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Prendre le temps

Publié le par Pierre Caro

Image issue de https://www.youtube.com/watch?v=nF6HWzmoY4M

Image issue de https://www.youtube.com/watch?v=nF6HWzmoY4M

 
 Prendre le temps
 
Le temps vécu
celui de l’instant,
ou du moment.
Il n’est déjà plus
le temps qui passe,
un autre a pris sa place,
pourquoi avoir inventé
la pendule pour le compter ?
 
Entre deux temps
il y a un temps,
celui que la graine qui,
du fruit tombé et disparu,
en mémoire de son vécu,
d’une nouvelle envie de vie,
prend le temps
d’un nouvel élan.
 
Je prends le temps ou le temps me prend.
De lui ou de moi, qui prend l’autre ?
Ma mémoire, souvenir d’un temps passé,
alors que je suis devenu personne âgée,
m’aide pour vivre le temps présent,
le saisissant, comme un gourmand,
partageant amour, joie, désir, rire
autant que bonheur, plénitude et plaisir.
 
Prendre mon temps est la seule perception
que je ressens du rythme de mes émotions.
Je peux connaître la peur, être triste parfois,
alors je cherche soutien auprès de mes proches,
et les temps de lecture, écriture, potager et jardin,
qui sont des garanties assurées pour aller bien,
reculer le temps où la mort qui approche
soit repoussée dans un siècle de longévité.
 
Je n’ai aucun pouvoir sur le temps
mais si je ne le ménage pas
je n’aurai plus le choix
il me prendra.
 
 
 
Pierre Caro
Retraité professionnel

Publié dans gerontologie

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Déserts médicaux : les personnes âgées parmi les premières victimes

Publié le par Bernard Pradines

Source de l'image : https://comptamed.com/2019/05/22/lutter-contre-les-deserts-medicaux-il-existe-des-aides-contre-linsuffisance-de-loffre/

Source de l'image : https://comptamed.com/2019/05/22/lutter-contre-les-deserts-medicaux-il-existe-des-aides-contre-linsuffisance-de-loffre/

Les temps changent. Il y a, pourquoi ne pas s’en réjouir, de plus en plus de personnes âgées. Si vous écoutez le clairon répétitif de l’optimisme, la vieillesse n’est pas une maladie. D’autres, plus perspicaces, nous rappellent que la vieillesse s’accompagne bien davantage de maladies chroniques que toute autre période de la vie. Proportionnellement au nombre des personnes concernées, les difficultés de mobilité et les troubles cognitifs y sont bien plus fréquents qu’à tout autre âge. Les consultations demandent souvent une durée plus longue car plus complexes et concernant des personnes plus lentes physiquement et intellectuellement.

Si les visites à domicile disparaissent, nul doute que bien des patients ne consultent pas à temps. Quand ils doivent s’y résoudre, en l’absence de « permanence des soins »[1], c’est vers des urgences hospitalières qui ne sont pas prévues à cet effet car calibrées pour les pathologies graves et aigues. Sans parler du déplacement en ambulance qui peut être au moins désagréable, au plus traumatisant malgré les attentions bienveillantes des ambulanciers. Sans compter le coût indu. Ce phénomène peut être accru pour des résidents d’EHPAD ne possédant plus de médecin traitant devenu introuvable[2]. Que dire des soins palliatifs qui nécessitent une surveillance attentive de proximité, parfois heureusement maintenue par des paramédicaux déterminés, y compris la nuit et le week-end ? Si tel n’est pas le cas, faudra-t-il s’étonner de la pression en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté, techniques programmables et expéditives ?

Face à une situation qui s’aggrave du fait de la perspective de retraite des générations âgées de médecins, il devient urgent de réagir en envisageant toutes les voies possibles pour limiter un désastre annoncé. Ainsi, le regroupement de soignants, par exemple en centres de santé pourvus d’antennes plus ou moins distantes, la participation accrue de paramédicaux aux activités médicales, l’allégement des tâches indues de secrétariat et de gestion qui incombent aux médecins[3], sont-elles des pistes de réflexion urgente à envisager. Il est temps de s’impliquer dans un engagement citoyen interpellant les élus et la puissance publique. Ceci pour ne pas en arriver à la coercition sur les médecins en obligeant certains d’entre eux à s’installer contre leur volonté car il n’y aura plus d’autre solution. Une régulation[4] qui ne réparerait même pas à elle seule des politiques imprévoyantes menées depuis des décades.

 

[1] Permanence des soins : terme technique qualifiant la garde médicale  ininterrompue

[2] Souvent aussi sans médecin coordonnateur

[3] La paperasse dont ils se plaignent

[4] Certains parlent de contrainte

Article paru dans AgeVillagePro le 13 avril 2022 :

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