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Etats-Unis - Directives anticipées : fortes résistances en milieu soignant

Publié le par Papi

Une patiente du Docteur Matlock, spécialiste américain en soins palliatifs avait pris la précaution de rédiger des directives anticipées précises et de les faire enregistrer chez son notaire. Le texte affirmait sans ambiguïté qu’elle ne souhaitait ni traitement de substitution à une fonction vitale, ni nutrition artificielle, ni hydratation, ni maison de retraite.

Après un grave AVC, elle a été hospitalisée et le chirurgien chef a décidé de lui poser une perfusion intraveineuse. Le Docteur Matlock, pensant que sa patiente connaitrait une fin plus paisible par déshydratation, a demandé au chirurgien chef d’interrompre la perfusion pour s’entendre dire que, pendant la deuxième guerre mondiale, on l’aurait pendu pour cette attitude.

Procès de Nuremberg à la fin de la deuxième guerre mondiale

Procès de Nuremberg à la fin de la deuxième guerre mondiale

Quelques jours plus tard la perfusion a été supprimée. La malade est décédée peu de temps après.

Deux ans plus tard, une étude (Goldstein et al, 2012) portant sur 663 spécialistes en gériatrie ou en soins palliatifs a été publiée. Elle révèle que la moitié des participants avaient entendu des confrères qualifier les soins palliatifs  d’euthanasie, de meurtre ou de tuerie. Par ailleurs, vingt-cinq médecins, soit  4%, avaient fait l’objet d’une enquête pour établir s’ils avaient provoqué un décès prématuré, soit en utilisant de la morphine, soit en prescrivant des substances médicamenteuse au cours de l’interruption d’une ventilation artificielle.

Le Docteur Matlock, réconforté par cette étude, a décidé d’exposer son cas sur le blog www.geripal.com . Il revient en détail sur son expérience et déplore que les spécialistes en soins palliatifs doivent enseigner à des « dinosaures  l’éthique médicale moderne ».

Sources

  • Un article du New York Times :

Among Doctors, Fierce Reluctance to Let Go

http://newoldage.blogs.nytimes.com/2012/03/29/among-doctors-fierce-reluctance-to-let-go/

  • La contribution du Docteur Matlock sur son blog :

http://www.geripal.org/2012/03/being-accused-of-murder.html

  • Pour aller plus loin:

Goldstein NE, Cohen LM, Arnold RM, Goy E, Arons S, Ganzini L. Prevalence of formal accusations of murder and euthanasia against physicians. J Palliat Med. 2012 Mar;15(3):334-9.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3295854/pdf/jpm.2011.0234.pdf

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Quel lien entre Alzheimer et benzodiazépines ?

Publié le par Bernard Pradines

Une étude récente publiée dans une revue médicale prestigieuse (voir en référence)  fait état d’un lien entre la maladie d’Alzheimer et la consommation de benzodiazépines lorsque ces substances sont absorbées pendant une durée supérieure à trois mois. 

Les benzodiazépines sont des médicaments fréquemment utilisés pour traiter l’anxiété et l’insomnie. L’opinion générale est qu’ils sont trop souvent et trop longtemps prescrits, en particulier  sous  la pression des malades et de leurs familles. Ils font courir des périls. Parmi eux figure le risque accru de chutes, surtout  chez la personne âgée.

Le problème est que la notion de lien n’est pas claire pour les média qui diffusent ces résultats et probablement aussi opaque pour un public non averti. En effet, un  lien ne signifie pas qu’il y ait causalité. Pour parler simplement, il n’est pas prouvé que les benzodiazépines entraînent l’apparition d’une maladie d’Alzheimer, même si on constate une coexistence troublante de ces deux données. Cette considération n’empêche pas un titre trop explicite dans une revue professionnelle tel que « Alzheimer : les benzodiazépines pendant plus de 3 mois augmentent le risque ». Une telle affirmation ne devrait voir le jour que si l’on envisageait en double-aveugle (la personne qui administre le médicament ou le placebo et celle qui le reçoit ne savent pas ce qu'elles donnent ou absorbent), dans deux séries comparables tirées au sort de patients âgés non-Alzheimer. Aux uns l’administration de benzodiazépines, aux autre non.

Comme l’écrivent  les auteurs eux-mêmes quant à l’hypothèse d’une production de la maladie par ces médicaments   :

« En somme, nous ne pouvons pas exclure d’autres hypothèses. Par exemple que l’anxiété et les troubles du sommeil, deux des indications principales des benzodiazépines, puissent être associés avec des lésions précoces de type amyloïde au niveau du cerveau (celles qui sont retrouvées dans la maladie d’Alzheimer, NDLR) et que l’anxiété persistante du milieu de la vie puisse être associée à un risque plus grand de démence chez les personnes âgées. Ainsi, l’utilisation des benzodiazépines pourrait être un marqueur précoce d’une condition associée à un risque accru de démence et non sa cause »

Attention donc aux déductions trop rapides susceptibles de donner des faux espoirs dans la lutte contre la terrible maladie.

Référence :

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4159609/pdf/bmj.g5205.pdf

 

Publié dans médicaments

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