Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Vieillir dans un monde en mutation

Publié le par Louis Lacaze

Vieillir dans un monde en mutation

Permettre aux seniors de vieillir sans quitter leur domicile est actuellement une priorité pour des raisons financières autant qu’humaines. Ils pourront ainsi conserver une certaine indépendance et rester socialement intégrés dans un milieu qui leur est familier.

En fait, vieillir chez soi ne supprime pas le risque d’exclusion sociale. Des chercheurs ont relevé divers facteurs susceptibles de désorienter une population âgée dans un monde en constante évolution. Alors que des générations plus jeunes s’adaptent plus facilement, un senior aura tendance à passer plus de temps à son domicile, cherchera à conserver davantage de liens affectifs avec un environnement qu’il ne reconnait plus.

 

Le village est devenu un gros bourg. Les générations plus anciennes peuvent se sentir marginalisées avec l’arrivée d’une population nouvelle. Dorénavant, on ferme sa porte à clé, on n’entre plus en conversation avec son voisin, chacun s’isole dans son univers personnel. Cette population inconnue inquiète ; dans les zones urbaines, les seniors peuvent avoir peur de la délinquance et éviter de sortir la nuit tombée.

 

A partir d’un certain âge l’environnement physique peut devenir hostile. Les ornières, les voitures garées sur les trottoirs sont devenues gênantes. Les transports en commun deviennent indispensables mais leur fréquence, les itinéraires desservis, le manque d’amabilité des conducteurs sont souvent évoqués.

 

Si, à une certaine époque, le maire était armé pour apporter des solutions à ces problèmes d’environnement, l’apparition de l’intercommunalité et de divers organismes de gestion locale et régionale a rendu plus complexe la prise de décisions et introduit une compétition entre les différentes communautés. Les seniors se sentent peu représentés par les élus locaux et se considèrent comme exclus socialement.

 

L’exclusion sociale des seniors met en jeu divers éléments complexes qui n’ont pas suffisamment retenu l’attention des décideurs. Les évolutions du milieu et le ressenti d’une indifférence des élus exigent une évolution des mentalités aussi bien qu’une nouvelle pratique de la gestion du quotidien de la communauté. L’importance de l’intégration des seniors à leur environnement doit retenir l’attention de l’ensemble de la société.

 

Source :

Partager cet article
Repost0

Le dernier souffle. La quête d’un accompagnement

Publié le par Louis Lacaze

Le Dr Martin F. Shapiro, juif non pratiquant, est allé rejoindre d’autres membres de sa famille réunis pour assister aux derniers instants de sa mère dans un hôpital éloigné.

 

La sœur du Martin Shapiro lui a recommandé à son départ de respecter la tradition juive en récitant la prière des morts -le Chema- pour aider l’âme à accomplir son voyage lorsqu’elle quitte le corps au moment du dernier souffle. Il a jugé l’idée saugrenue mais sa sœur a insisté et la famille récitera la prière chaque fois que la respiration de leur mère va cesser pour reprendre puis s’arrêter définitivement.

 

Pour lui, cette prière n’est pas un billet d’entrée au paradis. Pourtant, il a constaté que les membres de la famille n’étaient plus dominés par leurs émotions devant le décès imminent, concentrés sur leurs préoccupations personnelles ou sur les décisions à prendre. Ils consacraient toute leur attention à leur mère qui allait les quitter.

 

De retour dans son service, il dut annoncer aux membres d’une famille juive au chevet de leur père que celui-ci n’avait plus que très peu de temps à vivre, ce qui déclencha une crise de désespoir et de bruyantes lamentations. Il leur suggéra de se réunir autour du mourant, de réciter le Chema et le calme revint dans la chambre.

 

De toute évidence l’élément religieux n’est pas indispensable, une prière ne peut pas être une solution passe-partout. Il est aussi possible de faire appel à différentes cultures qui ont leurs pratiques et leurs rites. Le dernier souffle ne doit pas être un synonyme de désespoir mais l’affirmation d’une cohésion réunissant le mourant, sa famille et ses amis. Pourquoi ne pas avoir recours au chant, à la musique, à des poèmes ? Martin Shapiro cite l’exemple d’une religieuse qui a accompagné les derniers instants d’une mourante en chantant. Les professionnels de la santé, tout en s’abstenant de se montrer directifs, peuvent chercher à s’inspirer à la fois des coutumes, des habitudes de la famille et des prédispositions du patient qu’ils ont pu découvrir au fil des rencontres et des entretiens.

 

Commentaires de Bernard Pradines 

Dans un pays laïque comme le nôtre, l’attitude du Dr Shapiro ne ferait peut-être pas consensus, au moins pour la famille de son patient. En effet, son conseil n’est pas d’ordre médical. Toutefois, la connaissance des pratiques religieuses autour du décès fait partie intégrante de la culture et de la formation en soins palliatifs. L’idée reste prégnante du rôle apaisant des rites de passage, que l’on y souscrive ou non quant au fond. Ceci est d’autant plus pertinent que notre pays devient progressivement et davantage multiconfessionnel.

 

Source :

Publié dans fin de vie, famille

Partager cet article
Repost0