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La dépendance

Publié le par Bernard Pradines

image issue de : https://reassurez-moi.fr/guide/assurance-dependance/comparateur?msclkid=71f673af288e1dbbd068157e545ed419

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Le terme de « dépendance » est encore utilisé dans le domaine des personnes âgées nécessitant le recours à une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne ou bien une surveillance étroite. Dans les deux cas, l’apparition de la dépendance représente une évolution notable. Par exemple, une maladie d’Alzheimer ne sera pas forcément problématique aussi longtemps que la personne se suffira à elle-même. Mieux, les troubles cognitifs seront aisément imputés à l’âge qui s’avance.

Cependant, la mobilisation d’autrui impliquera par définition un investissement humain, au moins par une présence intermittente. Voici la « denrée » la plus difficile à trouver.

Le mot « dépendance » recèle par ailleurs d’autres interprétations à connotation négative. C’est ainsi que le dictionnaire Larousse évoque des définitions suggestives de privation de liberté et de soumission à autrui, à une autorité, à un marché ou à une substance [1].

Cette connotation est si négative que le terme d’autonomie est présenté inexactement comme son antonyme substitutif. En effet, on peut être dépendant en restant en principe autonome, c’est-à-dire à même de prendre des décisions et de les mettre en œuvre. Encore faut-il que les conditions de la dépendance, celles du sujet et celles des aidants, le permettent.

Rêvons un peu. La dépendance deviendrait une chance, celle d’être aidé en retour de son dévouement passé pour la société humaine. Quant à celle ou celui qui aide la personne dépendante, qu’il soit un proche ou un professionnel, il comprend que le fait d’être dépendant peut générer des réactions négatives qui apparaissent souvent comme de l’ingratitude. De plus il est fier et reconnu dans son rôle de solidarité dès la première personne vulnérable aidée.

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La gériatrie : une médecine difficile et passionnante

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.passeportsante.net/fr/specialites-medicales/Fiche.aspx?doc=geriatrie

Image issue de : https://www.passeportsante.net/fr/specialites-medicales/Fiche.aspx?doc=geriatrie

Le mot « gériatrie » tire son étymologie du grec ancien : la médecine des personnes âgées.

Ayant exercé cette discipline pendant 18 ans et demi en soins de longue durée[1]en France, je souhaite en souligner ici les spécificités dans un temps où les vocations ne sont pas au rendez-vous des besoins.

Il s’agit d’une médecine concernant des personnes souffrant de plusieurs maladies. Ainsi, si la médecine des jeunes personnes n’est pas forcément facile, elle s’intéressera souvent au diagnostic et au traitement d’une seule maladie ou d’un traumatisme. Ici, il faudra compter avec les intrications entre plusieurs pathologies. Par exemple, les poumons et le cœur présentent une proximité et une fonctionnalité étroitement interdépendantes. De plus, bien des maladies se traduiront de manière peu spécifique : confusion, chute, fatigue, insomnie, dénutrition…

La limite des explorations utiles constitue aussi un obstacle de poids. Au-delà du consentement obligatoire, chaque examen doit être pesé quant à sa faisabilité car il peut être mal supporté, même s’il est utile au diagnostic ou à la conduite du traitement. Par exemple, un simple scanner crânien doit être évité si le patient n’est pas coopérant.

La présence de plusieurs pathologies implique en général la proposition de plusieurs traitements médicamenteux. Leur maniement est rendu délicat par plusieurs facteurs dont une élimination variable par le foie et surtout par les reins. Ajoutons-y des effets secondaires plus fréquents et souvent plus difficiles à détecter. Ici aussi, les interactions entre médicaments sont d’autant plus prévisibles que la liste des prescriptions est longue.

De plus, il est parfois difficile de justifier une démarche diagnostique ou thérapeutique auprès des proches qui suspectent une obstination déraisonnable bien davantage qu’une perte de chance par abandon médical. Enfin, notre société ne cesse pas de s’interroger, à bas bruit ou explicitement, sur le bien-fondé des coûts générés par cette nouvelle médecine à l’heure des restrictions en tous genres.

Voici un bref aperçu, évidement incomplet, du défi qui attend celles et ceux qui veulent se dévouer auprès des personnes âgées malades. Un défi qui oblige mais dont la récompense est au bout du chemin : celui du dévouement reconnu quasi unanimement par les patients et leurs familles.

Commentaires de Marie-Christine Montandon. En effet, c'est la médecine du juste équilibre.
Respecter l'autonomie tout en tenant compte de possibles troubles cognitifs.
Prescrire ni trop, ni trop peu de médicaments.
Ne tomber ni dans l'obstination déraisonnable, ni dans le défaut de soins.
Toujours réfléchir aux conséquences d'un changement de lieu, d'habitudes, d'environnement.

Mais c'est aussi une spécialité qui remet en question les présupposés, qui crée de l'étonnement et réserve des surprises !

 

[1] USLD : unité de soins de longue durée. Ces termes sont employés en France pour désigner des unités d’hospitalisation au long cours, presque toujours dans des établissements publics. Comme en EHPAD, trois forfaits sont utilisés : seul le « forfait hébergement » est à la charge du résident, le « forfait dépendance » étant honoré par les départements et le « forfait soins » par l’Assurance Maladie.

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