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Quand un brancardier veut aller résolument de l’avant

Publié le par Jean-François Malo

Emilie Hue et Jean-François Malo

Emilie Hue et Jean-François Malo

Commentaires de Bernard Pradines. Ci-dessous, Jean-François Malo écrit un éloge de la formation complémentaire qui est devenue indispensable dans un monde qui évolue de plus en plus vite. Reconnaitre que nous pouvons tous être maltraitants pour des raisons institutionnelles ou personnelles, c’est un pas de géant par rapport à l’état d’esprit qui prévalait dans ma génération. Je me suis donné pour mission de faciliter l’expression de toutes les bonnes volontés, à commencer par celles à qui l’on donne trop rarement la parole ou qui n’osent pas la prendre. Loin des clichés anciens, Jean-François Malo nous invite à applaudir davantage les soignants, quelle que soit leur catégorie.

Brancardier au bloc opératoire depuis 1997 dans un hôpital intercommunal, j’ai été amené à participer à l’évaluation des pratiques professionnelles sur la bientraitance.

Dans le groupe de travail à cet effet, nous avons décidé d'un module de formation. Avec une collègue manipulatrice en électroradiologie médicale, Emilie Hue, je suis devenu formateur au sein de l’institution. Pour approfondir notre propre formation, nous avons suivi l’enseignement d’un Diplôme d’Université avec madame le Docteur SophieMoulias intitulé « Promotion de la Bientraitance et Lutte contre la Maltraitance ». Nous avons réalisé un mémoire. Le mien s’intitule La Prise en charge des Patients Chirurgicaux : De la Représentation à la Perception.

Afin de le rédiger, je me suis entretenu avec une infirmière et une aide-soignante de chaque service de chirurgie de mon établissement. Je pensais que ces entretiens n’auraient fait que ressortir le côté technique de la prise en charge et de la prise en soin des patients dans ces services. Or, il s'est avéré qu’il n’en n’était rien. La principale difficulté, au dire de mes collègues, est la prise en soin de patients de plus en plus âgés souffrant fréquemment de troubles cognitifs, ce qui rend les soins techniques très difficiles à réaliser. Par exemple une sonde naso-gastrique arrachée que mes collègues sont obligés de reposer, des mobilisations douloureuses chez les personnes de plus en plus âgées dans le service de chirurgie orthopédique. Ce qui leur fait dire que dans la plupart des cas, ils se sentent maltraitants.

Au vu de ces échanges, il est apparu qu’il y aurait des pistes d'amélioration à envisager et qu’il faudrait réfléchir de façon pluridisciplinaire pour accueillir ces patients.

La première serait l’accompagnement par un proche ou une personne de confiance comme cela se fait pour les enfants. Nous connaissons tous l’importance des proches pour les patients qui souffrent de troubles cognitifs. Cela permettrait d'apaiser les appréhensions et aiderait à la prise en charge du patient, par exemple lors de l'interrogatoire préopératoire.

Une deuxième piste serait l’accès aux formations spécifiques des personnels pour accompagner les personnes âgées ou très âgées :

·        hypnoanalgésie,

·        prise en charge de la douleur,

·        prise en soin d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, soins palliatifs dont l’accompagnement en fin de vie.

La troisième piste d'amélioration concerne l’utilisation, la non-utilisation ou les modalités de la contention lors des soins difficiles.

L'hypnose, par exemple, pourrait être une solution lors de ces prises en charge.

Nous savons aussi que la communication avec ces patients représente un réel problème. Les soignants sont très souvent démunis quand la communication verbale n’est plus disponible. Il existe pourtant des formations ciblées par rapport à ces difficultés.

J’ai pu constater par moi-même l’évolution de la population dans ces services de chirurgie ; la moyenne d’âge a considérablement augmenté. Les personnes âgées y sont de plus en plus nombreuses avec toutes les difficultés que cela implique.

Il serait judicieux d’avoir une réflexion quant à la prise en charge de ces patients dans ces services. Même si les moyens humains et matériels sont moins limités à l'hôpital que dans les EHPAD, il n’en reste pas moins du fait du vieillissement de la population, que les difficultés rencontrées sont de plus en plus importantes et ne permettent pas une prise en soin de qualité pour ces personnes dans ces services.

Comme dans la société dans son ensemble, il faudrait réellement réfléchir à la place de la personne âgée et dépendante.

 

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L’exercice physique peut-il soigner le mental ?

Publié le par Louis Lacaze

L’exercice physique peut-il soigner le mental ?

Un article du New-York Times expose les travaux du Dr Jennifer Heisz, directrice d’un laboratoire de recherche d’une école de médecine qui étudie les effets d’un exercice physique modéré sur la dépression et l’anxiété sur une cohorte uniquement composée d’étudiants en médecine. Ses conclusions sont encourageantes : 30 minutes 3 fois par semaine d’exercice d’intensité modérée suffisent pour apporter un bon niveau de protection. Comparer ses travaux à l’étude Hunt (ci-dessous après ce texte) qui observe et suit 33 908 adultes d’origines diverses permet d’apprécier la complexité du sujet.

L’étude Hunt note qu’un exercice physique modeste d’une durée d’une heure par semaine suffit à apporter une protection significative contre la dépression mais pas contre l’anxiété, comparée aux 150 minutes d’exercice vigoureux recommandées pour la protection cardiovasculaire. La pratique de cet exercice permettrait de supprimer 12% des cas de dépression à venir. Le mécanisme d’action de l’exercice reste sans explication totalement démontrée, la personnalité des participants, des facteurs génétiques pouvant intervenir. Le rôle de l’émission de sérotonine susceptible de déclencher la production de protéines neuroprotectrices, de modifier la neurogénèse de l’hippocampe et le niveau d’activité de l’axe hypothalamo-pituitaire-adrénalien reste à démontrer.

Comme un traitement classique n’est efficace contre la dépression que dans 35% à 50% des cas, le recours à l’exercice physique, par ailleurs non accompagné d’effets secondaires, a toute sa place dans la prévention des états dépressifs. On peut noter que la population fait de moins en moins d’exercice physique depuis des dizaines d’années. L’y inciter en lui suggérant de faire une heure de marche ou de vélo par semaine n’est pas exiger d’elle un effort insurmontable. On ne peut que suggérer aux aidants d’inciter les seniors à prévoir trois créneaux de marche hebdomadaires, quitte à les accompagner.

Commentaires de Bernard Pradines. Encore difficile de démêler la physiologie protectrice ou réparatrice des neurones d’une part de la dimension psychique à l’œuvre d’autre part. La description de ce lien agite depuis longtemps les milieux médicaux et scientifiques. Pour faire court, Jean-Martin Charcot en France et Aloïs Alzheimer en Allemagne nous livrent il y a plus d’un siècle, une approche organique prédominante. De son côté, Sigmund Freud en Autriche ouvre la voie à un autre abord fondé sur la psychanalyse qui a fortement influencé la psychologie moderne sans la résumer. Si la confrontation de ces deux démarches a pu faire des progrès saisissants, elles n’en demeurent pas moins deux domaines séparés qui se sont développés et complexifiés pour leur propre compte. Ainsi, les hypothèses ci-dessus manquent de robustesse. Il serait intéressant d’étudier des propositions autres que l’exercice physique tout autant scrutées dans leur réalisation. Si ces activités étaient autant valorisées socialement que l’exercice physique, qu’en serait-il du résultat ? En effet, correspondre aux attentes collectives de la société actuelle ainsi que de son entourage familial et amical, faire l’objet d’une attention personnelle d'autrui quant à son activité propre, être encouragé en ce sens et salué dans sa progression ne sont-ils pas de puissants moyens de restitution d’une image positive de soi ? Une potentielle psychothérapie contre la dépression. Sans compter avec la causalité inverse : le ralentissement psychomoteur est un des signes de la dépression. Tout l'inverse du dynamisme à l'œuvre dans l'exercice physique.

Source :

Harvey SB, Øverland S, Hatch SL, Wessely S, Mykletun A, Hotopf M. Exercise and the Prevention of Depression: Results of the HUNT Cohort Study. Am J Psychiatry. 2018 Jan 1;175(1):28-36. doi: 10.1176/appi.ajp.2017.16111223. Epub 2017 Oct 3. PMID: 28969440.

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