations évolutives entre mère et fille. C’est la fameuse inversion des rôles entre mère et fille qui place la première en situation de dépendance de la seconde.

Dans un tout autre domaine, l’inversion du rythme nycthéméral peut faire prendre la nuit pour le jour et réciproquement. Insomnie nocturne et somnolence diurne se succèdent du fait des troubles du sommeil éventuellement aggravés par l’inactivité et les somnifères.

Je voudrais attirer l’attention sur un aspect peut-être moins connu.

L’inversion de la demande de soins me semble un concept intéressant pour mieux comprendre un défi posé par la dépendance. Ici, c’est l’aidant professionnel qui peut proposer voire imposer le soin à une personne qui ne le comprend pas ou ne le désire pas. Tout le contraire de notre vie habituelle où nous demandons à accéder au médecin et aux autres soignants. En effet, les soins sont généralement acceptés, sollicités ou même exigés par la population adulte. Ici, c’est le soignant qui doit se faire accepter. C’est lui, le plus souvent elle, qui vient au-devant de la personne malade. Ainsi, la reconnaissance n’est pas toujours au bout du soin, et pour cause. D’où le sentiment possible de pratiquer un métier ingrat sans reconnaissance de l’effort réalisé. Cette situation explique en partie la désaffection pour les carrières professionnelles auprès des personnes âgées dépendantes.

En prendre conscience, c’est mettre l’entourage familial, bénévole et soignant devant une responsabilité : celle de la considération pour les tâches accomplies, pas seulement pour les insuffisances quantitatives et qualitatives.

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