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La nature de la souffrance et les objectifs de la médecine

Publié le par Louis Lacaze

La nature de la souffrance et les objectifs de la médecine

La médecine considère la souffrance comme une perte du sens de soi, un fossé qui s’ouvre en soi et crée un espace qui s’interpose entre mon moi et moi-même, entre le mode où je me trouve et le monde ou la vie où j’aimerais me trouver. Or de nos jours, notre société et le monde médical peuvent cultiver l‘idée selon laquelle la douleur et la souffrance doivent être bannies, en particulier lorsque la mort approche.

Des spécialistes en soins palliatifs, aux premiers rangs dans la lutte contre la douleur et les autres symptômes pénibles, pensent que la médecine est partie dans une mauvaise direction si elle soigne seulement avec des médicaments toute une variété de souffrances physiques et/ou psychologiques d’origines variées : culturelles, sociales, politiques, spirituelles ou religieuses. L’explication est simple : la pharmacologie est la seule discipline à laquelle les médecins ont été vraiment formés au cours de leurs études. En tout cas, il y aurait beaucoup d’orgueil dans la prétention de soulager toute souffrance ; comment évaluer quelle est la souffrance d’autrui ? Nos compétences nous permettent-elles de toujours la soulager ? Vers où nous tourner après échec ?

Plutôt qu’un signe de pessimisme et de découragement, le catalogue des difficultés incite à la modestie, qualité traditionnelle reconnue de tous ceux qui luttent contre la souffrance.

Si la personne ne peut pas s’exprimer, nous revenons à une observation attentive des comportements chez le patient non verbalisant. L’avis des infirmières est précieux. Si elles pensent qu’il souffre, elles peuvent s’appuyer sur des arguments venant compléter ou infirmer une impression préliminaire. Par exemple, nous avons souvent évoqué sur ce blog les manifestations non verbales des douleurs.

Dans le domaine psychique, il n’est pas aisément loisible de trouver un sens à la vie d’autrui à sa place, à se reconstruire une identité et à ne plus souffrir. L’avis des psychiatres et des psychologues, quand il est disponible, est en tout cas indispensable.

Source

Geripal animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD  The Nature of Suffering: BJ Miller and Naomi Saks

Today we talk about suffering in the many forms we encounter in palliative care.  Our guests are BJ Miller, palliative care physician …and Naomi Saks, chaplain at UCSF. 

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Aidants : vaincre la crainte de mécontenter

Publié le par Louis Lacaze

Aidants : vaincre la crainte de mécontenter
Aidants : vaincre la crainte de mécontenter

Il arrive qu’un membre particulier de la famille, devenu aidant(e) soit régulièrement sollicité pour accomplir les tâches les plus ingrates et les plus chronophages, particulièrement lorsqu’un membre âgé de la famille se retrouve fortement dépendant au domicile. S’il réside en EHPAD, l’essentiel des visites et les formalités administratives incomberont à un(e) volontaire désigné(e) d’office qui par peur de déplaire se plie à toutes les demandes : celles du résident et du reste de sa famille.

Cette acceptation systématique des demandes peut remonter à des origines lointaines : autorité parentale très stricte, frères ou sœurs dominants passant toujours en premier, attribution de rôles en fonction de l’héritage à venir. L’ainé, surtout l’aînée, un membre sans profession de la famille peut se retrouver sollicité sans la prise en compte de ses activités personnelles. La peur d’engendrer des conflits, d’être rejeté(e) peut être paralysante.

Au fil du temps, cependant, cette habitude d’abandonner sa liberté pour faire plaisir aux autres engendre un sentiment accru de solitude et du ressentiment et peut déclencher une forte envie de réagir. Pour s’armer de courage et éviter des résistances probables, une bonne stratégie se prépare à l’avance. Une première étape définit les limites de ce qu’on est prêt à accepter avec l’engagement de s’y tenir. Dès l’amorce de la sollicitation, annoncer fermement aux protagonistes que vous allez les décevoir car il n’est pas question que vous soyez constamment disponible. Si cette réaction inattendue soulève des objections, ou même déclenche un harcèlement, il s’agit de rester ferme. Cette nouvelle personnalité peut surprendre ceux qui vous toujours vu tout accepter mais ils finiront par accepter votre décision.

Commentaires de Bernard Pradines. Pour compliquer le tout, la désignation n’est pas toujours exclusivement le fait d’autrui. L’autodésignation existe aussi, par exemple par proximité géographique ou affective plus favorable pour un descendant donné. Ainsi, la dimension de « fardeau » mal réparti peut jouer son plein effet. Mais ceci n’invalide pas les considérations traduites ci-dessus de l’américain par Louis Lacaze. L’essentiel est certainement la solidarité intrafamiliale, la coordination des intervenants et l’effort pour une meilleure répartition des tâches. Moyennant quoi, au risque de surprendre, je peux témoigner du plaisir à être aidant quand les conditions favorables sont réunies.

Référence :

Jancee Dunn, Well The New-York Times How to Stop Being a People Pleaser

People pleasing, the tendency to prioritize other people’s wants and needs at the expense of your own, happens for a range of reasons … Some of us formed the habit as children and carried it into adulthood, while others use it to deal with social inadequacy or anxiety, or a fear of conflict.

Publié dans aidants

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