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Dépression en fin de vie

Publié le par Louis Lacaze

Dépression en fin de vie

La recherche en psychologie a réalisé de belles avancées dans la différenciation de ce qui relève de la dépression, du chagrin, de l’anxiété, de ce qui est normal et de l’anormal. Savoir les mettre en pratique pour améliorer la santé mentale ne vient pas toujours à l’esprit naturellement.

Le recours à un psychologue peut présenter des difficultés ; s’il est disponible, il ne disposera pas toujours de temps suffisant pour apporter une psychothérapie sans avoir recours à des médicaments certes efficaces pour traiter la dépression en fin de vie mais qui ont tous des effets secondaires et réclament beaucoup de prudence quand ils vont accompagner opiacés, benzodiazépines etc.

On ne diagnostique pas une dépression, on observe des symptômes dépressifs qui évoluent selon des trajectoires variées pour se stabiliser en général trois mois avant le décès.

Au cours de la dernière année de vie un tiers des seniors présentent suffisamment de signes justifiant la recherche d’un état dépressif et son traitement. Au cours du dernier mois de vie la proportion s’élève aux deux tiers et le chiffre est jugé sous-estimé. La situation est insupportable.

Si la détection des cas doit retenir l’attention on doit noter que leur suivi dans le temps est primordial. Les psychologues ont un rôle essentiel à jouer, encore faudrait-il qu’ils soient suffisamment nombreux avec beaucoup de temps disponible pour assister les seniors jusqu’à leur dernière extrémité.

Commentaires de Bernard Pradines. Il est intéressant de comparer les pratiques selon les pays. En France, les psychologues ne prescrivent pas de médicament. Seuls les médecins ont cette possibilité dans ce domaine. Par ailleurs, je ne suis pas convaincu que l’on puisse déléguer aux seuls psychologues l’accompagnement de la dépression de fin de vie. Il appartient à tout l’entourage de ne pas fuir ces situations : pour cela l’aide des psychologues peut en effet être bénéfique sans défausser quiconque de ses responsabilités. Il ne faut pas qualifier toute tristesse de dépression. Il faut savoir que certaines situations de fin de vie sont réfractaires aux antidépresseurs et requièrent une présence bienveillante, ce qui est plus difficile à obtenir que la simple administration d’un médicament.

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Docteur, prenez soin de vous !

Publié le par Louis Lacaze

Docteur, prenez soin de vous !
Docteur, prenez soin de vous !

Les cas de burnout dans la communauté médicale américaine ont toujours atteint un niveau préoccupant avec un chiffre d’environ 400 suicides tous les ans pour se retrouver brutalement au premier plan avec le décès du Dr Lorna M Breen, responsable du service des urgences d’un des plus grands hôpitaux de New-York. Le Dr Green, rescapée du covid-19, souffrait de se sentir impuissante devant l’afflux de malades et leur taux de mortalité élevé. Après avoir suivi un traitement psychiatrique, elle a refusé de courir le risque de voir sa carrière professionnelle porter les stigmates de ce traitement et décidé de mettre fin à ses jours.

Cette réticence du personnel soignant devant les ressources de la psychiatrie a conduit les spécialistes à créer des structures permettant aux différents personnels soignants de voir que leur cas est loin d’être isolé. Des programmes pouvant s’étaler sur huit semaines au rythme de deux heures hebdomadaires permettent des échanges sur internet, des exercices de respiration, de méditation, des conversations avec des confrères spécialistes bénévoles.

L’objectif est de diminuer l’effet de burnout, d’éliminer les pensées suicidaires, de convaincre les soignants que veiller sur la santé de leurs patients implique qu’ils doivent avant tout veiller sur eux-mêmes.  Trop souvent se glisse dans l’état dépressif un sentiment de culpabilité qui peut s’exprimer ainsi : « avec davantage d’exercice physique, un meilleur régime alimentaire, je n’en serais pas là ». Il est suggéré par une lectrice que si le personnel médical ne devait pas consacrer une grande partie de son temps à des tâches administratives, à remplir des formulaires et dossiers, une cause essentielle d’usure disparaitrait. Ce qui suppose une réforme administrative d’une ampleur certaine.

Commentaires de Bernard Pradines : intéressant de savoir que cette consœur s’est suicidée au moins en partie pour ne pas « courir le risque de voir sa carrière professionnelle porter les stigmates de ce traitement ». Ceci a le mérite de pointer le fréquent et incroyable déni des problématiques psychiques dans l’univers soignant. Autrement dit, c’est la réputation du soignant qui est en jeu ici alors qu’une fracture de jambe, même occasionnée par une prise de risque inconsidéré lors des loisirs, n’aura jamais cette connotation dévalorisante. D’où le refus de s’envisager comme ayant besoin d’aide alors que dans le cas de traumatisme physique évoqué ci-dessus, l’intervention d’une équipe chirurgicale et anesthésiste est évidente et incontestable.

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