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Vaccin : essais de phase 3, c'est parti

Publié le par Bernard Pradines

Vaccin : essais de phase 3, c'est parti

La première grande étude sur l'innocuité et l'efficacité d'un vaccin contre le coronavirus aux États-Unis a débuté lundi matin, selon le National Institutes of Health et la société de biotechnologie Moderna qui ont collaboré pour développer le vaccin.

L'étude, un essai clinique de phase 3, recrutera 30 000 personnes en bonne santé dans environ 89 sites à travers le pays cet été. La moitié recevra deux injections du vaccin à 28 jours d'intervalle et l'autre moitié recevra deux injections d'un placebo : du sérum physiologique. Ni les volontaires ni le personnel médical qui administrent les injections ne sauront qui recevra le vrai vaccin (double aveugle ou double insu).

Les chercheurs surveilleront ensuite les sujets à la recherche d'effets secondaires. Leur objectif principal sera de vérifier si beaucoup moins de personnes vaccinées contractent la Covid-19 afin de déterminer si le vaccin peut prévenir la maladie. L'étude tentera également de savoir si le vaccin peut éviter des cas graves de Covid-19 et les décès, s'il peut bloquer complètement l'infection sur la base de tests de laboratoire et si une seule injection peut prévenir la maladie.

De son côté,  Pfizer  a annoncé en fin d'après-midi lundi 27 juillet 2020 qu’une  étude de stade 3  d'un vaccin contre le coronavirus va être initiée. Pfizer travaille avec une société allemande, BioNTech. Leur étude comprendra également 30 000 personnes dans 39 États des États-Unis, au Brésil, en Argentine et en Allemagne.

Les premiers sujets ont reçu des injections à l'Université de Rochester (New York) le lundi 27 juillet 2020.

Le gouvernement des Etats-Unis a annoncé la semaine dernière qu’il avait conclu un accord de 1,95 milliard de dollars pour acheter 100 millions de doses du vaccin de Pfizer d’ici la fin de l’année à condition que l’essai s’avère efficace et sans danger.

Source :

Publié dans Covid-19, prévention, politique

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Polémiques sur le temps du mourir

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.medicalnewstoday.com/articles/321487#causes

Image issue du site : https://www.medicalnewstoday.com/articles/321487#causes

Je demeure toujours surpris par les débats sur la durée de la phase terminale des maladies mortelles.
 
Pour nous médecins, ce qui compte d’abord est la qualité de ce moment, non sa quantité. Pourtant, force est de constater que cette période peut devenir insupportable à des familles ou même à des soignants et des bénévoles en souffrance. Dans notre société de vitesse, de performances et de programmation,  une telle situation est devenue incongrue. En effet, elle n’est pas toujours prévisible dans son occurrence ni dans sa durée.  Ceci dérange des vies planifiées parfois jusque dans les moindres détails. Pour se résumer de manière triviale, il faudrait que tout aille vite, dès lors que le pronostic vital est engagé à court terme. Un exemple : dois-je prévenir une famille qui habite et travaille à Strasbourg du fait que son parent soigné à Albi va peut-être entrer en phase terminale ? Au risque de voir cette famille faire le voyage pour accompagner son proche et attendre que la prédiction incertaine se réalise ? Pourtant, si je ne la préviens pas, elle me formulera le reproche de ne pas lui avoir permis d’être présente dans ce temps si important. Qui plus est, elle n’aura pas pu organiser les obsèques de manière anticipée.
 
Dans le domaine de la cancérologie, cette difficulté est toutefois moins prégnante que dans la fin de vie des maladies neuroévolutives, en particulier la maladie d’Alzheimer et les pathologies apparentées. En effet, dans ces dernières  situations, il est encore plus difficile de fixer constamment un pronostic vital en termes d’échéance prévisible.
 
Un autre aspect du débat concerne la sédation de fin de vie qui peine à se démarquer de l’euthanasie malgré sa nature fondamentalement différente. Ainsi, Naosuke Yokomichi rapporte-t-il lors du dernier congrès de l’Association Européenne de Soins Palliatifs (EAPC) les résultats d’une étude[1] innocentant la sédation terminale en cancérologie comme facteur d’accélération de la fin de la vie.
 
En conclusion, soulager les symptômes pénibles en fin de vie se heurte à deux critiques sociétales face auxquelles les explications régulières n’ont pas encore réussi à rassurer nos contemporains : d’une part une accélération suspecte d’euthanasie, d’autre part un ralentissement de cette phase suspect d’obstination déraisonnable.  Sans oublier l’imprévu qui peut apparaitre comme de l’imprévoyance, elle-même suspecte d’incompétence.
 
Le chemin des soins palliatifs est difficile et pourtant indispensable.  
 
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