Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Prise en compte de la perte d’audition en gériatrie et en soins palliatifs

Publié le par Louis Lacaze

Prise en compte de la perte d’audition en gériatrie et en soins palliatifs

Meg Walhagen, médecin chercheur en audiologie et le Dr Nick Reed, professeur de gériatrie auprès d’une école d’infirmières apportent au personnel soignant hospitalier une formation consacrée aux problèmes d’audition rencontrés par leurs patients.

L’ampleur du problème peut se résumer en quelques chiffres. A partir de l’âge de 60 ans la moitié des adultes présentent des problèmes d’audition. D’après l’OMS, à partir de 70 ans, la proportion qui s’élevait à 70% est passée à 97% après un changement des critères de mesure.

Une forte corrélation a pu être notée entre les problèmes d’audition, les cas de démence et la durée des séjours d’hospitalisation.

La situation se complique quand on constate que les personnes affectées ne prennent pas en compte les premiers signes du handicap, ne consultent que tardivement les spécialistes pour être appareillés et ne sont totalement motivés que lorsqu’elles ont sous les yeux leur degré de surdité mesuré sur une échelle les situant par rapport à l’ensemble de la population.

La formation proposée souligne l’aspect négatif d’une absence de prise en compte du handicap. Entamer une conversation risquant d’être longue et laborieuse, la tendance sera de laisser le patient tranquille. La parade américaine est le recours systématique à un amplificateur rustique de sons équipé d’un casque. L’efficacité dans l’élaboration du diagnostic peut être spectaculaire, des soignants ont pu parler de miracle après avoir testé des patients classés déments. Le cas d’un patient récemment diagnostiqué non réactif  est révisé après l’utilisation de l’amplificateur, son appareil habituel étant en panne !

Quelques conseils d’ordre pratique sont proposés. La perte d’audition ne relève pas d’un problème de volume mais de clarté. On cesse d’entendre les fréquences élevées tandis que les fréquences plus basses ne sont pas touchées. Hausser le ton hausse les fréquences hautes, non perçues, introduit de la distorsion. Donc ne pas hausser la voix.

Ne pas répéter la même phrase après un « Quoi ? ».

Annoncez les changements de sujet de conversation pour que le patient s’y prépare.

Vérifier régulièrement que le patient a bien compris vos paroles.

Vérifier que vous n’êtes pas à contre-jour, que le patient voit bien votre visage.

Noter que la perte d’audition peut faire intervenir un facteur génétique, divers facteurs environnementaux, divers médicaments ototoxiques rencontrés en chimiothérapie anticancéreuse, dans les traitements du diabète, des maladies cardio-vasculaires, du VIH.

Le domaine des prothèses auditives est naturellement abordé. Elles ne sont pas un remède contre la surdité, seulement une aide, leur efficacité est en moyenne de 30 à 50%.  S’attendre à une efficacité comparable à celle d’une paire de lunettes ne peut conduire qu’à une vaste désillusion.

En France une prise en charge à 100% par l’assurance maladie et les mutuelles complémentaires d’une offre d’appareils de santé les a rendues accessibles à la grande majorité de la population. Toutefois une question reste en suspens : la somme à payer comprend le prix de la prothèse et le montant des consultations à venir pour l’entretien et les réglages éventuels. Une autre approche séparerait les deux chapitres, le nombre de consultations pouvant varier considérablement d’un cas à l’autre. Le débat reste ouvert.

 Source :

Publié dans audition

Partager cet article
Repost0

Un aspect important de la désaffection pour les soins aux personnes âgées

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://es.slideshare.net/profesor/grafica-inversin

Image issue du site : https://es.slideshare.net/profesor/grafica-inversin

Le manque de personnels qualifiés auprès des personnes âgées n’est pas contesté. Il est dû pour la plus grande part à des aspects budgétaires. Il est aussi dépendant d’autres facteurs dont l’inversion de la demande de soins que j’aborde ci-dessous.

Une difficulté est présente chez nombre de malades atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade évolué : celui de l’incompréhension des soins qui leur sont prodigués.  Cette situation est inhabituelle en la matière. On la retrouve aussi en psychiatrie de manière inconstante. Elle explique en grande partie la désaffection de nombreux soignants pour les carrières professionnelles auprès des personnes âgées dépendantes.

En effet, les soins sont généralement acceptés, mieux demandés ou exigés dans le reste de la population. Ici, c’est le soignant qui doit se faire accepter. C’est lui, le plus souvent elle, qui vient au-devant de la personne malade. Cette inversion de la demande explique en partie le sentiment répandu de pratiquer un métier ingrat sans reconnaissance de l’effort accompli. En prendre conscience, c’est mettre l’entourage familial, bénévole et soignant devant une responsabilité : celle de la considération pour les tâches accomplies, pas seulement pour les insuffisances quantitatives et qualitatives dont nous avons à souffrir.

Partager cet article
Repost0