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Voyager dans le temps permet d’augmenter sa résilience

Publié le par Louis Lacaze

Voyager dans le temps permet d’augmenter sa résilience

Le mot « résilience » a largement débordé le domaine de la résistance des matériaux. En psychologie, il désigne la capacité de surmonter un traumatisme, de retrouver un état d’équilibre après un évènement exceptionnel, évènements qui n’ont pas manqué en 2020 et 2021.

 En période de restrictions de mouvement et de vie sociale, il est parfois suggéré de ne penser qu’au temps présent, de se laisser vivre au jour le jour avec pour conséquence de se retrouver plongé dans un monde d’ennui. Les psychologues suggèrent tantôt d’explorer le passé pour retrouver des moments de bonheur, tantôt de se projeter en imagination dans l’avenir. La routine quotidienne passe au second plan, ponctuée par des moments de plaisir. Pourquoi ne pas s’imaginer voyager dans le temps, se retrouver dans un futur où la covid-19 ne représente plus qu’un évènement historique, où le cancer a été vaincu par un vaccin ARN universel ?

Se projeter dans le passé replonge dans une nostalgie, définie par les Grecs comme une souffrance liée à l’impossibilité de revivre le passé. Toutefois, alors qu’il devrait être une source de dépression, ce retour en arrière apporte joie et paix, rassure en permettant de constater que l’humanité a connu des moments bien pires. Il donne une leçon d’optimisme et nous rassure sur nos capacités de récupération et d’adaptation.

Commentaires de Bernard Pradines :
Afin de ne pas totalement adhérer à l'opinion positive et volontariste de l'auteur, je dirais plutôt :  "alors qu’il devrait être une source de dépression, ce retour en arrière peut apporter joie et paix, rassurer en permettant de constater que l’humanité a connu des moments bien pires."
 
Source :
 

Publié dans Covid-19

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Impliquer les familles

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : http://ehpadsaleveglieres.fr/famille/

Image issue du site : http://ehpadsaleveglieres.fr/famille/

Comment coter les indispensables échanges verbaux avec les familles dans la grille AGGIR ? Où trouver l’intersubjectivité, la négociation entre familles et établissement dans l’outil PATHOS ? Vrai qu’il n’existe pas de Conseil de la Vie Sociale (CVS) dans les supermarchés.

Les bouleversements sociétaux du vingtième siècle se poursuivent. De nombreuses conditions sont nécessaires pour garder maman à domicile, surtout quand elle est dépendante ou pire, en nécessité de présence permanente. Ainsi, « nous nous sommes résolus à la placer, à regret ».

Les valeurs d’autrefois n’ont pas disparu, dont les prérogatives exclusives dans l’accompagnement des siens. Le caractère collectif des établissements n’est pas prévu, structuré, hiérarchisé, rémunéré, pour intégrer les proches des résidents. Le simple partage d’informations sensibles peut apparaitre antinomique du corpus culturel d’une entreprise normale qui ne « communique pas » hors publicité.

Pourquoi impliquer les familles si elles le sont déjà ? Non, c’est un sentiment de dépossession, d’être remplacées, de confiscation[1] qui peut les animer, aggravé par la crise pandémique, heureusement souvent compensé par un effort inouï d’information. Elles n’ont pas renoncé à leurs attributions passées, l’établissement clamant l’autonomie décisionnelle de la personne hébergée en appliquant ses propres règles de fonctionnement. Cet exemple n’est pas de moi : « Les professionnels au sein de l’EHPAD sont là pour protéger le résident et il n’est pas question de prévenir la famille en cas de relation, même extra-conjugale »[2]. Est-ce si simple ?

Ainsi, consumérisme à double sens si la famille pense qu’en se contentant de payer, elle se satisfera du service en retour, l’établissement s’exauçant avec prestation contre rétribution ! Il n’y a pas de CVS dans les supermarchés. Il s’agit plutôt de « deux groupes humains déséquilibrés dans leur rapport de force, le système familial et l’institution gériatrique »[3].

Le CVS, cerise sur le gâteau ? Il est défini dans un décret vieux de 17 ans. « Le conseil de la vie sociale est obligatoire … » mais loin d’être toujours présents ou effectifs ; plus bas dans le même article du même décret: « Lorsque le conseil de la vie sociale n’est pas mis en place, il est institué un groupe d’expression ou toute autre forme de participation ». Quèsaco ? Courteline, reviens vite ! 

Si l’intersubjectivité fondée sur l’intelligence réciproque est d’une grande utilité[4], elle ne suffira pas. Si c’est bien « dans les utopies d'aujourd'hui que sont les solutions de demain »[5], difficilement audibles par ces temps d’épuisement des professionnels et de carence de recrutement, le CVS se modifiera, de consultatif deviendra citoyen, co-constructeur et partiellement décisionnaire dans l’établissement ou par son équivalent dans le service à domicile.

Ce ne sera plus la famille « cliente » mais d’autres noms qui remplaceront ceux du consumérisme : ouverture, tolérance réciproque, sens du collectif, citoyenneté, démocratie participative, autogestion. I have a dream.


[1] Thomas P., Hazif-Thomas G. Prendre le risque d’investir les familles, une école de vie pour les soignants. NPG n°89, 2015, pp :290-297

[3] Chatel P, E. Bouteyre E, Hardwigsen C. La fratrie face à la dépendance d’un parent âgé : la place d’aidant des enfants à travers le dessin de la famille, NPG Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie, Volume 18, Issue 103, 2018, 27-37.

[4] Thomas P., Chandès C., Hazif-Thomas G. EHPAD et familles de résidents : deux sémiosphères en compétition. NPG Neurologie – Psychiatrie - Gériatrie (2015), 15, 194-203

[5] https://citations.ouest-france.fr/citations-pierre-rabhi-11954.html

Publié dans EHPAD, aidants, famille, isolement

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