Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Etablissement américain pour personnes âgées : le quotidien d’un résident

Publié le par Louis Lacaze

Etablissement américain pour personnes âgées : le quotidien d’un résident

Parfois, Martin Bayne ne parle plus qu'à voix basse, presqu'en chuchotant, comme beaucoup de personnes atteintes d'une forme avancée de la maladie de Parkinson. Mais sa voix porte loin.

Un résident américain, Martin Bayne, atteint par la maladie de Parkinson, fut interviewé en 2013 sur son vécu de résident d’un établissement de soins de longue durée (long-term care). Auteur de blogs, habitué à s’exprimer, il avait l’ambition de parler aussi au nom de celles et ceux qui ne peuvent pas se raconter verbalement et parvenus au sentiment de ne plus avoir de voix »

Judith Graham, journaliste du New York Times a donné à Martin Bayne l’occasion de s’exprimer. En voici de larges extraits.

Q. –Vous souffrez ?

R. –Je souffre 80% du temps, en particulier de ma maladie de Parkinson et d’insuffisance cardiaque congestive. Mais ce n’est rien par rapport à la douleur que je qualifie d’émotionnelle.

Q. – Que voulez-vous dire ?

R. – On se répète continuellement « tout va bien, pas de problème. » Mais tout au fond de moi, tout ne va pas bien. Le cauchemar de la dépression et de l’anxiété me hante en permanence. Et je ne suis pas le seul. C’est le cas de tout le monde autour de moi, mais personne ne veut parler de sa souffrance. Personne ne veut dire ici à quel point il se sent seul, oublié du monde qui l’entoure.

Q. –Que peut-on faire ?

R. –Certains restent jour et nuit devant la télévision. Et partout règne ce que qualifie de désespoir ambiant.

Il y a ici un besoin craint de professionnels en santé mentale.

Quelquefois il suffit de poser la main sur une épaule. De ramasser une fourchette que quelqu’un a laissé tomber à la salle à manger. Simplement de s’asseoir à côté de quelqu’un. D’essayer de soulager celui qui souffre. Ces petites choses sont de petites victoires. Je touche les autres, par exemple sur la main, chaque fois que j’en ai l’occasion. Les hommes ont besoin d’être touchés. On ne les touche jamais. C’est contraire à nos usages. Quand vous les touchez, vous établissez une connexion magique.

Q. – Que pensez- vous des visiteurs ? Apportent-ils quelque chose ?

R. – J’ai rencontré des gens formidables. Quand ils franchissent la porte, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils ont sous les yeux. Ils sont dans un autre monde ; nous sommes bien dans un monde différent. Par conséquent on se contente de parler de petits riens. Ils vous disent volontiers « comment vous sentez vous aujourd’hui ? Vous avez dragué les infirmières ? » Au lieu de « j’ai entendu dire que vous alliez mourir. C’est vrai ? Est-ce que peux faire quelque chose pour vous à ce moment de la vie ? »

Q. – Que feriez-vous si vous en aviez le pouvoir ?

R. – Quand quelqu’un arriverait dans l’intention de s’inscrire, je l’installerais avec dix autres résidents et on lui demanderait « qu’est-ce qui vous passionne dans la vie ? Qu’est-ce qui vous intéresse ? Que voulez-vous faire de votre vie ? Si vous n’avez pas de réponse à ces questions, on ne vous accepte pas. Ici nous voulons former une communauté vivante.

 Il y aurait un comité d’accueil pour chaque nouveau résident. Dès votre arrivée, vous seriez accueilli comme un roi ou une reine. On vous montrerait qu'on tient à vous.

Ensuite on vous ferait visiter les lieux. On vous ferait comprendre que vous êtes quelqu’un d’important pour nous. On vous trouverait un petit travail à faire, quelque chose qui pourrait être très simple mais avec une responsabilité de tous les jours.

Et toutes les semaines on se réunirait. On parlerait de ce qui nous paraît important. Il n'y aurait pas de chef. Nous serions simplement assis ensemble, parfois à pleurer, parfois à rire. Une activité serait intitulée « me toucher, vous toucher ». On établirait un contact physique, on danserait. On ferait de l’exercice tous les jours, c’est très important : vous montrez que vous voulez profiter le plus possible des jours qui vous restent à vivre. Pour la même raison trouvez- vous de vraies activités intellectuelles. Pas de celles qui ne font que tuer le temps avant le grand départ.

Q. – Et ce sentiment de désespoir ?

R. – Il y en aura toujours. Il y aura toujours des gens qui comme moi ont connu une vie formidable. Et qui maintenant essaient de garder la tête hors de l’eau à côté de gens qui meurent constamment, qui perdent la raison devant vos yeux. Quand ça devient insupportable vous devez vous trouver une occupation. Moi j’ai mon ordinateur et j’écris.

Q. – Voyez- vous des signes d’amélioration possible ?

R. – Les choses changeront vraiment quand le personnel ne sera pas sous-payé, qu’il sera plus nombreux. De nombreux employés sont des femmes de couleur qui travaillent comme des cinglées. A condition que l’on traite les employés comme des êtres humains, comme nous aimerions être nous-mêmes traités. Sans quoi, c’est l’impasse, nous n’avancerons pas.

Référence :

 http ://newoldage.blogs.nytimes.com/2013/03/20/how-to-live-in-assisted-living/

 

 

Partager cet article
Repost0

…

Le Covid long n’épargne pas les seniors

Publié le par Louis Lacaze

Le Covid long n’épargne pas les seniors

D’après l’OMS, on peut parler de Covid long lorsque les symptômes persistent ou que de nouveaux apparaissent trois mois après l’infection initiale et se prolongent pendant au moins deux mois ; ils peuvent persister pendant deux ans.

En France, comme au Royaume-Uni ou aux États-Unis, afin de favoriser une prise en charge médicale rapide des patients souffrant de symptômes persistants, la Haute Autorité de Santé a recommandé que le délai de reconnaissance en tant que Covid long soit de 4 semaines après le début de l’infection. Ce seuil de 4 semaines permet de ne pas retarder le diagnostic d’une éventuelle autre maladie, et de prendre en charge précocement les manifestations graves ou urgentes afin d’éviter une dégradation de l’état de santé des patients. Entre 4 semaines et 3 mois après l’infection, on parle parfois d’infection COVID-19 symptomatique prolongée plutôt que de Covid long [1].

Pour Fung [2] en 2023, environ 30 % des patients hospitalisés pour COVID-19 ont développé un Covid long. Chez une proportion similaire de patients, des symptômes similaires à ceux du Covid long peuvent apparaître après une grippe dite prolongée, mais il existe des différences notables dans la symptomatologie entre le Covid long et la grippe prolongée. L'impact du Covid long sur le recours aux soins de santé est plus important que celui de la grippe prolongée.

Si les personnes âgées ne sont pas globalement plus sujettes au Covid, elles risquent davantage de présenter quatre groupes particuliers de symptômes. On relève des troubles métaboliques y compris l’apparition d’un diabète sucré, d’un taux élevé de cholestérol, des pathologies cardiovasculaires dont des accidents vasculaires cérébraux, des maladies gastro-intestinales. Ne disparait pas le cortège des douleurs, fatigue, faiblesse musculaire, et problèmes de santé mentale.

Les symptômes les plus couramment signalés comme ayant un impact sur la vie quotidienne sont :

  • un épuisement, souvent aggravé à l’effort (physique ou intellectuel) ;
  • les symptômes cardiorespiratoires (en particulier l’essoufflement ou la tachycardie) ;
  • une diminution de la capacité à raisonner, se concentrer et à se souvenir, avec une grande fatigabilité, parfois pendant plusieurs jours, après avoir accompli des tâches mentales usuelles (le « brouillard cérébral ») [3].

La meilleure façon de se protéger du Covid long est de se protéger du SARS-CoV-2. La vaccination et les rappels n’éliminent pas le risque mais le réduisent de 15 à 50% selon les études. Une vigilance quotidienne est recommandée avec le port du masque dans les endroits à risque, la fréquentation la plus faible possible des lieux connus pour favoriser la contamination, restaurants, sites commerciaux fortement fréquentés. Toute infection détectée par un test devra être immédiatement faire l’objet d’un suivi médical.

Commentaires de Bernard Pradines. Nous employons le terme courant masculin de Covid long bien que l’étymologie des mots anglais soient en faveur du féminin car le « d » terminal du mot Covid désigne une disease (maladie). Selon Watanabe [4] et al en 2023 la vaccination contre la COVID-19 avant l'infection par le SARS-CoV-2 est associée à un risque plus faible de COVID long, tandis que la plupart des personnes souffrant de COVID long n'ont pas présenté de changements symptomatiques après la vaccination. Un argument en faveur du port du masque, en particulier chez les patients souffrant de COVID long.

Références

Paula Span The New-York Times Long Covid Poses Special Challenges for Seniors

Ask Patricia Anderson how she is doing, and you probably will not get a routine answer. “Today, I’m working and I’m fine,” she said on a recent Tuesday. “Saturday and Sunday, I was bedridden. Long Covid is a roller coaster.”

Lire aussi

Décréter le retour du masque (au moins pour les professionnels) dans les hôpitaux, les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes et tous les lieux de soins sera-t-elle la première décision de Catherine Vautrin la toute nouvelle ministre de la Santé …rien n’est moins sûr.

Bertrand Herrer JIM Le risque de Covid long a diminué, mais il persiste

Les séquelles de l’infection par SARS-CoV-2, également appelées « Covid long », peuvent affecter de nombreux organes. Le risque de syndrome post-Covid ou Covid long (CL) semble augmenter avec la gravité de l’infection et la présence de pathologies préexistantes ; ce risque semble diminuer après la vaccination contre la Covid-19.

Postacute sequelae of severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2) infection (PASC) can affect many organ systems


[2] Fung KW, Baye F, Baik SH, Zheng Z, McDonald CJ. Prevalence and characteristics of long COVID in elderly patients: An observational cohort study of over 2 million adults in the US. PLoS Med. 2023 Apr 17;20(4):e1004194. doi: 10.1371/journal.pmed.1004194.

[4] Watanabe A, Iwagami M, Yasuhara J, Takagi H, Kuno T. Protective effect of COVID-19 vaccination against long COVID syndrome: A systematic review and meta-analysis. Vaccine. 2023 Mar 10;41(11):1783-1790. doi: 10.1016/j.vaccine.2023.02.008.

Publié dans COVID-19

Partager cet article
Repost0

…