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Relations soignants-soignés : du paternalisme à l’autonomie ?

Publié le par Bernard Pradines

Au cours de ma carrière médicale, j’ai assisté à des mutations inédites. Parmi elles, l’évolution du mode relationnel entre soignants et soignés.

Le paternalisme dominait autrefois ce champ : schématiquement, le médecin sait ce qui est bon pour son malade. Il agit pour son bien et prescrit les mesures thérapeutiques utiles de manière bienveillante mais autoritaire, explicitement ou implicitement. Il demeure des domaines où cette attitude a encore cours. Comme seul exemple, on la retrouve dans l’interprétation erronée de la loi du 4 mars 2002 qui consiste à imposer de facto une personne de confiance lors de l’entrée dans un établissement de soins. Paradoxalement, cette attitude est justifiée par le souci de préserver l’autonomie du malade.

Dans un deuxième temps qui n’est pas encore clos, loin de là, l’attitude est « compréhensive ». Elle consiste, pour le soignant, à se mettre à la place du soigné. Posture a priori « empathique » pour utiliser un mot à la mode. Ce modèle présente de nombreux avantages sur le précédent. Par exemple celui de la règle d’or : « traite les autres comme tu voudrais être traité » ou « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ». Toutefois, il comporte un inconvénient majeur : je ne peux pas me mettre à la place de Monsieur Dupont car je ne suis pas Monsieur Dupont. Lui c’est lui, moi c’est moi. Nos attentes ne sont pas forcément les mêmes en matière de santé. De manière plus triviale, quand vous êtes hospitalisé(e), vous pouvez souhaiter trois couvertures pour dormir alors que je me contenterai d’une seule. Ce n’est pourtant pas un détail car ceci peut obérer votre sommeil.

Dans un troisième temps, c’est l’autonomie qui est recherchée : au sens étymologique grec du terme, le patient se détermine selon ses propres lois. Dans cette perspective, seul le dialogue permet de s’approcher des besoins et des désirs de la personne soignée. Encore faut-il d’abord que le temps ne manque pas pour ce faire. Si la personne n’est pas en mesure de s’exprimer, ce sont des entretiens avec son entourage doublés d’une observation attentive et collective qui iront au-devant d’un accompagnement de qualité.

Un long chemin, ou plutôt un cheminement à tâtons, hétérogène et difficile. 

Publié dans éthique

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Alzheimer et mycose

Publié le par Bernard Pradines

Image en lien avec le site : http://canailleaubois.canalblog.com/

Image en lien avec le site : http://canailleaubois.canalblog.com/

Encore une étude (Pisa et al, 2015) qui pose le problème d’interprétation des données : on retrouve une coexistence de lésions mycosiques (terme médical pour les champignons microscopiques) au niveau du cerveau et la maladie d’Alzheimer.

Alors commencent les interrogations trop souvent remplacées par des affirmations :

Le point.fr titre : « Alzheimer : et si une mycose était à l'origine de la maladie ? »

Scienceetavenir.fr : « Alzheimer : et si des mycoses étaient à l'origine de la maladie ? »

Luxeradio.ma : « Alzheimer : la découverte de mycoses relance la piste infectieuse. »

Sudouest.fr : « Une étude ouvre la porte à un traitement infectieux de la maladie d'Alzheimer »

En fait, il convient de s’interroger plus avant sans conclure. Dans ce but, les auteurs émettent une mise en garde (traduction personnelle) :

« L’existence d’une infection mycosique chez les patients Alzheimer peut être due à son implication dans l’étiologie de la maladie mais il est possible que, pour des raisons inconnues, ces patients soient davantage enclins à présenter cette infection. Le fait qu’il s’agisse de personnes âgées ayant une réponse immunitaire faible, ou encore les modifications dans l’alimentation et l’hygiène vestimentaire pourraient contribuer à l’émergence d’infections mycosiques. »

Des phrases de bon sens où l’on retrouve la « causalité inverse » et les « facteurs de confusion ».

Une fois de plus, nous nous retrouvons devant des déductions hâtives qui demandent de se pencher sur le texte initial, le plus souvent en anglais, afin de mieux envisager les biais des résultats. Le problème demeure des titres accrocheurs dont on devine l’intérêt qu’ils suscitent mais aussi les faux espoirs qu’ils génèrent.

Source:

Pisa D, Alonso R, Rábano A, Rodal I, Carrasco L. Different Brain Regions are Infected with Fungi in Alzheimer's Disease. Sci Rep. 2015 Oct 15;5:15015.

Texte intégral :

http://www.nature.com/articles/srep15015

Publié dans Alzheimer

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