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Dix choses à ne pas dire quand on présente des condoléances

Publié le par Louis Lacaze

Il vaut mieux éviter de prononcer les phrases qui suivent :

– « Cesse de pleurer, tu te fais du mal. »

 Exprimer sa peine est une réaction normale devant la mort.

2 – « Tu devrais te laisser aller, ou alors tu auras encore plus mal. »

 Certaines personnes ne versent pas de larmes, ce qui ne prouve pas qu’elles n’ont pas de chagrin et qu’elles n’en exprimeront pas davantage plus tard.

3 – « Au moins il/elle ne souffre plus. » 

Remarque inutile, puisque ceux qui restent continuent à souffrir.

4 – « Vous devez être forte. »

 Sous-entend que la souffrance du deuil n’est pas naturelle, qu’on doit la dominer.

5 – « Dieu a décidé de le/la rappeler près de lui. »

 Personne ne peut avoir la prétention de connaître les décisions de Dieu. Un non-croyant est susceptible de réagir négativement.

6 – « Essayez de ne plus trop y penser. » 

Il est au contraire normal et nécessaire de parler de la personne disparue.

7 – « Je sais ce que vous ressentez. »

 Ce n’est pas vous qui avez perdu un proche, toutes les situations sont différentes.

8 – « Au moins il a eu une longue vie. »

Qu’est-ce qu’une longue vie ? A partir de quel âge ?

9 –« Vous êtes favorisé(e). Vous avez de l’argent, vous êtes jeune, vous pourrez refaire votre vie. »

La perte d’une personne aimée est toujours très douloureuse. Aucune comparaison avec d’autres épreuves, aucun projet de vie à venir ne pourra atténuer la douleur.

10 – « 6 mois / 2 ans ont passé, le moment est venu de tourner la page. »

 Fixer une date limite au chagrin dénote un manque de sensibilité et n’apportera aucun réconfort à la personne qui souffre.

 

Commentaires de Bernard Pradines :

Ne nous faisons aucune illusion ; il n’existe aucune technique, aucune astuce, aucun truc « pratico-pratique » pour être soi-même, comme témoin, à l’aise avec ce genre de situation.

Je suis frappé par cette nécessité culturelle de dire quelque chose, au risque de dire n’importe quoi. Le silence, il est vrai, nous fait peur. En fait, le mieux est de ne rien dire et d’attendre ce que la personne en chagrin peut exprimer. Surtout lorsqu’elle abordera une dimension positive, il est alors loisible, sans artifice, en sincérité, de renforcer cette appréciation. Mais l’essentiel est à la présence bienveillante. Toute récrimination de l’endeuillé envers cette attitude pourra témoigner de la vanité de notre démarche empathique sans l’invalider définitivement.

 

Source : L’article de Caring.com résumé ici n’est plus disponible en téléchargement. GérontoLiberté a pu trouver un texte traitant le même sujet.

Dee Lundgren :

Publié dans famille, fin de vie, respect

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Prothèses auditives et démences

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines  

Prothèses auditives et démences

Dix pour cent des adultes de 40 à 69 ans présentent des problèmes auditifs, la proportion s’élève de 70 à 80% chez les seniors de 85 ans et au-delà. Seulement une personne déficiente auditive sur 7 utilise régulièrement une prothèse auditive.

 

Deux théories avancent une explication à l’origine des cas de démence : ils seraient une conséquence logique du vieillissement qui s’accompagne d’une dégénérescence du système nerveux central. Les prothèses auditives ne pourraient donc pas enrayer la progression de la surdité.

Une deuxième théorie estime qu’avec le vieillissement la fonction auditive est moins stimulée, ce qui entraîne une dégénérescence progressive de l’appareil auditif qui pourrait donc sinon être inversée, ou pour le moins ralentie.

 

Une étude récente (1) qui a suivi 2040 personnes pendant 18 ans a montré que leurs performances mémorielles baissaient moins rapidement dès que les sujets s’équipaient de prothèses auditives et estimé que 9% des cas de démence pouvaient être attribués à un déficit auditif.

 

Les chercheurs pensent qu’une meilleure audition retarde le déclin cognitif, diminue l’importance des symptômes dépressifs, favorise la vie sociale mais reconnaissent les limites de l’étude : 40% des acheteurs d’appareils auditifs ne les portent que rarement ou jamais. Ils suggèrent que la recherche soit approfondie pour mieux cerner cette corrélation entre démence et trouble auditifs.

Le nombre des cas de démences aura augmenté d’environ 57% en 2050 et, s’il n’existe aucun traitement curatif, toutes les mesures de prévention doivent retenir l’attention. Suffisamment d’éléments suggèrent qu’une action énergique soit décidée au plus tôt pour convaincre le public de l’utilité des prothèses auditives, lutter contre les éventuels freins psychologiques pour mettre sur le même plan presbytie et presbyacousie. Les barrières d’ordre financier dissuasives devront naturellement être levées.

 

Commentaires de Bernard Pradines : il va sans dire que le mot « démence » est ici employé dans le sens médical du terme, ce qui signifie son sens étymologique latin. Donc de mens, mentis. Les résultats de l’étude citée sont d’autant plus intéressants qu’ils concernent une population nombreuse américaine de personnes âgées de plus de 50 ans évaluée tous les deux ans.

Les deux théories exposées ci-dessus (dégénérescence du système nerveux central et de l’appareil auditif) ne sont pas contradictoires mais complémentaires et probablement synergiques. Notre conception analytique d’un appareil auditif indépendant du cerveau et simple récepteur de messages sonores est certainement obsolète. Entre entendre et comprendre, il n’y a pas qu’un capteur périphérique et une unité centrale. Les deux forment un tout interactif et interfèrent pour le meilleur et pour le pire. Il en est ainsi des troubles visuels (2), en particulier des conclusions à tirer de la chirurgie pour cataracte (3). En sens opposé des concepts actuels, reste à mieux connaitre le retentissement des maladies neurodégénératives sur la sensorialité ou encore leur dégénérescence combinée simultanée.

En somme, le facteur de risque sensoriel, en particulier auditif prend actuellement de l’importance au vu des études épidémiologiques récentes dans la prévention ou plutôt dans l’atténuation des troubles cognitifs futurs ou présents.

 

Sources :

 

1- Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; SENSE-Cog WP1 group. Longitudinal Relationship Between Hearing Aid Use and Cognitive Function in Older Americans. J Am Geriatr Soc. 2018 Jul;66(6):1130-1136.

2-    Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; Sense-Cog WP1 group. Visual and hearing impairments are associated with cognitive decline in older people. Age Ageing. 2018 Jul 1;47(4):575-581.

3-    Maharani A, Dawes P, Nazroo J, Tampubolon G, Pendleton N; SENSE-Cog WP1 group.Cataract surgery and age-related cognitive decline: A 13-year follow-up of the English Longitudinal Study of Ageing. PLoS One. 2018 Oct 11;13(10):e0204833

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