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L’engouement pour la mort assistée (3) : les limites de la médecine

Publié le par Bernard Pradines

L’engouement pour la mort assistée (3) : les limites de la médecine

L’espoir dans la médecine fut immense, en particulier au cours du vingtième siècle. Peu à peu, ce sentiment a connu des inflexions, des nuances car de nouvelles limites ont été atteintes. Si les progrès ont été considérables dans le domaine des traitements antibactériens, des obstacles sont apparus tels que la résistance aux antibiotiques. Si les maladies cardiovasculaires et les cancers sont mieux soignés, ils subsistent à représenter les deux principales causes de décès. L’allongement de la durée de la vie a permis l’émergence quantitative de maladies chroniques que nous ne savons pas guérir, essentiellement les démences dont la principale en nombre est la maladie d’Alzheimer. Il ne manquait plus que la Covid-19, succédant en moins de vingt ans à une vague de chaleur ravageuse pour nous rappeler à davantage d’humilité malgré les moyens relativement efficaces qui ont été opposés à ces deux fléaux.

Les polémiques nées d’études trop vite publiées ont fait le reste lors de la dernière crise sanitaire.

Peu à peu, une défiance a pu s’installer, renforcée par la pénurie de médecins et l’émergence de médecines et pharmacies parallèles qui, pour le coup, ne sont pas « fondées sur la preuve » mais sur la séduction.

Enfin, nous ne voulons plus souffrir. Pas seulement celle ou celui qui s’en va mais celles et ceux qui restent. Combien de fois ai-je vu des familles en souffrance donc impatientes que « cela finisse » alors que la personne concernée n’émettait ou ne manifestait aucune plainte ni aucun inconfort décelable par un œil professionnel averti. A l’inverse, le déni peut être présent et tout traitement palliatif nécessaire est parfois considéré comme inutile ou risqué par l’entourage familial.

Enfin, la médecine palliative est peu connue en dehors d’un cercle restreint de soignants.

Tout est prêt pour l’institution de mesures expéditives et radicales incroyablement présentées comme un progrès législatif.

 

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L’engouement pour la mort assistée (2) : productivisme, consumérisme et valeurs morales

Publié le par Bernard Pradines

Images issues des sites : https://www.senscritique.com/film/la_ballade_de_narayama/486637  et  https://www.senscritique.com/film/plan_75/47402927
Images issues des sites : https://www.senscritique.com/film/la_ballade_de_narayama/486637  et  https://www.senscritique.com/film/plan_75/47402927

Images issues des sites : https://www.senscritique.com/film/la_ballade_de_narayama/486637 et https://www.senscritique.com/film/plan_75/47402927

Quel est le lien entre l’état d’une société à un moment donné et les valeurs morales qu’elle véhicule ? Le débat est si ancien, si rebattu, que je n’amènerai rien de nouveau dans ce court article, sinon que ce lien peut être bien dissimulé.

Je peux simplement vous convier à voir ou à revoir deux films japonais : « la ballade de Narayama » (1983) et « Plan 75 » (2022) qui montrent une réalité explicite et une fiction implicite.

La réalité sans fard, c’est : « la ballade de Narayama » qui conte un village de la fin du 19ème siècle où les vieux doivent se sacrifier dans le vrai sens du terme pour ne plus être une bouche à nourrir dans un pays affamé.

La fiction plus subtile, c’est « Plan 75 » qui, bien mieux que « Soleil vert » (1973), anticipe une éventuelle organisation empathique du suicide assisté au 21ème siècle.

Le mérite de ces deux œuvres, c’est d’objectiver le lien entre les désirs d’une société et l’intériorisation que doit en effectuer l’individu. Autrement dit, si vous êtes improductif et consommateurs de ressources improductives telles que les soins, vous serez convié à « faire comme d’autres l’ont fait » pour décharger vos proches et la société d’un fardeau affectif et financier.

Consolez-vous, vous partirez dans le cadre de la loi, peut-être avec les honneurs.

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